L’information n’a pas fait trop de bruit, mais elle peut s’avérer importante du moins pour l’image de l’avionneur européen Airbus, soupçonné par les autorités britanniques de fausses déclarations pouvant se traduire par un délit de corruption.
Le 7 août dernier, la société annonçait elle-même être l’objet d’une enquête du Serious Fraud Office (SFO), l’entité publique britannique en charge de la lutte contre la corruption, «sur des soupçons de fraude, pots-de-vin et corruption dans l'activité de l'aviation civile d'Airbus », peut-on lire dans son communiqué, au moment où la SFO indiquait dans son communiqué que les «allégations portent sur des irrégularités concernant des consultants tiers ».
Le pot aux roses a été découvert par l’organisme britannique chargé des crédits à l’exportation Ukef (UK Export Finance) qui a déclaré avoir saisi l’organisme britannique de lutte contre la corruption pour lui signifier que la société Airbus a eu recours à des intermédiaires à l’étranger et décidé de suspendre ses aides ) Airbus ; ce que la France et l’Allemagne feront juste après.
Les observateurs font noter que le poids des aides à l’exportation est marginal pour Airbus, « car l'abondance actuelle de liquidités sur les marchés se traduit par de moindres demandes de crédits à l'export », explique le site www.capital.fr, ajoutant que pour 2015, « 5% seulement des livraisons d'Airbus ont été soutenues par les crédits à l'export ».
Il n’empêche que l’affaire peut ressortir sur l’image de marque de l’avionneur qui est en face d’une sérieuse concurrence de son meilleur ‘’ennemi’’, l’américain Boeing.
L’agence de presse britannique Reuters qui a approché des sources proches du dossier, croit savoir que l’objet de l’enquête « porte sur des contradictions dans des montants de commissions de consultants mentionnés dans des demandes d'aide à l'export ou des noms de tiers manquants, dont certains cas remontent à des années », note capital.fr, rappelant que depuis une loi « de 2006, les entreprises demandant des aides à l'export au Royaume-Uni doivent identifier tous les intermédiaires impliqués dans les négociations du contrat et fournir la liste des sommes payées. »
Dans un souci de transparence, le groupe Airbus a indiqué être disposé à travailler avec le SFO, tout en admettant ‘’certaines inexactitude’’ dans ses déclarations.
Ce qui est certain, c’est que les relations de l’avionneur avec le SFO ne sont pas au beau fixe, loin s’en faut, d’autant que durant ces dernières années, une autre enquête l’avait visé au sujet d’un contra de communication de 3,3 milliards de dollars passé avec l’Arabie Saoudite.
Cela ne devrait pas perturber outre mesure le business de ce géant de l’aviation qui fait bien ses affaires en Grande Bretagne, où son bénéfice net semestriel estimé à 1,76 milliards d’euros a connu une hausse de 15%. Le groupe a du néanmoins être confronté à quelques ‘’ratés’’ de production qui lui ont valu de débourser plus d’un milliard d’euros pour des retards dans son avion de transport militaire A400M, et 385 millions d’euros sur le dernier né de ses avions de ligne, A350.
Nul ne sait pour le moment sur quoi débouchera l’enquête qui, de l’avis d’une source proche du SFO, prendra ‘’beaucoup de temps’’. Il est également acquis que son impact se fera ressentir, même à long terme, mais dans des proportions qui vont « dépendre de l'ampleur des ramifications de l'enquête et de la place dans la hiérarchie du groupe des responsables qui ont approuvé les paiements concernés ainsi que des déclarations faites à leur sujet aux agences d'aide à l'export », souligne capital.fr