Syrie : Plus de 3.000 personnes évacuées d'Alep et vote attendu à l'ONU

Publié par DK News le 19-12-2016, 17h12 | 34

Plus de 3.000 personnes ont pu quitter les secteurs occupés par les groupes armés à Alep en Syrie après la reprise des opérations d'évacuations des civils alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer lundi sur un nouveau projet de résolution pour la supervisation des évacuations.

Ces opérations d'évacuations de masse viennnent juste avant le vote attendu à New York du projet de résolution de l'ONU qui permettrait de superviser ces évacuations, dernière lueur d'espoir pour des milliers de civils menacés par la faim et le froid.

La reprise des évacuations, suspendues vendredi, n'a pas été officiellement annoncée lundi mais, sur le terrain, les convois semblaient reprendre de manière continue, selon les médias.

Ahmad al-Dbis, chef d'une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent les évacuations, a expliqué avoir vu, dès l'aube, des familles descendre des bus et se rassembler alors que des travailleurs humanitaires distribuaient des bouteilles d'eau minérale.
Environ 350 personnes avaient déjà été évacuées dimanche soir vers cette même localité de Khan al-Assal, d'après M. Dbis.

Outre les évacuations de lundi matin, 500 personnes ont pu quitter deux localités tenues par des groupes armés dans la province d'Idleb (nord-ouest), voisine de celle d'Alep, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Dimanche soir, une vingtaine de bus s'apprêtaient à entrer dans ces localités de Foua et Kafraya quand ils ont été attaqués et incendiés par des hommes armés issus de la mouvance terroriste. Un chauffeur a trouvé la mort, selon les médias.
Ce grave incident avait entraîné le report de la reprise des évacuations des groupes armés et des civils du réduit rebelle d'Alep, qui était attendue en soirée parallèlement à une opération similaire à Foua et Kafraya.

Environ 8.500 personnes, selon l'OSDH, avaient pu être évacuées d'Alep avant que les opérations ne soient interrompues jeudi en raison de divergences sur le nombre de personnes à évacuer de ces deux localités.
Mais il resterait environ 40.000 civils, et entre 1.500 et 5.000 combattants avec leurs familles, dans le réduit rebelle, selon l'ONU.

Les forces du gouvernement syrien sont parvenues à reconquérir la quasi-totalité du secteur d'Alep que les groupes armés contrôlaient depuis 2012 après une violente offensive aérienne et terrestre d'un mois, doublée d'un siège hermétique depuis juillet dernier.
Une fois les évacuations terminées à Alep, le gouvernement devrait proclamer la reprise totale de la ville, signant sa plus importante victoire dans la guerre sanglante qui déchire le pays depuis 2011 et a fait plus de 310.000 morts.

A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer lundi à (14H00 GMT) sur un nouveau projet de résolution visant à garantir le bon déroulement des évacuations des civils et groupes armés de la métropole du nord de la Syrie.
A l'issue de longues consultations à huis clos dimanche, les 15 membres du Conseil de sécurité sont parvenus à un compromis pour amender un texte présenté par la France et auquel la Russie menaçait d'opposer un veto.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a estimé qu'il s'agissait «d'un bon texte».
Selon l'ambassadeur français François Delattre cité par l'AFP, les 15 pays ont trouvé «un terrain d'entente» sur un texte de compromis «basé exactement» sur le projet français.
Selon la dernière mouture du projet, cité par cette même source, il «demande à l'ONU et à d'autres institutions pertinentes de superviser de manière adéquate et neutre et de surveiller directement les évacuations des quartiers est d'Alep». L'ONU devra pour cela «déployer du personnel supplémentaire».

La situation à Alep est par ailleurs au centre lundi d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire.
Une fillette syrienne qui tweetait la situation quotidienne à Alep évacuée de la ville
Une fillette syrienne Bana Al-Abed, qui tweetait la situation quotidienne à Alep en Syrie, a été évacuée lundi de la ville avec sa famille, ont indiqué des ONG lundi.

Ahmad Tarakji, chef de l'ONG médicale Syrian American Medical Society (SAMS) a annoncé sur Twitter, photo à l'appui, l'évacuation de la fillette et son arrivée «avec de nombreux autres enfants» dans la campagne d'Alep. L'ONG humanitaire islamique turque IHH a elle annoncé sur son compte Twitter que Bana Al-Abed, âgée de sept ans, «a été évacuée ce matin d'Alep avec sa famille» et publié une photo montrant la fillette, bonnet sur la tête, avec l'un de ses employés.

«Elle faisait partie du premier groupe qui a été évacué ce matin et qui se trouve à présent dans la région de Rashidin», dans la campagne d'Alep, a précisé un porte-parole d'IHH.
Depuis septembre, Bana Al-Abed (àAlabedBana) tweetait avec sa mère des tranches de vie d'Alep, devenue le principal front de la guerre en Syrie, qui a fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de plus de la moitié de la population du pays depuis 2011.
Son compte Twitter est suivi par plus de 323.000 personnes.

Plus de 3.000 personnes ont pu quitter les secteurs occupés par les groupes armés à Alep en Syrie après la reprise des opérations d'évacuations des civils.
Ahmad al-Dbis, chef d'une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent les évacuations, a expliqué selon les médias avoir vu, dès l'aube, des familles descendre des bus et se rassembler alors que des travailleurs humanitaires distribuaient des bouteilles d'eau minérale.
Environ 350 personnes avaient déjà été évacuées dimanche soir vers cette même localité de Khan al-Assal, d'après M. Dbis.

Environ 8.500 personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), avaient pu être évacuées d'Alep avant que les opérations ne soient interrompues jeudi en raison de divergences sur le nombre de personnes à évacuer de ces deux localités.