Setif : Ramadhan : L’anarchie s’installe dans les souks et les marchés

Publié par Azzedine Tiouri. le 11-06-2016, 15h54 | 65

Le mois sacré de Ramadhan vient à peine de commencer que déjà une certaine anarchie s’est installée dans les souks et les marchés de Sétif.

Depuis quelques années déjà, ce mois sacré de piété et de solidarité ne se caractérise plus que par la spéculation et  la hausse des prix des denrées alimentaires, des viandes et des fruits et légumes, mais aussi par une certaine anarchie.

Dans les souks et marchés, par exemple, les commerçants dictent leur loi dans tous les domaines. La spéculation, la fraude, le manque d’affichage des prix contraignant les clients  à demander et à répéter à tout bout de champ le combien de telle ou telle marchandise étalée, sans compter la triche dans la pesée chez certains commerçants, pas tous heureusement.

L’informel se développe à tous les niveaux. Du jour au lendemain, tout un chacun et n’importe qui s’érige en commerçant pour vendre de tout et de rien. Malgré la vigilance et la mobilisation des services de police un peu partout, on y vend des fruits et légumes, des dattes, des pâtisseries orientales, du pain, du lait, du lait caillé, du leben, des produits alimentaires périssables nécessitant pourtant une chaîne de froid, de la sardine etc. un peu partout à même le sol. Tous ces produits sont exposés à longueur de journée au soleil.

Durant cette période de la grande bouffe et de la forte demande, les consommateurs se bousculent en faisant du coude à coude pour faire leurs emplettes avec une absence totale d’hygiène sur les lieux.

A l’intérieur des souks et des marchés, très mal gérés et mal entretenus d’ailleurs, avec l’absence totale d’un gérant ou d’un responsable, les commerçants se disputent les espaces en les occupant illicitement ainsi que les couloirs réservés aux citoyens laissant à peine une petite place pour une personne de se mouvoir.

Quant aux contrôles des prix et de l’hygiène, ils font avec le peu de moyens humains et matériels dont ils disposent pour une aussi grande wilaya, la seconde du pays en termes de population. C’est aux commerçants et aux citoyens d’assumer et de veiller aussi à la propreté et à l’hygiène des lieux, nous dit-on.

C’est aussi aux consommateurs de veiller à ne pas acheter n’importe quoi des produits périmés, exposés au soleil ou dans de l’emballage douteux.

L’anarchie a gagné aussi les lieux du culte au début. Devant les portes de toutes les mosquées, des commerçants occasionnels proposant de tout et de rien se sont installés dès l’avènement de ce mois, vite chassés par le service d’ordre qui a redonné un certain respect à ces maisons de Dieu.

On y rencontre également cette anarchie dans la façon de circuler, de stationner, si par chance l’on trouve de la place pour garer avec actuellement tous les problèmes engendrés par la réalisation du projet du tramway. Mais aussi pour beaucoup, Ramadhan à bon dos pour faire passer tous les excès et les mauvaises humeurs des uns et autres.