Détecter avec précision les risques de cancer de l'ovaire

Publié par topasnté le 12-07-2016, 15h18 | 45

Une meilleure compréhension des échographies pratiquées lorsqu'il y a suspicion de cancer de l'ovaire permet de prédire si une tumeur est bénigne ou maligne dans 89 à 99% des cas. Un diagnostic de haute précision.

Du nouveau dans la détection précoce du cancer de l'ovaire. Des chercheurs en gynécologie et en oncologie des universités de Louvain (Belgique), de Lund (Suède) et de l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni) ont amélioré la lecture des échographies à ultrasons pour détecter avec précision les risques de cancer de l'ovaire. Leur étude est publiée dans la revue American Journal of Obstetrics and Gynecology.

Tumeur maligne ou bénigne ?
Les tumeurs et les kystes ovariens peuvent être tantôt bénins, tantôt annonciateurs de cancer. Dans les premiers cas, une opération n'est pas nécessaire mais dans le second, elle s'impose et comprend des risques de complications.
La prise en charge des femmes présentant un risque ovarien est donc très différente selon sa gravité mais il est souvent difficile pour les médecins de l'évaluer avec précision. Ce diagnostic se fait par échographies à ultrasons. "Jusqu'à récemment, ce test était inefficace pour 20 à 25% des patientes" raconte dans un communiqué le professeur Dirk Timmerman, principal auteur de l'étude.
Pour améliorer cette technique, les chercheurs ont analysé les résultats médicaux de 5 000 patientes de 22 pays différents.  Ils ont ainsi pu déterminer les combinaisons de données qui révélaient le caractère malin ou bénin des tumeurs et des kystes. Ce nouvel algorithme fonctionnerait sur 89 à 99% des patientes présentant un kyste. "Notre équipe a réussi à calibrer plus précisément cet examen. A partir de maintenant, chaque patiente peut bénéficier d'un diagnostic précis. Ce nouveau test fournit même le risque exact qu'a la tumeur d'être bénigne ou maligne" explique le professeur Timmerman. Ce nouvel examen doit maintenant faire l'objet d'essais cliniques avant de pouvoir être plus largement utilisé en oncologie.

Le voltarène serait un médicament anti-cancer ?

L'anti-inflammatoire diclofénac (voltarène) pourrait être utilisé dans des traitements anti-cancers, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue médicale ecancermedicalscience. Il serait efficace pour réduire les risques de métastases post-chirurgie.
Le projet de recherche internationale, le Repurposing Drugs in Oncology (ReDO) project a pour but de trouver des médicaments déjà disponibles et largement utilisés, qui présenteraient des propriétés anticancéreuses jusque-là inexploitées. Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse sur les effets de l'anti-inflammatoire diclofénac (voltarène) sur différents types de cancers (ovaire, colorectal, sur le neuroblastome (la tumeur maligne extra-cérébrale la plus fréquente du jeune enfant), pancréas...).
Le diclofénac (DCF) est un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien couramment utilisé (AINS) utilisé dans le traitement de la douleur dans la polyarthrite rhumatoïde et d'autres troubles musculo-squelettiques, la migraine, la fièvre, la goutte aiguë et de la douleur post-opératoire. Ce traitement est maintenant disponible à l'échelle mondiale et existe sous la forme peu couteuse de médicament générique. Leur nouvelle étude rapporte que l'anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) diclofénac (voltarène) aurait des propriétés anti-cancéreuses. Ce traitement peu coûteux pourrait réduire le risque de métastases post-chirurgie. Pris en association avec d'autres traitements, tels que la chimiothérapie et la radiothérapie, il peut améliorer leur efficacité.
« Les données précliniques et cliniques, indiquent que le DCF a un certain nombre d'effets anti-cancer distinctes, qui justifient une enquête plus approfondie dans un cadre clinique », concluent les auteurs de l'étude.