Le naufrage du ferry «Sewol» qui a fait 304 morts en 2014 en Corée du Sud a été commémoré par les Sud-coréens et l'opposition veut relancer les travaux de la commission d'enquête spéciale sur le drame.
Le 16 avril 2014, ce bâtiment de 6.825 tonnes avait chaviré et sombré au large de l'île de Jindo (sud-ouest), alors qu'il transportait pour l'essentiel des lycéens se rendant en voyage scolaire vers l'île de Jeju (sud). Parmi les 476 passagers à bord, seuls 172 ont été secourus, alors que neuf sont toujours portés disparus.
L'épave a été renflouée et ramenée le 23 mars dernier dans le port de Mokpo dans la province de Jeolla du Sud (sud-ouest). Des fouilles ont été lancées pour retrouver éventuellement les neuf disparus. Les barbelés bloquant l'entrée du port de Mokpo, classé en zone de sécurité, ont été ornés de rubans jaunes, symbole des personnes disparues ou absentes.
Quelque 10.000 personnes venues des quatre coins du pays se sont rendues à Mokpo, selon les médias, pour y visiter le port, attachant des rubans jaunes aux clôtures et espérant la découverte des disparus, de la pire catastrophe maritime de l'histoire du pays. Des députés, des membres du gouvernement et des militants de groupes civiques ont participé aux commémorations.
Dans le port de Paengmok situé près du site du naufrage au large de l'île de Jindo, un millier de personnes ont lâché 304 ballons jaunes en mémoire des victimes. Enfin, ils étaient environ 100.000 sur la place Gwanghwamun au centre de Séoul à participer à une veillée aux bougies. Ils ont écouté un discours du maire de Séoul, Park Won-soon, ainsi que des chanteurs populaires.
Quelque 10.000 personnes, dont des familles endeuillées, ont assisté à une commémoration organisée dans la ville d'Ansan, où se situe un lycée ayant connu plusieurs victimes, en présence de quatre des cinq principaux candidats à la présidentielle.
Moon Jae-in du parti d'opposition Minjoo, favori dans les récents sondages, a accusé le gouvernement de l'ex-présidente destituée le 10 mars Park Geun-hye d'avoir tenté de dissimuler l'ampleur de la catastrophe et a promis d'aller au fond des choses en relançant les travaux de la commission d'enquête spéciale sur le drame.
L'une des accusations selon laquelle Mme Park aurait mal géré les opérations de secours après le naufrage n'a pas été retenue par la Cour constitutionnelle. L'endroit où se trouvait Mme Park les sept heures ayant suivi le drame demeure encore un mystère.
Du côté de l'enquête, les procureurs ont déterminé que le naufrage du «Sewol» était dû à la fois à une surcharge, une cargaison mal arrimée et un virement de bord trop brusque.