Chypre : début lundi en Suisse de négociations pour réunifier l'île

Publié par DK News le 07-11-2016, 17h03 | 27

Les dirigeants chypriotes grec et turc doivent poursuivre lundi en Suisse sous l'égide de l'ONU leurs négociations en vue d'un accord sur la réunification de l'île méditerranéenne, divisée depuis 42 ans.
Pour la première fois, le président chypriote Nicos Anastasiades et le leader chypriote turc Mustafa Akinci vont aborder une des questions les plus épineuses du dossier: les arrangements territoriaux. Ces discussions, qui se tiendront jusqu'au 11 novembre près du lac Léman, sont "un moment clé" dans les négociations de paix, entamées en mai 2015, selon l'émissaire de l'ONU pour Chypre, Espen Barth Eide.
Les pourparlers sont aussi considérés comme ceux de la dernière chance, après notamment l'échec d'un plan de réunification proposé par l'ONU en 2004. L'objectif est de parvenir à un accord d'ici la fin de l'année.  Le pays est divisé depuis 1974 lorsque l'armée turque a envahi la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher Chypre à la Grèce, ce qui inquiétait la minorité turcophone de l'île. Cette invasion a été suivie par d'importants déplacements de populations, des dizaines de milliers de personnes ayant dû abandonner leurs biens du jour au lendemain. Depuis, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie Sud, où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent au Nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) a été autoproclamée et n'est reconnue que par Ankara.
En vertu de traités internationaux, la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne, qui dispose de bases militaires dans l'île, sont garants de la sécurité de Chypre.
Une délimitation des entités permettra aussi d'examiner des processus de restitution, compensation ou échange pour les propriétaires spoliés de leurs biens --une question épineuse et potentiellement onéreuse pour le futur Etat. Si une réunification promet d'être coûteuse dans un premier temps, le  Fonds monétaire international (FMI) veut croire qu'elle finira par avoir des conséquences économiques très positives pour Chypre qui, au bord de la faillite en 2013, avait dû recourir à un plan de sauvetage international.