Les pourparlers visant à ramener la paix entre le gouvernement soudanais et les rebelles des Etats du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud, dans le sud du Soudan, ont été interrompus jeudi après de nouvelles accusations d'offensive militaire de Khartoum, ont rapporté des médias.
«Nos zones ont été bombardées pendant plus de 16 heures par le gouvernement soudanais et il y a une énorme offensive», a déclaré le chef de la délégation des rebelles Yasir Arman, cité par l'AFP.
Ce dernier round des pourparlers de paix avait débuté dans la capitale éthiopienne le 22 avril mais s'est terminé sans réels progrès à l'annonce de combats dans les monts Nuba au Kordofan-Sud.
M. Arman a ajouté que quelques progrès avaient été enregistrés pendant le round de négociations interrompu, bien qu'aucune décision n'ait été prise sur deux points clés, un cessez-le-feu ou un accès à l'aide humanitaire.
«Ce que nous avons fait est limité, les grands problèmes sont toujours sur la table», a déclaré M. Arman, qui dirige la délégation des rebelles.
Les pourparlers devraient reprendre plus tard en mai, bien qu'aucune date n'ait été fixée.
Les discussions avaient déjà repris une première fois en février, après un an d'interruption, avant d'être ajournées au bout de cinq jours. Elles visent à mettre fin à trois ans d'un conflit dans le Kordofan-Sud et le Nil-Bleu, qui touche plus d'un million de civils, selon les Nations unies.
Les combats ont éclaté peu après l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, lorsque les rebelles du SPLM-N, le mouvement sudiste ayant combattu Khartoum durant la guerre civile qui a débouché sur la partition du Soudan en 2011- avaient repris les armes.
Comme ceux du Darfour (ouest du Soudan), les rebelles du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu s'estiment politiquement et économiquement marginalisés par le régime du président Omar el-Béchir.
Le médiateur dans ces pourparlers, l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, doit se rendre sur les zones de combat avant la reprise des négociations.
Les Nations unies ont appelé les parties à conclure un cessez-le-feu rapidement et à permettre à l'aide humanitaire de parvenir aux deux Etats concernés.