Grèce : Manifestation en faveur des réfugiés, contre le pacte UE-Turquie

Publié par DKnews le 19-03-2017, 15h28 | 41

Plus de 2.000 personnes,ont manifesté samedi à Athènes en faveur de l'accueil des migrants et des réfugiés en Europe et contre le pacte Union européenne-Turquie conclu il y a un an pour en tarir le flux, selon la police.

A l'appel d'organisations de gauche, la manifestation a réuni de nombreux exilés, dont beaucoup présents avec leurs enfants, notamment des Syriens et des Afghans, restés piégés en Grèce après la fermeture de la route des Balkans, début 2016.

«Asile et logement pour les réfugiés !», «Non aux expulsions !», criaient les manifestants, sous des banderoles appelant à l'«Ouverture des frontières».

Conclu le 18 mars 2016 entre Ankara et les Etats de l'UE pour couper la route égéenne par laquelle plus d'un million de personnes ont transité de Turquie vers l'Europe en 2015 et 2016, l'accord a permis de considérablement réduire le nombre des arrivées et des noyades d'exilés dans cette partie de la Méditerranée.

Quelques dizaines d'entre eux arrivent désormais en moyenne quotidiennement sur les îles grecques de l'Egée orientale, contre plusieurs milliers par jour à l'automne 2016. Mais l'accord a abouti au parcage sur ces îles de milliers d'arrivants - 9.000 actuellement selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, quelque 14.000 selon la Grèce - en principe voués à être  renvoyés en Turquie, y compris les réfugiés syriens.

La plupart de ces exilés attendent l'examen des demandes d'asile en Grèce qu'ils ont déposées pour éviter leur renvoi, dans des conditions qualifiées de dégradantes et de traumatisantes par les ONG sur le terrain.

Les humanitaires accusent aussi cet accord d'être attentatoire au droit d'asile en présumant que la Turquie est un pays sûr pour les réfugiés.

Le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative grecque, a été saisi de la légalité de cet accord par deux Syriens déboutés en appel de leur demande d'asile en Grèce. Il doit en principe rendre sa décision courant avril.

En un an, 851 exilés ont été renvoyés des îles grecques en vertu de ce pacte, considérés comme des migrants économiques ou ayant renoncé à l'asile, mais aucun Syrien n'a jusque là été officiellement forcé au retour.