Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a annoncé jeudi se rendre mardi prochain en Turquie en soutien à la société civile, un premier déplacement depuis le putsch manqué de juillet sur fond de tensions multiples entre les deux pays.
M. Steinmeier a aussi présenté une série de mesures pour "renforcer la société civile" turque, lors d'un débat devant la chambre basse du Parlement allemand consacré à la situation en Turquie.
"Lorsque la société civile est menacée dans son existence, alors c'est la démocratie qui est menacée. C'est tout simplement notre expérience", a-t-il déclaré face aux députés.
"Nous, Allemands, savons à quel point les espaces de liberté garantis par l'Etat de droit pour le journalisme, la culture et la science sont importants", a ajouté le ministre.
Il s'agit notamment d'accueillir en Allemagne les journalistes, scientifiques et artistes qui "ne peuvent plus travailler en Turquie" en raison des purges orchestrées par Ankara depuis juillet, a expliqué le chef de la diplomatie allemande.
Le ministre social-démocrate entend également renforcer "les échanges entre jeunes" Allemands et Turcs, ouvrir "des espaces pour la société civile" en Turquie et soutenir "divers projets de journalisme en ligne".
Cette annonce intervient quelques jours après la convocation par M.Steinmeier du chargé d'affaires turc en Allemagne, assortie d'un avertissement à Ankara contre la tentation de "museler l'opposition" à la suite des arrestations de dirigeants et députés du principal parti prokurde.
Mercredi dernier, la chancelière allemande Angela Merkel avait de son côté qualifié d'"alarmantes" les mesures prises contre les médias turcs après l'arrestation de journalistes du quotidien d'opposition Cumhuriyet.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait répliqué le lendemain en affirmant que Berlin refusait d'extrader des putschistes présumés depuis le coup d'Etat manqué de juillet.