Le président français François Hollande a déclaré mardi qu'il n'y aura «aucune réinstallation» de migrants dans le camp de la «Jungle» de Calais (Pas-de-Calais, nord de la France), dans une interview accordée au quotidien local La Voix du Nord.
Cette annonce intervient au lendemain de la destruction des abris qui subsistaient au nord de la Jungle, mettant fin au démantèlement du camp comme prévu par les autorités françaises.
La zone «est évacuée. Elle sera sécurisée.
Plus personne ne pourra la rejoindre», a fait savoir François Hollande, saluant une opération «conduite de manière humaine et digne, mais aussi efficace et ferme».
«Plus de 5.000 migrants ont été évacués de Calais et accueillis dans 450 centres d'accueil et d'orientation (CAO) que le gouvernement a mis en place sur l'ensemble du territoire. Depuis le mois d'octobre 2015, ce sont donc 13.000 migrants qui auront été orientés à partir de Calais vers des CAO», a-t-il également indiqué.
Le chef de l'Etat français a félicité «l'ensemble des services de l'Etat qui se sont mobilisés en lien avec les associations».
«J'insiste aussi sur ce qui a été la responsabilité des élus locaux qui ont accepté l'ouverture de ces centres dans leur commune et l'attitude de la population qui a été rassurée par la qualité de l'accompagnement de ces réfugiés», a-t-il souligné, exprimant par ailleurs sa «solidarité aux habitants de Calais, qui ont supporté pendant trop longtemps une situation particulièrement tendue».
Le président français a évoqué le rôle clé du Royaume-Uni dans cette prise en charge : «La France aura accueilli plus de 13.000 migrants relevant du statut de réfugiés depuis Calais en moins d'un an.
Il est donc logique que le Royaume-Uni assume sa part de cet effort pour les mineurs qui disent avoir des liens familiaux avec l'Angleterre, mais également pour tous ceux dont c'est l'intérêt supérieur, comme le prescrit la loi britannique».
François Hollande a également affirmé que les migrants ne relevant pas de l'asile «doivent être raccompagnés dans leur pays d'origine, et ils le sont», évoquant «49.000 refus d'admission aux frontières» suite au rétablissement du contrôle aux frontières de la France après le 13 novembre 2015.
«Ces reconduites se sont multipliées ces derniers mois. De même, jamais le démantèlement des filières de l'immigration irrégulière n'aura été aussi important grâce au travail remarquable des services de police», a-t-il ajouté.