Ramadan : 6 conseils pour jeûner sans danger pour la santé

Publié par topasnté le 06-06-2016, 14h54 | 353

Avant toute chose, il est indispensable de s'hydrater et de bien s'alimenter au cours de la période de rupture du jeûne. Voici 6 conseils pour passer un bon ramadan.


Ramadan : l'importance de bien s'hydrater
L'hydratation doit être le mot d'ordre de cette période de ramadan. Dès la rupture du jeûne , les usagers doivent boire en grande quantité . Chacun ne doit également pas oublier de s'hydrater juste avant la reprise du jeûne.

Ramadan : une alimentation saine
Il vaut mieux privilégier une alimentation saine lors de la rupture du jeûne et ne pas se jeter sur les pâtisseries et sucreries qui, même en grande quantité, ne combleront pas la faim et perturberont l'organisme.
La rupture du jeûne ne doit pas être synonyme de repas trop copieux.
Non seulement un repas abondant perturberait l'organisme, mais en plus cela pourrait favoriser les troubles du sommeil.
Avant de repartir pour une journée de jeûne, il est recommandé de consommer des fruits pour l'apport en vitamines et surtout des sucres lents tels que de la semoule et des céréales pour tenir tout au long de la journée. A ce titre, il est important de bien manger avant le lever du soleil.

Ramadan : le bon rythme à suivre
Même si le jeûne s'étend du lever au coucher du soleil, les usagers doivent essayer de faire trois repas au cours de la journée : le premier avant le lever du jour, le second à la rupture du jeûne et le troisième quelques heures (compter 2 ou 3 heures) après. Si cela est possible, une sieste peut s'imposer en début d'après-midi.
La période estivale invite même davantage les usagers à s'initier à cette pratique afin de leur permettre de reprendre des forces pour le reste de la journée.
Ramadan :se prémunir du soleil
Il est conseillé d'éviter le soleil et la chaleur durant le mois du ramadan. Chacun doit privilégier les pièces fraîches à l'intérieur et l'ombre à l'extérieur pour ne pas s'affaiblir trop rapidement.

Ramadan : les personnes à risque
Les patients atteints de diabète sont invités à suivre régulièrement leur taux de glycémie, à s'hydrater en abondance et à fuir les sucreries pour réduire les risques sanitaires liés à cette période de jeûne.
Les personnes fragiles souhaitant faire le ramadan, à savoir les femmes enceintes, les personnes âgées ou encore les patients atteints d' hypertension ou d'asthme, sont appelées à consulter leur médecin traitant dès le moindre signe anormal.
Pour une plus grande sécurité, il est recommandé de se rendre chez son médecin avant et après le ramadan.

Ramadan : peu ou pas de sport
Même si la période du ramadan n'a aucune conséquence majeure sur la santé des usagers, il est important de réduire au maximum les efforts physiques. Les sportifs doivent notamment faire très attention à ne pas se surpasser durant le mois du ramadan.

Jeûne et diabète, comment je fais pendant le ramadan ?

Concilier diabète et ramadan est possible pour les diabétiques, à condition d'adapter son alimentation et son traitement aux contraintes dues à cette période d'abstinence, du lever au coucher du soleil.
Une personne souffrant de diabète doit avoir conscience que faire le ramadan présente des risques pour sa santé liés au jeûne et au bouleversement du rythme et du contenu de l'alimentation. C'est pourquoi il est important de consulter l'avis d'un médecin spécialisé dans le diabète avant le début du ramadan. A noter que celui-ci est contre-indiqué en cas de diabète déséquilibré traité par insuline.

Ramadan et diabète, quels sont les risques ?
Dans la journée, le principal risque est de faire une hypoglycémie, "si le patient n’a pas pris soin de faire adapter son traitement en concertation avec son médecin", explique dans un entretien à l'Association française des diabétiques (AFD) le Dr Laurence Vittaz, chef de service endocrinologie, diabétologie et maladies Métaboliques au Centre Hospitalier Intercommunal Robert Ballanger, à Aulnay-Sous-Bois.
A l'inverse, au coucher du soleil, l'éventuel excès de calories augmente le risque d'hyperglycémie, qui se traduit par une soif intense et des urines particulièrement abondantes pouvant aller jusqu'à la déshydratation .

