Soudan du Sud : Salva Kiir prêt à discuter du déploiement de casques bleus supplémentaires

Publié par DKNews le 15-08-2016, 16h16 | 50

Le président sud-soudanais, Salva Kiir, s'est dit lundi prêt à négocier un déploiement de Casques bleus supplémentaires au Soudan du Sud, une mission approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU.

"Nous devons engager le dialogue et échanger des idées sur la meilleure manière d'aller de l'avant au lieu d'être mis devant le fait accompli par des intervenants extérieurs", a déclaré M. Kiir devant le parlement à Juba.

"Nous ne sommes pas opposés à toute aide et nous écoutons volontiers les conseils, mais l'aide requiert le dialogue et ne devrait pas être imposée au risque de devenir une intervention qui compromet notre souveraineté et diminue notre capacité à gouverner efficacement", a-t-il ajouté.

Le président sud-soudanais semble ainsi plus favorable quant à l'envoi d'une force régionale pour renforcer la mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss), forte de 12.000 soldats.

En amont du vote de l'ONU, vendredi, Juba avait rejeté le projet de résolution, estimant notamment qu'il sapait sa souveraineté.

Le Conseil de sécurité a autorisé vendredi le déploiement de 4.000 Casques bleus supplémentaires pour assurer la sécurité à Juba et dissuader les attaques contre les bases de l'ONU, soit un mandat plus robuste que la Minuss.

La résolution, adoptée à la suite de combats à l'arme lourde début juillet à Juba entre les forces gouvernementales et les ex-rebelles répondant aux ordres du vice-président Riek Machar, menace également d'imposer un embargo sur les armes si le gouvernement bloque le déploiement.

Les combats ont fait des centaines de morts et plus de 70.000 réfugiés, selon des chiffres relayés par les médias.

Ils ont également mis en péril le fragile accord de paix signé en août 2015 pour mettre un terme à la guerre civile débutée en décembre 2013, qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et 2,5 millions de déplacés.

La communauté internationale craint également une reprise de combats à grande échelle à travers le pays, indépendant depuis 2011.


Près d'un million de réfugiés Sud-soudanais dans des camps surpeuplés des pays voisins

Près d'un million de Sud-soudanais, essentiellement des femmes et des enfants, vivent dans des camps surpeuplés, après avoir fui les violences vers les pays voisins, a rapporté l'ONU lundi.

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a souligné la difficulté des agences humanitaires et des pays de la région à faire face au nouvel afflux de réfugiés provoqué par les combats meurtriers de Juba, début juillet, entre les forces du président Salva Kiir et les troupes loyales à l'ancien vice-président Riek Machar.

«Avec des réfugiés qui fuient le Soudan du Sud par milliers, les pays voisins sont mis à rude épreuve, sous le poids conjugué de nombreux nouveaux arrivants et d'opérations (humanitaires) largement sous-financées», a averti le HCR dans un communiqué publié lundi à Nairobi.

«Il y a déjà 930.000 réfugiés (sud-soudanais) dans la région, et de nouveaux viennent grossir leurs rangs chaque jour», poursuit le HCR.

Prenant l'exemple du nouveau camp de Yumbe, en Ouganda, prévu pour accueillir 100.000 personnes, le HCR a expliqué qu'il avait besoin d'un financement urgent pour «accélérer le transfèrement de plus de 45.000 réfugiés (à Yumbe) depuis les centres de réception et de transit complètement saturés».

«Quand de si nombreuses personnes vivent dans une telle promiscuité, la probabilité qu'une épidémie se déclare est très élevée», a alerté le HCR.

En outre, le HCR a indiqué n'avoir reçu qu'un cinquième des 545 millions d'euros nécessaires pour abriter les 930.000 réfugiés répartis dans six pays de la région, ainsi que les quelque 1,6 million de déplacés vivant dans des camps au Soudan du Sud.

Indépendant depuis 2011 après une guerre de plus de 20 ans avec Khartoum, le Soudan du Sud a plongé dans une guerre civile meurtrière et dévastatrice en décembre 2013

En août 2015, les belligérants ont signé un accord de paix, sous forte pression internationale, et convenu de mettre en place des institutions de transition, notamment un gouvernement d'union nationale devant organiser des élections.