Bien sûr, la campagne électorale pour le scrutin présidentiel du 17 avril prochain n'aborde pas les même thèmes ''politiquement ou médiatiquement correct'' comme le sont celles organisées outre Méditerranée. Pour ne pas dire dans le pays de l'Hexagone, comme si l'Algérie d'aujourd'hui, indépendant et fière de ses enfants, a une quelconque relation avec les ex-empires coloniaux.
L'Algérie de nos jours, ce sont les Moussa Touati, Ali Benflis, Abdelaziz Bouteflika, Fawzi Rebaïne, Abdelaziz Belaïd et Louisa Hanoune, six politiques algériens lancés dans un campagne électorale pour l'élection d'un nouveau président. Une Algérie plurielle, plus que jamais démocratique, avec cette si réjouissante idée de l'alternance au pouvoir, avec ses points forts et ses faiblesses.
Comparer donc le cheminement de la campagne électorale pour le scrutin du 17 avril à des événements politiques tirés d'ailleurs ne correspond guère ni à la réalité des choses, ni à la réalité du quotidien des algériens tout court. Ici, ce sont des algériens bien de chez nous qui militent dans la dignité et le respect de leurs adversaires pour que leur candidat soit plébiscité à cette présidentielle. Des algériens que nous connaissons et que nous côtoyons qui animent meetings électoraux et rencontres de proximité pour donner de la consistance et de l'épaisseur politique à cet événement.
Les six candidats, qui ferraillent dur durant cette campagne électorale pour que le jour J ils recueillent le maximum de voix, ne veulent que du bien aux algériens, en dépit des différences de leurs programmes politiques. Et, ils ne se privent pas de l'exprimer: '''La continuité de l'Etat ne peut être assurée que par la neutralité de l'administration" (Benflis), "Je vous propose une reconstruction globale du pays fondée sur de nouvelles institutions" (Hanoune), "Je vous promets que je veillerais à faire de l'Algérie le Japon de l'Afrique (Belaïd), "l'Algérie se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins, mais elle a les capacités de se hisser au rang des grandes nations" (Sellal). Voilà, c'est en quelque sorte l'Algérie qui s'est exprimée à travers ces phrases tirées des sorties et des meetings tenus par les six candidats.
Ceci pour dire que ce scrutin du 17 avril prochain est important pour le pays, pour la poursuite des réformes et pour l'émergence un peu plus de l'Algérie dans le concert des Nations. Cette présidentielle est en elle même une leçon pour certains milieux, d'ici et d'ailleurs, qui voudraient la faire capoter. Ali Benflis, un des six candidats, le dit: ''le changement s’opère pacifiquement à travers des élections intègres. Leçon de démocratie aux donneurs de leçons: ''le changement vient pacifiquement par la sagesse, le bon sens et des élections intègres''.
Tous les candidats à cette présidentielle sont d'ailleurs conscients qu'elle constitue une étape névralgique dans la poursuite du processus des réformes politique, économique et sociale dans notre pays, à un moment de grands troubles régionaux. Cette campagne électorale, à son 7eme jour, a donc franchi une étape cruciale: celle de montrer un pays, un peuple, affairés à organiser un événement d'importance, l'élection présidentielle du mois d'avril prochain. Qui devrait être en même temps un grand moment de fierté.