Ramadan et diabète : les règles d'or
On surveille régulièrement son taux de glycémie : on fait deux glycémies capillaires pendant le jeûne. On en fait une aussi avant chaque repas : une avant le repas "Al Ftour" après le coucher du soleil; une avant le repas "Al Ichaa" qui suit de quelques heures "Al Ftour", et une avant le "S'hour" avant le lever du soleil, conseille Fatima Oulhadj, diététicienne à Bagnolet. Si votre glycémie est inférieure à 0,70 g/l, pensez à rompre le jeûne.

Côté alimentation, on a tendance à manger trop gras et trop sucré pendant la période du ramadan tandis qu'on sacrifie les sources de fibres présentes dans les fruits et légumes frais. La solution ? Dites oui aux dattes, au pain et aux soupes de Chorba, Harira ou de Tchicha. On met en revanche le holà sur les pâtisseries orientales comme les makroud, les Zlabia, et les viennoiseries. Exit aussi les fruits oléagineux type cacahuètes, pistaches, et les sodas. L'essentiel est d'avoir une alimentation équilibrée répartie sur deux ou trois repas" pendant la rupture du jeûne.
Merci à l' AFD, Fatima Oulhadj, diététicienne, et au Dr Laurence Vittaz, chef de service endocrinologie, diabétologie et maladies Métaboliques au Centre Hospitalier Intercommunal Robert Ballanger, à Aulnay-Sous-Bois.

Comment rester en forme pendant le jeûne
Peut-on jeûner si on est migraineux ? Ou si on souffre d’hypotension ? Les réponses aux questions santé que l’on peut se poser en période de ramadan.

Est-ce qu’une personne qui souffre d’hypotension ou d’hypertension peut faire le jeûne du Ramadan ?
Une personne qui souffre d’hypertension mais dont la tension est bien régulée par son traitement peut faire le jeûne. Mais il faudra peut-être qu’elle en parle à son médecin pour que celui-ci adapte le traitement et les horaires de prise.
Une personne qui souffre d’hypotension mais qui est en bonne santé doit surtout s’assurer qu’elle boit assez d’eau et qu’elle mange suffisamment salé lorsqu’elle romp le jeûne.

Est-ce qu’on peut faire le Ramadan en étant diabétique ?
Les personnes qui souffrent de diabète mais qui sont en bonne forme grâce, notamment, à leur hygiène de vie et à leur traitement, peuvent faire le Ramadan. Mais il est conseillé d’en parler au médecin afin que ce dernier anticipe les éventuelles crises d’hypoglycémie et ajuste le traitement médical en fonction de cette longue période de jeûne.

Côté repas, le matin il faut privilégier la consommation de sucres lents comme le blé ou la semoule qui vont stabiliser la glycémie. Et le soir commencer par manger des sucres rapides qui vont rapidement augmenter la glycémie (des fruits par exemple) avant de passer à table. A noter que les diabétiques qui ont besoin de doses régulières d’insuline pour contrôler leur glycémie ne doivent pas jeûner.

Est-ce qu’une personne migraineuse pour jeûner sans problème ?
Les personnes qui souffrent de violentes migraines incontrôlées ne devraient pas faire le jeûne car cela risque de déclencher des crises. La priorité est de trouver  le bon traitement qui contrôlera les migraines avant de songer à faire le ramadan.

A partir de quel âge les enfants peuvent faire le jeûne ?

Le jeûne n’est pas conseillé aux enfants de moins de 7 ou 8 ans. Au-delà, il faut faire comprendre aux enfants ce que cela implique et commencer par les faire jeûner pendant plusieurs heures et non une journée complète. A partir de l’adolescence,  les enfants peuvent faire le Ramadan au côté de leurs parents.

Le jeûne intermittent pour vivre plus longtemps

Stresser l'organisme en altérant jeûne ou restriction avec alimentation normale ou excessive permettrait d'allonger la durée de vie de nos cellules, en d'autres termes de favoriser la longévité. C'est la conclusion d'une étude scientifique américaine.

A l'heure du bien-être, de l'alimentation bio et écologique, le jeûne est particulièrement en vogue. Et pour cause, il permettrait de nettoyer le corps des toxines accumulées au fil du temps, un peu à la manière d'une cure détox, en plus drastique.

