Haïti : Les avocats des victimes du choléra saluent la prise de responsabilité de l'ONU

Publié par DKNews le 19-08-2016, 16h12 | 23

Le bureau d'avocats représentant les victimes et parents de victimes de l'épidémie de choléra en Haïti ont salué jeudi le fait que l'ONU reconnaisse publiquement sa responsabilité dans l'épidémie qui depuis octobre 2010 a fait près de 10.000 morts dans le pays.

«Victoire pour le peuple», a réagi Mario Joseph, à la tête du bureau des avocats internationaux. «Ceci est une grande victoire pour les milliers d'Haïtiens qui se sont mobilisés pour la justice, qui ont écrit à l'ONU et porté plainte contre l'organisation», a-t-il ajouté dans un communiqué diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le porte-parole du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a affirmé par email qu'au «cours de l'année dernière, l'ONU s'est convaincue qu'elle a besoin de faire beaucoup plus vis-à-vis de sa propre implication dans l'apparition de l'épidémie et la souffrance des personnes touchées par le choléra», selon un article du New York Times publié jeudi.

Depuis octobre 2010, Haïti est en proie à une épidémie de choléra «d'une ampleur inégalée dans l'histoire récente», selon l'épidémiologiste français Roland Piarroux.

«Les Nations unies doivent faire suivre cette annonce d'actions, comprenant des excuses publiques, l'établissement d'un plan pour verser des compensations aux victimes qui ont tant perdu et pour s'assurer que le choléra soit éliminé d'Haïti à travers de solides investissements dans les infrastructures d'eau et d'assainissement», a commenté Beatrice Lindstrom, de l'Institut pour la justice et la démocratie en Haïti, qui a également porté plainte contre l'organisation.

«Nous allons continuer à nous battre jusqu'à ce que cela soit fait» a-t-elle souligné dans le communiqué émis par les organisations de défenses des victimes. «Il est grand temps pour l'ONU de bien faire et de prouver au monde que +les droits de l'homme pour tous+ signifie pour les Haïtiens aussi», conclut Mario Joseph.