Des dizaines de personnes ont manifesté leur colère vendredi à Londres après l'incendie de la tour Grenfell qui a fait au moins 30 morts la nuit du mardi à mercredi et dont le bilan risque d’atteindre les 70 morts, selon la presse britannique. Ils étaient nombreux à manifester devant et dans la mairie de Kensington, dont dépend la tour de 24 étages de logements sociaux qui a été incendiée, brandissant des pancartes réclamant «justice» et criant «Honte à vous».
Les manifestants ont affiché également des photos de personnes portées disparues depuis le sinistre. Certains ont demandé de l’aide «immédiatement» pour ceux qui se trouvent sans abri.
Ils ont exigé du responsable du Conseil de s’engager publiquement à aider les sans abri et à prendre des mesures pour tous les autres immeubles de l'arrondissement qui «pourraient connaître le même sinistre que la tour Grenfell», ont-ils dit.
Les manifestants ont aussi réclamé une «enquête criminelle» sur les 10 millions de livres sterling dépensés des fonds publics lors de la rénovation de la propriété, et exigé de traduire tous les responsables de ce projet en justice.
Depuis l’incendie, la gestion de la tour a été critiquée, le sinistre ayant été attribué à la non prise en compte de la mise en garde contre le danger d’incendie, du fait qu’il s’agissait de logements sociaux. Les critiques ont également incriminé les travaux de revêtement installé l’an dernier sur la façade. Pour rappel, la première ministre, Theresa May, avait ordonné l’ouverture d’une enquête publique pour faire la lumière sur les raisons de la catastrophe.
La police qui a réussi à identifier six morts, a prévenu jeudi que des victimes pourraient ne jamais être identifiées. Elle a également affirmé que rien ne laissait croire que l’incendie était délibérément provoqué.
Au total, 30 personnes sont mortes. 24 blessés sont encore hospitalisées, 12 sont dans un état critique. Le chef de la police métropolitaine de Londres, Stuart Cundy, a déclaré qu'il croit que le nombre de morts allait encore augmenter. Près de 600 personnes habitaient dans la tour de 120 appartements sociaux.
Après l’incendie, les conseils britanniques ont entrepris des contrôles urgents de leurs tours afin de les sécuriser, selon l'Association des collectivités locales, citée par la BBC.