Convaincus que le jeûne pouvait avoir des vertus antivieillissement, des chercheurs de l'Université de Floride (Etats-Unis) ont menés une étude pour en identifier les effets sur nos cellules. Publié dans la revue Rejuvenation Research , l'essai clinique a été mené sur 24 participants.

Pendant trois semaines, ceux-ci ont alternés deux types de régimes : un premier jour avec un apport équivalent à 25% de l'apport calorique quotidien moyen (environ 650 calories), un deuxième jour avec 175% des apports caloriques nécessaires (soit 4 550 calories ). Alors que le premier régime comprenait un repas unique (avec purée, rôti de bœuf, biscuits et sorbet), le second était composé de plusieurs repas plus copieux (sandwichs au fromage, flocons d'avoine, compote de pomme, spaghettis, yaourts, gâteau et soda entre autres). Ces deux jours types ont ainsi été répétés pendant trois semaines, avec des compléments alimentaires (vitamine C et E) en plus.

Stresser l'organisme pour le pousser à sécréter une protéine protectrice
Les chercheurs ont ensuite évalués les paramètres de santé des patients, dont le poids, la pression artérielle, la fréquence cardiaque, la glycémie, le cholestérol ainsi que les gènes impliqués dans la protection des cellules. Ils ont alors constaté que les protéines appelées sirtuines (activées par le gène SIRT3) étaient plus nombreuses que d'habitude dans les cellules. Or, ces protéines sont connues pour favoriser la longévité et prévenir le vieillissement cellulaire.

En fait, elles n'interviennent que lorsque l'organisme est soumis à un stress oxydatif (comme lors d'un jeûne) et qu'il n'a plus assez d'antioxydants pour y faire face. Dans ce sens, un jeûne mesuré et contrôlé sans ajouts d' antioxydants (vitamines C notamment) permet la production de protéines sirtuines, qui favorisent la longévité cellulaire.

Si ces données doivent être confirmées par d'autres études plus importantes, elles soulignent que le jeûne intermittent peut constituer un bon compromis entre jeûne drastique et régime alimentaire normal. Le jeûne intermittent pourrait présenter pour l'Homme une partie des bénéfices du jeûne observés chez l'animal, d'autant que selon les participants de l'étude, le jour hypercalorique serait en fait plus difficile à suivre que le jour hypocalorique.

le jeûne pourrait prévenir : les pré-diabétiques

Les régimes de type jeûne, comme le 5 :2, pourraient être une nouvelle méthode de prévention du diabète chez les pré-diabétiques, selon une étude présentée au congrès annuel de l'American Diabetes Association Scientific, à San Francisco.

Le prédiabète , qui précède le diabète de type 2, se caractérise par un taux élevé de sucre dans le sang mais insuffisant pour qu'un diabète se déclare. Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs américains de l'Intermountain Heart Institut de Salt Lake City (Utah), les régimes ultra-rapides type 5 :2 (2 jours de très petites portions et 5 jours d'alimentation méditerranéenne), combattraient les risques de diabète chez les pré-diabétiques.

Le Dr Horne, directeur du service de pathologies cardiovasculaires et d'épidémiologie génétique et son équipe de chercheurs, se sont basés sur des personnes âgées entre 30 et 69 ans qui présentaient chacune un des facteurs de risque suivants : obésité, taux de triglycérides élevé, taux de cholestérol HDL bas, de l'hypertension artérielle et une glycémie à jeun élevée. Après une période de 6 semaines, le taux de cholestérol diminue d'environ 12%

Pendant les premiers jours de jeûne, les chercheurs observent une augmentation du taux de cholestérol , puis au-delà d'une longue période (6 semaines), une diminution d'environ 12%.
C'est un processus biologique bien particulier qui explique le phénomène.

Lors des premiers jours de jeûne, le corps utilise les lipides dans les cellules graisseuses, ce qui fait augmenter puis diminuer le taux de cholestérol dans le sang. Chez le pré-diabétique, le corps utilise le cholestérol LDL (considéré comme le mauvais cholestérol) dans les cellules adipeuses, annulant ainsi la résistance à l'insuline (qui baisse le taux de glucose dans le sang).

"Le jeûne pourrait être un important moyen de prévention" assure le Dr Horne. Mais même s'ils sont optimistes face à cette nouvelle arme thérapeutique, les chercheurs soulignent le besoin d'études supplémentaires pour préciser les modalités du traitement du pré-diabète par le jeûne.