Grèce-Turquie-Syrie : Le HCR «extrêmement préoccupé» par le renvoi par Athènes de 10 Syriens en Turquie

Publié par DKNews le 22-10-2016, 17h41 | 44

Athènes a rejeté samedi l'argument avancé par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) qui s'est dit «extrêmement préoccupé» par un renvoi récent de Grèce en Turquie d'un groupe de dix Syriens dont le droit de demander l'asile en Grèce «n'a pas été dûment pris en compte», selon l'organisation.

Selon un communiqué du HCR, une centaine de personnes arrivées le 9 octobre sur l'île grecque de Milos en Egée ont été transférées cinq jours plus tard au centre d'identification de l'île de Leros où «elles ont officiellement exprimé aux autorités leur volonté de demander l'asile en Grèce».

«Parmi eux figuraient dix Syriens qui ont été transférés à l'île de Kos d'où ils ont été renvoyés par avion à Adana (Turquie) sans que leur droit d'asile soit dûment pris en compte», relève ce communiqué. Leur renvoi a eu lieu jeudi.

Le ministère grec de la Protection du citoyen a rétorqué dans un communiqué que «l'argument avancé par le HCR n'est pas fondé» car «aucun des dix Syriens renvoyés en Turquie n'avait exprimé la volonté de demander l'asile en Grèce» et que leur renvoi «avait été effectué en vertu de l'accord UE-Turquie».

«La police avait informé les migrants dès leur arrivée à Milos qu'ils avaient le droit de demander une protection internationale, ce qui leur avait été répété à Leros, où ils sont restés dix jours», précise le texte ministériel.

«Même avant leur départ de l'aéroport de Kos pour rentrer en Turquie, les policiers grecs leur avait de nouveau demandé s'ils voulaient demander l'asile au dernier moment mais seule une famille de trois personnes avait alors exprimé sa volonté de demander l'asile et par conséquent elle n'a pas quitté le pays pour la Turquie», poursuit le ministère.

Le ministère souligne que lors de leur retour en Turquie, «les Syriens étaient accompagnés dans l'avion par des cadres de la police européenne de surveillance des frontières (Frontex) et des représentants de l'autorité grecque du médiateur du citoyen».

Depuis la signature de l'accord UE-Turquie le 18 mars, la Grèce doit enregistrer tous les migrants et réfugiés arrivant sur ses îles, en vue de les renvoyer en Turquie.

Mais le rythme de ces renvois est très lent car la majorité des arrivants, surtout des Syriens, demandent l'asile en Grèce et les autorités doivent procéder à un examen au cas par cas.