Le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou a lancé une étude de prévalence du diabète dans cette wilaya, a indiqué, lundi, le chef de service endocrino-diabètologie, de cet établissement, le Pr. Salah Mansour.
Ce spécialiste qui a animé une conférence-débat sur «le jeûne du diabétique» a observé qu' «aucune étude de prévalence du diabète n'a été faite au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, d'où l'impossibilité, actuellement, d'avancer des chiffres exactes concernant le nombre de personnes atteintes de cette pathologie».
La première phase de cette étude qui a porté sur la sélection d'un échantillon de population à étudier a été bouclée. Cet échantillon est composé de 2 200 personnes choisies au hasard, a informé le Pr. Mansour qui a relevé que cette étape a duré pas moins de trois ans en raison de «tracasseries administratives».
Durant la deuxième phase de cette étude qui sera lancée prochainement, des infirmiers, qui «doivent être formés au préalable, dans le cadre de cette étude», seront chargés d'effectuer des prélèvements sur l'échantillon de population cible.
«Cette partie de l'étude nécessite la mobilisation de certains moyens notamment pour le déplacement du personnel chargé de faire les prélèvements, la mise en place d'un laboratoire pour les analyses», a ajouté ce même intervenant.
Outre la maladie du diabète, cette étude s'intéressera également à la prévalence de l'hypertension artérielle, du cholestérol et de l'obésité dans la wilaya de Tizi-Ouzou, a précisé le Pr. Mansour.
Abordant la question du jeûne du diabétique, ce même diabétologue a rappelé qu'une étude effectuée dans 13 pays musulmans dont l'Algérie, a révélé que 50% des malades souffrant de diabète de type 1 (insulino-dépendant) et 80% de personnes atteintes de diabète de type 2, observent le jeûne.
Au niveau national, la moyenne des patients atteints de cette pathologie et qui observe le jeûne durant le mois de Ramadan est de 52% pour le diabète de type 1 et 92% pour le type 2. Relevant que le jeûne de ces malades, en dépit de sa proscription par le médecin traitant, est «observé notamment pour des considérations culturelles et sociétale plus que religieuses», il est important que le patient informe son médecin de sa décision de jeûner afin qu'il puisse bénéficier d'un «accompagnement qui doit être quasi quotidiennement ce qui lui évitera des complications (hypoglycémie, déshydratation...) qui peuvent lui être fatales».