L'Ong internationale, EuroMed Droits, a condamné la répression contre citoyens, activistes et militants par les autorités marocaines lors d'un rassemblement à Rabat en solidarité avec le mouvement de revendications sociales dans la région du Rif au Maroc (Hirak).
«Dimanche 11 juin, des milliers de Marocains se sont rassemblés à Rabat en solidarité avec les manifestants du Rif (région Nord du Maroc). EuroMed Droits se joint à leur appel et souligne sa grande préoccupation quant à la répression par les autorités marocaines des manifestations pacifiques et des mouvements sociaux qui ont lieu dans cette région», a indiqué l'Ong dans un communiqué parvenu à l'APS.
Depuis le 28 octobre 2016, date de la mort de Mouhcine Fikri, vendeur de poissons, broyé par une benne à ordures alors qu’il cherchait à sauver sa marchandise confisquée, de nombreuses manifestations rythment le quotidien des habitants de la ville d’Al-Hoceima, et au-delà. Ceux-ci appellent au respect de leurs droits économiques et sociaux et dénoncent la corruption et les abus de l’administration. «Ces dernières semaines, plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés et se retrouvent aujourd’hui accusés des chefs d’inculpation les plus graves», a alerté EuroMed Droits, précisant qu'«avec l’arrestation de Nasser Zefzafi, considéré comme chef de file de Hirak (le mouvement en arabe), la grogne sociale s’est étendue à toute la région du Rif et pourrait désormais atteindre d’autres régions du Royaume, menaçant la stabilité du pays».
«EuroMed Droits condamne ces arrestations arbitraires, en infraction totale avec la législation marocaine et les obligations internationales du royaume, et regrette la réaction des autorités marocaines qui se sont engagées sur la voie de la répression. Nous appelons le Maroc à respecter û et à mettre fin aux mesures arbitraires contre û les manifestants et à garantir les conditions d’accès à un procès équitable pour tous», lit-on dans le communiqué. L'actuel mouvement populaire dans le Rif et les manifestations quotidiennes et régulières qu'il suscite sont «les plus importantes depuis les soulèvements de 2011», a constaté l'Ong.
EuroMed Droits a, en outre, appelé tous les acteurs à «engager un dialogue responsable et transparent pour sortir de la crise dans les plus brefs délais et à respecter les droits humains les plus fondamentaux, notamment la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique».
Elle a également appelé à la tenue d’»une enquête impartiale et indépendante» pour apporter toute la lumière sur les évènements et les violations des droits humains qui y ont eu lieu.