La sélection algérienne de football a encore une fois déçu ses fans en se faisant battre tel un novice samedi à Lusaka par une équipe zambienne volontaire à souhait (3-1) dans le cadre de la 3e journée (Gr.B) des qualifications du Mondial 2018, au moment où les Verts sont virtuellement éliminés au grand regret de tout un peuple.
Alors que les inconditionnels de l'équipe espéraient voir les Verts se relancer dans ces qualifications après un début de campagne complétement raté, il n'en fut rien puisque les joueurs du sélectionneur espagnol Lucas Alcaraz ont encore une fois marqué le pas, concédant un deuxième revers de rang dans ces qualifications après celui concédé face au Nigeria (3-1) en novembre 2016.
Les Zambiens, poussés par un public acquis à leur cause, ont pris le dessus dès le début de la rencontre en ouvrant la marque à la 6e minute de jeu devant une défense algérienne aux abois.
Il est vrai que les choix du sélectionneur national ont été largement contestés par les observateurs, estimant que le technicien andalou n'aurait jamais dû aligner d'entrée pour la première fois le défenseur Ilias Hassani (Cherno More Varna/ Bulgarie) dans l'axe central de la défense, alors que le joueur manquait terriblement d'expérience pour ce genre de matchs couperet.
L'ancien entraineur du FC Grenade (Espagne) s'est rendu compte de sa «faute de casting» en faisant sortir Hassani à la mi-temps pour être remplacé par le jeune Youcef Attal.
Alcaraz déjà contesté
Ayant atterri à la tête du «Club Algérie» dans l'espoir de reconstruire une équipe qui sortait d'une élimination sans gloire dès le premier tour de la dernière Coupe d'Afrique des nations CAN-2017 au Gabon, le coach national l'Espagnol Lucas Alcaraz peine à marquer son territoire et gagner la confiance des fans des Verts au moments où les supporters algériens ont regretté samedi dans les réseaux sociaux le Bosnien Vahid Halilhodzic, qui avait mené l'Algérie au Mondial 2014 avec en prime une qualification historique en 1/8es de finale du tournoi disputé au Brésil.
Même s'il n'était pas présent lors des deux premiers matchs des qualifications, Alcaraz a échoué samedi à relancer les Verts, estiment les observateurs, d'autant que l'équipe nationale a affiché un visage pâle inquiétant qui n'augure pas de lendemains meilleurs.
Le revers concédé à Lusaka intervient moins de deux semaines après l'élimination de la sélection A', composée de joueurs locaux, dirigée par Alcaraz, au prochain Championnat d'Afrique des nations CHAN-2018 au Kenya.
Battue en match aller disputé Constantine face à la Libye (2-1), l'Algérie est allée faire match nul (1-1) lors de la seconde manche disputée à Sfax (Tunisie), synonyme d'élimination.
Alcaraz, a échoué ainsi à atteindre son premier objectif assigné par la Fédération algérienne de football (FAF), qui était de décrocher un billet pour le CHAN-2018 alors que Algérie est maintenant virtuellement éliminée de la course pour le Mondial 2018.
Le président de la FAF Kheireddine Zetchi a écarté samedi à l'issue de la partie toute idée de se passer des services d'Alcaraz : «Changer de sélectionneur n'est pas à l'ordre du jour.
Il va continuer son travail le plus normalement du monde», a-t-il indiqué.
Alcaraz, qui a entamé sa mission avec les Verts avec deux succès à l'arrachée : en amical face à la Guinée (2-1) et devant le Togo (1-0) lors de la 1re journée des qualifications de la CAN-2019, est appelé ainsi à revoir sa copie et apporter des changements de quoi permettre aux Verts de sortir la tête de l'eau dès mardi prochain face à la Zambie au stade de Constantine (20h30) pour le compte de la 4e journée des qualifications du Mondial 2018.
La défense, le maillon faible encore et toujours des Verts
Les entraineurs défilent à la barre technique nationale depuis le Mondial-2014, mais les mêmes problèmes persistent toujours, notamment en défense devenue véritablement le maillon faible des Verts, ces derniers ont dû le vérifier à nouveau à leur dépens samedi à Lusaka lors de leur défaite contre la Zambie (3-1), leur valant d’être écartés de la course à la qualification à la coupe du monde de 2018 avant trois journées de la fin des qualifications.
Contre les «Chipolopolo», l’arrière garde algérienne a encore pris de l’eau.
Le bilan est devenu lourd, étant donné qu’avec les trois buts encaissés, l’ardoise commence sérieusement à devenir salée, avec une cage du capitaine Raïs M’Bolhi, violée à sept reprises en trois rencontres.
Cette situation rappelle le scénario de la précédente Coupe d’Afrique des nations CAN-2017 au Gabon, lorsque l’équipe nationale avait concédé six buts en trois matchs précipitant son élimination dès le premier tour de l’épreuve, et aussi le limogeage de l’entraineur belge, George Leekens.
Cette pertinente faiblesse défensive algérienne est due, selon les spécialistes, aux changements fréquents intervenus dans la composante de l’arrière garde depuis au moins trois années.
Pendant tout ce temps, seul le latéral gauche de Naples (Italie), Faouzi Ghoulam, est aligné en permanence dans le onze de départ.
Les autres postes de la défense sont toujours à la recherche de «preneurs valables».
Dans la foulée, c’est l’équipe nationale qui continue sa traversée au désert, alors que les quatre coachs qui se sont succédés sur le banc de touche algérien depuis l’historique qualification aux huitièmes de finale de la coupe du monde (Gourcuff, Rajevac, Leekens et Alcaraz) n’ont pas réussi à trouver la formule «magique» à même de redonner à la défense algérienne sa solidité d’antan.
L’un des joueurs qui avaient fait le bonheur du «Club Algérie» en défense à la fin des années 2000, en l’occurrence, Antar Yahia, déplore notamment les changements à répétition opérés au niveau de l’axe central national.
«En changeant à chaque fois la paire centrale, l’équipe algérienne a perdu beaucoup de sa solidité défensive. Il faut impérativement se fixer enfin sur un duo précis et lui donner le temps nécessaire pour parfaire sa cohésion.
Personnellement, je mise dans ce registre sur Mandi et Bensebaïni» , conseille l’actuel directeur sportif de l’US Orléans, pensionnaire de la Ligue 2 française.
Pour sa part, le défenseur Aïssa Mandi, aligné à droite de la défense en première mi-temps du match contre la Zambie, avant de retrouver l’axe central lors de la seconde, n’a pas admis les critiques que continuent de faire l’objet les défenseurs, estimant que la «responsabilité est partagée par tous les joueurs, pas uniquement ceux de l’arrière garde».
Après sa défaite à Lusaka, la sélection algérienne, à la surprise générale, ferme la marche dans le groupe B avec un seul point, un groupe que domine le Nigeria (9 pts), suivi de la Zambie (4 pts), et du Cameroun (2 pts). Seul le premier de la poule se qualifiera au Mondial-2018 en Russie.