Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, a salué hier à Alger, la décision du gouvernement d'établir le projet de loi de finances 2017 sur la base d'un prix de baril de pétrole à 50 dollars.
Relevant que le projet de loi de finances intervient dans une "conjoncture difficile", M. Ouyahia a indiqué lors d'une conférence de presse que "si le prix de référence n'était pas fixé à 50 dollars le baril de pétrole, le déficit budgétaire du pays serait un gouffre".
Auparavant, la loi de finances était établie sur la base d'un prix de référence de 37 dollars le baril de pétrole, rappelle-t-on.
"Le déficit budgétaire est de 8% en Algérie, ce qui suppose plus d'inflation", a-t-il dit, relevant qu'"il ne s'agit pas d'une punition contre les Algériens, comme le prétendent certaines parties".
Affichant son "opposition" à l'endettement extérieur de l'Algérie pour résorber son déficit budgétaire, M. Ouyahia a expliqué que si cette option était retenue, "il faudrait emprunter 10 milliards de dollars".
"Le choix du gouvernement que nous soutenons, c'est de réduire dans une certaine mesure les dépenses et d'aller vers une solution universelle en faisant contribuer la société au financement du budget", a-t-il dit.
A ce titre, il s'agit de relever la TVA de deux points, ce qui rapportera 100 milliards de dinars au budget de l'Etat, a indiqué M. Ouyahia. Il a rappelé en outre que l'Algérie avait vécu une situation similaire, il y 25 ans, suite à la chute des prix de pétrole en 1986, saluant toutefois la décision du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, de désendetter le pays, en procédant au remboursement de la dette extérieure.
M. Ouyahia a en outre salué aussi la politique de développement prônée par le chef de l'Etat depuis 1999, et les réalisations de l'Algérie dans divers domaines.
Par ailleurs, le secrétaire général du RND s'est "félicité" du succès de la dernière réunion de l'OPEP à Alger, laquelle a permis de "faire gagner des dollars aux pays producteurs de pétrole".
Cependant, M. Ouyahia a précisé que "le budget de l'Etat ne peut être équilibré qu'avec un baril à 80 dollars, ce qui ne risque pas de se produire avant 5 ou 10 ans, a-t-il dit.
Abordant les efforts de l'Etat en matière de politique sociale, M. Ouyahia a indiqué que 23% du budget de l'Etat sont consacrés aux transferts sociaux dans le projet de loi de finance 2017 ainsi que 1 200 milliards DA consacrés aux secteurs de l'Education, la Formation et l'Enseignement supérieur. Cependant, M. Ouyahia a réitéré l'appel de son parti pour la révision de la politique des subventions pour faire en sorte qu'elles aillent à ceux qui la méritent.
Au sujet de l'importation des véhicules d'occasion, il a précisé que le projet de loi de finances de 2017 ne contient aucune disposition relative au rétablissement de l'importation de ces véhicules. L'importation des véhicules d'occasion a été supprimée par le président de la République en 2005, a-t-il rappelé.
Evoquant le dossier de la retraite anticipée, il a rappelé qu'il s'agissait d'une "mesure exceptionnelle prise dans une situation particulière", précisant que "50% des pensions de retraite sont servies à ceux qui sont partis à moins de 60 ans".
"Si nous continuons sur cette voie, dans deux ou trois ans les retraités ayant 70 ans risquent de ne pas toucher leurs pensions, alors que ceux qui partiront prochainement à la retraite risquent de ne pas avoir de pension".
Il a ajouté que le RND avait recommandé de "relever l'âge de la retraite", estimant que "la consultation à ce sujet n'a pas été suffisante".