Etats Unis : La Floride utilisera un nouveau sédatif pour sa première exécution en 18 mois

Publié par DKnews le 25-08-2017, 16h16 | 25

La Floride doit mener jeudi sa première exécution depuis près de deux ans, en remplaçant l'anxiolytique très controversé midazolam par un médicament encore jamais utilisé dans un cocktail létal aux Etats-Unis. Accusé d'un double meurtre, Mark James Asay doit être exécuté à 18H00 (22H00 GMT) dans la prison d'Etat de Floride.

Aujourd'hui âgé de 57 ans, il a été condamné pour le double meurtre en 1987 de Robert Lee Booker et Robert McDowell, commis dans cet Etat du sud-est des Etats-Unis. «Le département des administrations pénitentiaires de Floride respecte la loi et applique la condamnation du tribunal», a déclaré une porte-parole, Ashley Cook, citée par l'agence AFP, soulignant que cette institution avait pour objectif de s'assurer que «la procédure d'injection létale soit humaine et digne».

La dernière exécution en Floride remonte à celle d'Oscar Ray Bolin, le 7 janvier 2016. Cinq jours plus tard, la Cour suprême américaine jugeait inconstitutionnel le système de condamnation capitale dans cet Etat, car donnant trop de pouvoir au juge au détriment des jurés.

La Floride était alors l'un des seuls Etats américains à ne pas exiger l'unanimité des jurés pour condamner à mort un accusé. En mars dernier, son gouverneur, Rick Scott, a finalement signé une loi exigeant l'unanimité du jury.

Accusé de ne pas plonger suffisamment le condamné dans l'inconscience et donc de provoquer des souffrances inutiles, le midazolam a suscité une forte polémique aux Etats-Unis et a déclenché plusieurs blocages juridiques.

Pour l'exécution de Mark James Asay, les autorités pénitentiaires ont décidé de remplacer le midazolam par de l'etomidate, un sédatif encore jamais utilisé parmi les trois produits constituant l'injection létale. Le laboratoire Janssen (groupe Johnson & Johnson), qui a crée l'etomidate il y a plusieurs décennies, a protesté contre ce nouvel usage.

«Nous n'approuvons pas l'usage de nos médicaments dans des injections létales servant à la peine capitale», a réagi mardi un porte-parole, Greg Panico, dans un entretien au Washington Post. «Janssen découvre et développe des innovations médicales pour sauver et améliorer des vies», a-t-il souligné.

Depuis que la peine de mort a été rétablie en Floride en 1976, l'Etat a exécuté 92 détenus.