Entrée à l’université en France : Une sélection en nouvelle version ?

Publié par CEM le 04-11-2017, 16h22 | 45

Après des mois de conciliabules et de recherche de voies et moyens consensuels, le gouvernement français vient de rendre publique sa réforme des conditions d’accès aux filières dites en tension dans les universités françaises, soit l’enterrement du tirage au sort adopté depuis des années pour retenir les titulaires du baccalauréat à inscrire dans ces filières.

En effet des filières comme médecine, les IUT (instituts universitaires de technologie), les écoles internes d’ingénieurs, ou encore les BTS (Brevet de technicien supérieur), sont réputées en tension car elles ne disposent pu de places suffisantes pour répondre à toutes demandes. 

« A l’exception de ces filières, il suffit d’avoir son bac pour s’inscrire à la fac dans une licence générale, en théorie en tout cas, souligne le site 20minutes.fr, dans un papier daté du 30octobre qui note également que « depuis deux à trois ans, les effectifs d’étudiants sont en hausse (+40.000 cette année) et les filières trop demandées ont eu recours au tirage au sort pour départager les candidats. »

Le gouvernement du président Macron a effectivement vite fait le constat pour se rendre compte, comme l’écrit le site liberation.fr que le système est à bout de souffle, avec, écrit-il, des « filières engorgées contraintes de recruter par tirage au sort quand d’autres sont délaissées, une plateforme informatique d’orientation (APB, pour admission post-bac) totalement saturée et, en bout de ligne, un taux d’échec de près de 60% en première année de fac.»

Parmi les mesures phares annoncées, la possibilité donnée aux universités de proposer trois options pour un candidat à une filière universitaire notamment celle en tension.

Elle peut dire oui et lui accorder l’inscription si elle estime qu’il répond à tous les attendus requis pour la filière. Elle peut ensuite lui signifier un oui conditionnel, si elles estiment qu’il doit suivre une année de mise à niveau.

En troisième option l’université peut inscrire le candidat en liste d’attente  quand la filière est surchargée. 

La ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal a tenu à rassurer qu’il  ne sera pas possible de refuser un étudiant en licence à partir du moment où les capacités d’accueil seront suffisantes», tout en précisant que quand c’est le cas l’inscription « cela se fera en fonction de la motivation et des aptitudes».

L’autre volet du plan présenté par le premier ministre Edouard Philippe, donne un rôle plus accru aux lycées dans l’accompagnement des élèves dans leur choix de filière.

« Les lycéens n’auront plus un, mais deux professeurs principaux, pour les accompagner dans la construction de leur projet, relève le site du quotidien français lemode.fr, qui évoque également l’organisation de deux semaines de l’orientation ainsi que la mise en œuvre d’une nouvelle plateforme qui remplacera le logiciel en cours  APB (admission post bac).

Les mesures proposées ont suscité un débat au sein de la communauté de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Pour certains c’est une nouvelle sélection en douce, qui ne dit  pas son nom qui se met en place et donne la possibilité aux universités de dire non à un bachelier, alors qu’il a toujours de règle d’accorder une place à l’université à tout détenteur de   baccalauréat. D’autres trouvent par contre la réforme audacieuse, en mesure de dépasser un système à bout de souffle et qui n’est plus synonyme d’un enseignent moderne et de qualité.

Pour les syndicats de l’enseignement secondaire et les représentants des parents d’élèves, plus préoccupés par la portée pratique de la réforme, beaucoup pensent qu’il  ‘y a pas de ‘’révolution’’ dans les mesures proposées ;   « Beaucoup de ces dispositifs – semaines de l’orientation, tutorat, accompagnement personnalisé, etc. – recouvrent ce qui existe déjà », déclare  Claire Guéville, du SNES-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du secondaire, citée par le site lemonde.fr. Pour le reste la plupart des acteurs interrogés doutent de la faisabilité du dispositif et des compétences des enseignants du secondaire a tracer le projet futur d’un lycéen.