Yémen : Les hôpitaux débordés face à l'épidémie du choléra

Publié par DKnews le 13-06-2017, 15h07 | 28

Les hôpitaux au Yémen sont débordés face à l'épidémie du choléra qui se répand rapidement dans le pays, alors que 124.000 cas suspects et 923 morts ont été recensés par l'ONU, selon une source sanitaire.

«Depuis deux semaines, nous accueillons un grand nombre de malades, au rythme d'un à deux, voire trois, par minute», s'inquiète Ismaïl Mansouri, médecin dans l'hôpital Al-Sabiine de Sanaa.

Son collègue, Maher al-Hada, du Centre de lutte contre le choléra, déplore «une augmentation très inquiétante» du nombre de malades, «plus de 300 par jour», accueillis dans son établissement, confronté à un manque de moyens et de médicaments.

L'épidémie se propage à vive allure au Yémen où un conflit oppose depuis 2014 des groupes rebelles Houthis, qui contrôlent des provinces du nord, dont Sanaa, aux forces progouvernementales, soutenues par l'Arabie saoudite et qui ont fait d'Aden (sud) leur capitale «provisoire». Une grève en mai des éboueurs, qui n'étaient pas payés, a contribué à aggraver la situation.

Le choléra touche désormais 20 des 22 provinces du pays où 923 décès et 124.000 cas suspects ont été enregistrés en six semaines, selon un dernier bilan établi le 11 juin par l'ONU. Le choléra, réapparu le 27 avril après une première épidémie l'an dernier, «se répand à un rythme sans précédent» selon l'ONU qui prévient que la situation risque de «s'aggraver davantage à l'approche de la saison des pluies et en raison d'une malnutrition généralisée et de la faim».

Le 19 mai, alors qu'il y avait plus de 23.000 cas suspects, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait dit craindre jusqu'à 250.000 cas dans les six mois. Confinée dans un premier temps aux régions contrôlées par les rebelles, la maladie a, au fil des jours, gagné les provinces du sud, dont Aden, où ont été enregistrés au moins 27 décès et quelque 3.000 cas suspects, selon des sources médicales.

«Depuis la mi-avril, nous avons accueilli plus de 3.000 cas suspects, dont quelque 200 cas ces derniers jours», déclare Majid al-Daari, directeur de la section choléra à l'hôpital Al-Sadaqa à Aden, cité par l'AFP.

La maladie trouve dans l'insalubrité un terrain propice pour se développer. Les établissements hospitaliers, encore opérationnels, sont confrontés à une pénurie de médicaments et à des coupures de courant électrique notamment.

L'OMS s'emploie à aller dans les zones reculées «très touchées (par la maladie) afin d'atteindre autant de malades que possible», déclare Omar Saleh, membre de sa mission au Yémen.

«La situation humanitaire au Yémen est alarmante. Il y a un véritable désastre et la maladie n'a rien à voir avec les affiliations politiques ou les frontières», ajoute-t-il en appelant la communauté internationale à redoubler d'efforts pour mettre fin à la guerre et aider le Yémen à contrôler le choléra.