SoudanSud : La crise au Soudan du Sud atteint un «seuil critique», une famine «catastrophique» menace des millions de personnes

Publié par Dknews le 15-05-2014, 17h20 | 39

Des millions de personnes sont menacées d'une famine «catastrophique» au Soudan du Sud, secoué par une crise qui a atteint un «seuil critique», s'est alarmée jeudi l'ONG Oxfam dans un communiqué.

«Soit nous agissons tout de suite, soit des millions de personnes vont en payer le prix», a mis en garde Mark Goldring, directeur général d'Oxfam, cité dans le communiqué.

«Un travail de titan nous attend, faire parvenir une aide massive à la population au pire moment de l'année, quand les pluies rendent de nombreuses régions difficiles d'accès et transforment les routes en torrents de boue», a-t-il souligné.

M. Goldring a appelé à «une hausse massive et rapide de l'aide pour empêcher que la faim n'atteigne des niveaux catastrophiques. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre, nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer».

Sous forte pression internationale, le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, qui a pris la tête d'une rébellion mi-décembre, ont signé le 9 mai à Addis Abeba un «accord pour mettre fin à la crise au Soudan du Sud», prévoyant notamment l'arrêt des combats, mais ceux-ci ont repris moins de 24 heures plus tard. 

Un premier cessez-le-feu, signé le 23 janvier, n'avait déjà pas été appliqué.

Le conflit commencé le 15 décembre, a fait des milliers de morts et chassé plus de 1,2 million de personnes de leur foyer, selon des chiffres officiels.

Les Nations unies craignent que le Soudan du Sud ne s'enfonce dans le génocide et ont prévenu, comme bon nombre d'organisations humanitaires, que la famine (potentiellement la pire en Afrique depuis les années 1980) menaçait un tiers des 11,5 millions de Sud-soudanais.

L'ONU a estimé à 1,27 milliard de dollars l'aide nécessaire, dont seulement 40% ont été réunis jusqu'ici. Plus d'un tiers de la population - 3,7 millions de personnes - est menacée par la faim, selon les Nations-Unies qui estiment qu'il n'existe qu'un «créneau très étroit» pour éviter la famine.