Rohingyas persécutés : La Birmanie critiquée par ses voisins

Publié par DK News le 19-12-2016, 17h15 | 48

La Birmanie est critiquée par ses voisins d'Asie du Sud-Est qui craignent un nouvel exode massif de la minorité musulmane Rohingya persécutée dans le nord-ouest birman.

Lors d'une réunion lundi, à Rangoun, les ministres des Affaires étrangères des pays d'Asie du Sud-Est, ont mis en garde contre les «retombées négatives sur les voisins de la Birmanie en matière de sécurité et de stabilité», a indiqué un diplomate cité par l'AFP.

«Nous pensons que la situation est maintenant un problème régional, que nous devons résoudre tous ensemble», a estimé Anifah Aman, le ministre malaisien des Affaires étrangères d'après la copie de son discours publié par Kuala Lumpur.

Les chef de diplomatie des pays d'Asie du Sud-Est se retrouvent en urgence dans la capitale birmane pour évoquer cette crise qui fait craindre un nouvel exode de la minorité Rohingyas persécutée.
Exode massif de la population Rohingya

Ces dernières semaines, plus de 27.000 personnes ont fui une opération de l'armée birmane dans le nord-ouest du pays, lancée en réponse à une attaque de postes frontières par des groupes d'hommes armés. Elles ont trouvé refuge au Bangladesh fuillant «des exactions de l'armée birmane: viols collectifs, meurtres, tortures», selon les médias.

Vendredi dernier, le commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies, Zeid Ra'ad Al Hussein, a sévèrement critiqué la réaction du gouvernement birman qualifié «d'irréfléchie, contre-productive et insensible». Selon lui, l'approche serait même une «leçon sur la façon d'aggraver la situation».
Cette nouvelle crise a créé une rupture inhabituelle dans le bloc formé par les 10 pays membres de l'Association des pays d'Asie du Sud-Est (Asean).

La Malaisie a notamment attaqué de front le gouvernement birman emmené par Aung San Suu Kyi.
Le mois dernier, lors d'une grande manifestation, le Premier ministre malaisien a parlé de «génocide» de la population musulmane rohingya et expressément demandé à la lauréate du prix Nobel de la paix , Aung San Suu Kyi, d'agir.

Cette dernière, pointée du doigt pour son «silence» dans la crise, a mené à Rangoun des discussions en urgence lundi avec ses homologues d'Asie du Sud-Est.
«Nous pensons que la situation est maintenant un problème régional, que nous devons résoudre tous ensemble», a déclaré Anifah Aman, le ministre malaisien des Affaires étrangères d'après la copie de son discours publié par Kuala Lumpur.

Dans un nouveau rapport rendu public lundi, Amnesty International accuse l'armée birmane «d'homicides, de viols et d'incendie volontaire de villages entiers». Une «punition collective» qui vise les Rohingyas et pourrait «être assimilée à des crimes contre l'humanité».