Méningites : quels sont les risques et comment réagir ?

Publié par DK News le 20-12-2016, 16h18 | 48

La survenue de cas de méningites dans des écoles ou des collèges sème tout de suite l'inquiétude. Mais si la maladie peut s'avérer grave, elle se soigne bien le plus souvent. Et des vaccins sont disponibles.

La méningite est une inflammation des membranes enveloppant le système nerveux central (SNC) appelées «méninges». Elle se manifeste généralement par des maux de tête, beaucoup de fièvre, des vomissements, une raideur de la nuque, tous signes qui doivent faire examiner l'enfant rapidement. L'apparition de petites taches violacées qui ne s'effacent pas quand on appuie sur la peau (purpura) sur la peau est un signe de gravité qui doit alerter.

Les méningites d'origine virale sont relativement fréquentes et le plus souvent bénignes. «Celles qui posent les plus gros problèmes sont les méningites bactériennes», explique le Dr Muhamed-Kheir Taha, responsable du Centre national de référence des méningocoques à l'Institut Pasteur. Elles sont surtout dues à trois types de bactéries, l'Haemophilus influenza, les méningocoques (dont il existe plusieurs sous-groupes) et les pneumocoques.

Surtout chez les petits et les ados
Les trois bactéries responsables des méningites occupent la même «niche écologique» : le pharynx. Elles se transmettent d'une personne à l'autre via les gouttelettes de salives projetées lorsqu'on parle, éternue ou tousse. Mais comme il s'agit de bactéries relativement fragiles, le contact doit se faire en face à face, à moins d'un mètre, et de façon répétée.

Toutes bactéries confondues, on estime à 1200 le nombre de cas de méningites chaque année, principalement chez des enfants en bas âge et des adolescents. Les méningites bactériennes peuvent entraîner le décès, parfois en seulement quelques heures en cas de septicémie fulgurante et dans 20% des cas, des séquelles graves (perte d'audition, épilepsie, retard mental, psychomoteur, difficultés d'apprentissage, etc.).

On peut se faire vacciner
Plusieurs vaccins sont disponibles contre les bactéries responsables de méningites. Celui contre l'Haemophilus influenzae est inscrit au calendrier vaccinal depuis 1992. Grâce à sa combinaison avec d'autres vaccins de la petite enfance, il est largement effectué. Résultat : les méningites à Haemophilus ont quasiment disparu en France. «La couverture vaccinale est, en revanche, moins bonne contre les pneumocoques et surtout les méningocoques du groupe C, respectivement inscrits au calendrier vaccinal depuis 2006 et 2010 regrette le Dr Muhamed-Kheir Taha.

Contre le méningocoque du groupe B, responsable de 70 % des méningites en France, un vaccin commercialisé depuis 2013 est efficace contre 80 % des souches actuellement en circulation. Il est préconisé lorsque plusieurs cas se déclarent au même endroit, comme ce fut le cas dans la région de Dieppe ces dernières années.

Parfois une hospitalisation s'impose
Les méningites virales sont, dans leur grande majorité, bénignes. Elles guérissent presque toutes spontanément. Alors que les méningites bactériennes nécessitent la prise d'antibiotiques en intraveineux. «Afin de les administrer, mais aussi pour surveiller le patient et éviter une défaillance cardio-respiratoire due à l'infection (choc septique), une hospitalisation d'une dizaine de jours est nécessaire», précise le Dr Muhamed-Kheir Taha. Des traitements symptomatiques visant à lutter contre l'état inflammatoire et la fièvre induits par la bactérie sont aussi utiles.



Méningite : toujours une urgence !

La méningite ne frappe pas seulement les enfants en bas âge : les ados sont touchés eux aussi. Très grave dans certains cas, la méningite se soigne bien, à condition de s'y prendre à temps.
Les formes d'origine virale sont en général bénignes : le malade guérit le plus souvent sans séquelles, en quelques jours seulement. Les formes bactériennes, en revanche, peuvent être beaucoup plus graves. Leur nombre a chuté ces dernières années chez les tout-petits grâce à la vaccination contre l'«Hæmophilus influenzæ». Leur fréquence devrait encore baisser grâce au vaccin contre le pneumocoque.

Mais le grand responsable des méningites bactériennes, le méningocoque, sévit toujours. Il touche encore 500 personnes par an en France, dans près de la moitié des cas, les moins de 9 ans dont les défenses immunitaires ne sont pas très développées. Mais on observe un second pic de fréquence à l'adolescence, vers 15-17 ans, à l'âge des flirts, car le germe se transmet par les gouttelettes de salive. Il infecte d'abord la gorge, lors d'une angine ou d'une rhinopharyngite, et finit par se loger dans les méninges.

Les signes d'alerte
Certains signes doivent inciter à consulter en urgence : forte fièvre, associée à des vomissements ; violents maux de tête ; gêne à la lumière ; éventuellement, apparition de petites taches rouge bleutées sur le corps. La raideur de la nuque, typique de la maladie, est rarement présente à ce stade.
Au moindre doute, le médecin adresse le malade à l'hôpital, où seront pratiqués une prise de sang et un prélèvement de gorge. Une ponction lombaire (désagréable mais non dangereuse) est également nécessaire pour analyser le liquide céphalo-rachidien susceptible de contenir le méningocoque.

Quel traitement ?
Le traitement fait appel aux antibiotiques, administrés par voie intraveineuse durant dix jours. Pour éviter la contagion, les personnes ayant eu des contacts proches et répétés avec le malade doivent également suivre un traitement antibiotique par comprimés pendant deux à cinq jours. «Si le méningocoque est de type A, C, Y ou W135, ces personnes doivent également se faire vacciner, souligne le Dr Muhamed-Kheir Taha, de l'Institut Pasteur. Mais il n'en existe pas contre le sérogroupe B, le plus répandu en France.»

En prévention
La vaccination est recommandée pour les adolescents qui effectuent un séjour en Grande-Bretagne, car le méningocoque C est plus répandu outre-Manche qu'en France. Les jeunes Britanniques sont d'ailleurs vaccinés de manière systématique.