Une vingtaine de pays africains ont été «espionnés» par les services secrets britanniques entre 2008 et 2011, a révélé jeudi le quotidien Le Monde se basant sur les archives de l’ex-consultant de la NSA Edward Snowden.
Par le biais des satellites du GCHQ (station britannique d’écoute), les services secrets britanniques interceptaient, durant cette période, des milliers de conversations des chefs d’Etat, des Premiers ministres, des ministres et des conseillers.
«Au premier rang desquelles apparaissent les chefs d’Etat et les premiers ministres. Le GCHQ intercepte les échanges du président kényan Mwai Kibaki et de ses conseillers les plus stratégiques, mais aussi de son Premier ministre, Raila Odinga, en mars 2009», a précisé le journal, indiquant qu’il en va de même pour l’Angola, premier producteur de pétrole d’Afrique, dirigé depuis 1979 par le président José Eduardo Dos Santos.
Selon les révélations de Snowden, les autorités de Kinshasa sont également «étroitement» surveillées, relevant que le président congolais. Joseph Kabila, «intrigue les Britanniques, qui visent toutes ses communications et celles de ses conseillers».
Le Monde a précisé à cet effet que les révélations de l’ex-consultant de la NSA, qui ont essentiellement porté sur l’espionnage d’Internet par les câbles sous-marins, «ont eu tendance à le faire oublier, mais l’espionnage par satellite a fait figure, pendant des décennies, de joyau du renseignement technique», indiquant que le GCHQ a aussi mené des interceptions «massives» au Nigeria, «où il suit les conversations du président Umaru Yar’Adua et de ses proches», et il est de même pour son successeur Goodluck Jonathan.
«Au Ghana, le président John Kufuor et ses collaborateurs sont écoutés, en Sierra Leone, le président Ernest Koroma, au Togo, Faure Gnassingbé , en Guinée-Conakry, Kabiné Komara, Premier ministre (à) figurent aussi dans les bases de données britanniques», poursuit le journal qui indique que dans les relevés de 2009, apparaissent également d’anciens chefs d’Etat : Olusegun Obasanjo au Nigeria (1999-2007) et son homologue de Sierra Leone, Ahmad Tejan Kabbah (1998-2007)».
Les révélations de Snowden font également qu’à Conakry, Cellou Dalein Diallo et Lansana Kouyaté, anciens Premiers ministres, aujourd’hui chefs de file de l’opposition, ont été écoutés par les services britanniques qui ont aussi intercepté les appels et les courriels des ministres des Affaires étrangères du Nigeria, du Kenya, du Zimbabwe, du Soudan et de Libye et nombre d’ambassadeurs, ainsi que les élites militaires, économiques ou financières, écrit Le Monde qui publie depuis mercredi un dossier spécial. Les services britanniques n’ont pratiquement épargné personne dans leurs écoutes : ministres des Finances, du Pétrole et/ou d’acteurs économiques influents du pays, d’institutions bancaires et financières.
De grands groupes internationaux opérant sur le continent «sont aussi surveillés, comme l’opérateur de télécommunications sud-africain MTN, Orange, Saudi Telecom», précise le journal soulignant que des personnalités missionnées pour le compte de l’ONU ou de l’Union africaine (UA) sont concernées par cette opération d’espionnage.