Le Fonds monétaire international (FMI) a fait part du versement au Pakistan de la dernière tranche d'un prêt de 6,6 milliards de dollars accordé dans le cadre d'un plan de sauvetage de trois ans.
La décision de verser la douzième et dernière tranche du prêt, d'un montant de 102 millions de dollars, a été prise après une évaluation de l'économie du pays, selon laquelle le Pakistan avait atteint les objectifs fixés pour la plupart des indicateurs de réforme, mais qu'il devait élargir encore son assiette fiscale.
Selon le chef de la délégation du FMI, Harald Finger, la croissance prévue atteint 5%, grâce au secteur de la construction, soutenu par le projet de couloir économique entre la Pakistan et la Chine, une ambitieuse liaison routière, énergétique et de télécommunication reliant l'ouest de la Chine au port pakistanais de Gwadar sur la mer d'Arabie.
« Tous les objectifs indicatifs et les critères de réformes structurelles ont été atteints, à l'exception de la publication de tarifs sur plusieurs années pour trois compagnies de distribution d'énergie», a estimé M. Finger, en référence à des mesures visant à limiter les fluctuations des prix de l'électricité.
Le versement de la dernière tranche doit encore être validé par le comité exécutif du FMI, une étape considérée comme une formalité. A Islamabad, le Premier ministre Nawaz Sharif a assuré devant des élus de son parti que son gouvernement avait permis au Pakistan de ne plus être dépendant de l'aide financière internationale, se réjouissant de dire «au revoir» au Fonds.
M. Sharif était critiqué par l'opposition pour avoir sollicité en 2013 ce prêt, accordé en échange de réformes, notamment une augmentation des impôts et du prix de l'énergie.
Le FMI note néanmoins que pour consolider les progrès enregistrés ces trois dernières années, il est important de «renforcer les finances publiques et les réserves externes, élargir l'assiette d'imposition, (et) améliorer la gestion de l'argent public», entre autres.