Des heurts entre l'armée birmane et des membres de l'ethnie Rohingya ont fait huit morts et 36 blessés dans l'Arakan, Etat du nord-est du pays en proie à des troubles, ont annoncé hier les médias publics.
Les incidents ont eu lieu toute la journée dimanche dans les villages du nord de cet Etat (que le régime birman appelle Rakhine). Ils ont fait deux morts du côté des forces de l'ordre et six chez les attaquants. Trente-six personnes soupçonnées d'être impliquées dans les affrontements ont été arrêtées.
Samedi matin, une soixantaine de personnes armées de pistolets, de couteaux et de lances, ont pris en embuscade des militaires birmans, rapporte le journal Global New Light, propriété de l'Etat. L'armée a riposté et, un temps débordée face à un demi-millier d'attaquants, a dû demander le renfort d'hélicoptères, poursuit le journal.
L'armée est déployée dans l'Etat d'Arakan, frontalier du Bangladesh, depuis le 9 octobre après le lancement de plusieurs attaques coordonnées à plusieurs endroits de la frontière par un groupe de rebelles rohingyas que le gouvernement soupçonne d'avoir des liens avec des insurgés à l'étranger.
Les habitants et les défenseurs des droits de l'Homme accusent les forces de l'ordre d'exécutions sommaires et de viols et d'avoir mis le feu à des maisons.
Le gouvernement et l'armée rejettent ces accusations et affirment procéder à ce qu'ils appellent les "opérations de nettoyage" dans les villages conformément à la loi.
APS