La journée mondiale de la santé qui coïncide chaque année avec le 7 avril a été consacrée pour cette année à la lutte contre les maladies vectorielles par le renforcement des mesures d’hygiène et de prévention, notamment dans les régions tropicales.
Des millions de personnes continuent d’être infectés chaque année dans le mondes par des maladies vectorielles comme le paludisme, la leishmaniose ou encore la fièvre jaune en raison de manque d’hygiène et de pauvreté.A l’occasion de la journée mondiale de la santé, le Pr Abdelouahab Bengounia, chef de service épidémiologie, au CHU Mustapha Pacha, a mis en exergue le rôle important des collectivités locale dans la prévention et éradication des maladies à transmission vectorielle.
«Les collectivités locales ont un rôle important à jouer dans le secteur de la santé à travers leur implication dans la diminution de la prévalence des maladies à transmission vectorielle telles que le paludisme, la leishmaniose et la fièvre jaune qui se transmettent par des moustiques», a insisté, le Pr Bengounia.
Les maladies vectorielles, un véritable fléau de santé publique
Pour le spécialiste, les collectivités locales doivent s’appliquer dans l’éradication de ces maladies par la suppression des eaux stagnantes, le renforcement des mesures d’hygiène, l’éradication des décharges anarchiques et le contrôle de l’environnement.
Parmi les maladies vectorielles enregistrées en Algérie, le même spécialiste a cité le paludisme, rappelant qu’une dizaine de cas ont été recensés en novembre dernier à Ghardaïa. Le paludisme est une parasitose transmise par les moustiques du genre Anophèles.
Ces moustiques vivent principalement en milieu rural dans les zones polluées. A ce propos, le message véhiculé par l’Organisation mondiale de la santé en cette journée est la prise de mesures nécessaires pour éviter les piqûres d’insectes et éradiquer les moustiques. «Les moustiques, les punaises, les tiques et les insectes peuvent représenter une menace pour votre santé et celle de votre famille, à la maison ou en voyage.
Nous pouvons tous prendre des mesures pour nous protéger contre les maladies graves que ces «vecteurs» peuvent causer». Ce message a été largement diffusé sur le net et placardé dans tous les pays du monde au niveau des centres de soins et des administrations.
D’autres types de maladies vectorielles sont aussi enregistrés en Algérie, a ajouté le Pr Bengounia, citant comme exemple la leishmaniose dont le vecteur de transmission est le clou de Biskra (moustique).
La leishmaniose est une maladie chronique à manifestation cutanée et/ou viscérale due à des parasites appartenant au genre Leishmania.
Le manque d’hygiène favorise le développement des moustiques
Ces parasitoses sont dues à un manque d’hygiène, sont à déclaration obligatoire et peuvent s’avérer mortelles dans certains cas, a ajouté le spécialiste. Pour le conférencier, les maladies infectieuses continuent d’être préoccupantes et doivent faire l’objet d’un intérêt particulier de la part des autorités locales. Il a à ce sujet appelé au renforcement des programmes de prévention par l’hygiène du milieu, le contrôle de l’environnement et la salubrité publique.
La formation des médecins à ces maladies vectorielles sur le plan du traitement et de la prévention figurent aussi parmi les recommandations du spécialiste. Il est à rappeler que la Journée mondiale de la Santé est célébrée chaque année le 7 avril, date anniversaire de la création de l’OMS en 1948. Chaque année, un thème soulignant un domaine prioritaire de la santé publique est retenu.
Cette journée est l’occasion pour chaque individu dans les communautés de s’impliquer dans des activités visant à améliorer la santé. Pour cette année, cette journée est consacrée aux maladies vectorielles. Les vecteurs sont des organismes qui transmettent des agents pathogènes ou des parasites d’un sujet (ou d’un animal) infecté à un autre.
Les maladies à transmission vectorielle sont provoquées par ces agents pathogènes ou parasites dans la population humaine. On les trouve le plus souvent dans les régions tropicales et dans les endroits où l’accès à l’eau potable et aux systèmes d’assainissement pose problème. Entre 2001 et 2012, on estime que 337 millions de cas de paludisme ont été évités. De même, la cécité des rivières n'est plus un problème de santé publique dans les pays d'Afrique de l'ouest grâce aux efforts déployés par le continent africain