Un ressortissant chinois a été blessé et dix autres sont portés disparus suite à une attaque menée par des hommes armés présumés de Boko Haram dans la nuit de vendredi à samedi dans l'extrême nord du Cameroun, ont indiqué l'ambassade de Chine au Cameroun et la police cameronaise.
Ce nouveau drame intervient juste avant un mini-sommet africain à Paris prévu samedi et qui vise à établir une stratégie régionale de lutte contre Boko Haram, avec la présence notamment des présidents nigérian Goodluck Jonathan et camerounais Paul Biya.
Un commissaire de police basé dans l'extrême nord du Cameroun, cité par l'AFP, a confirmé que des éléments de Boko Haram «ont attaqué cette nuit un camp (de travailleurs du secteur routier)», précisant qu'«un chinois à été tué et 10 autres kidnappés». «Les soldats camerounais ont riposté à l'attaque et les combats ont duré jusqu'à 3 heures du matin», a ajouté le commissaire.
Par ailleurs, un responsable administratif de Waza, localité proche du site de travailleurs chinois, a affirmé que «les Boko Haram étaient lourdement armés. Ils sont venus avec cinq véhicules»
«Le camp attaqué est gardé par des BIR (soldats du Bataillon d'intervention rapide, unité d'élite de l'armée camerounaise). Leur nombre a diminué ces jours-ci parce que beaucoup sont allés à Yaoundé» pour la parade militaire du 20 mai, jour de la fête nationale du Cameroun», a-t-il expliqué.
Selon le commissaire de police, les assaillants ont attaqué la même nuit le commissariat de Waza, emportant des armes.La région du Nord camerounais, frontalière avec le Nigeria, est régulièrement la cible d'exactions de la part de membres de Boko Haram.
Début avril, deux prêtres italiens et une religieuse canadienne très âgée ont été enlevés dans cette région, où un prêtre français et une famille française avaient été kidnappés en 2013 par le même groupe.
Boko Haram, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, mène des attaques sanglantes contre les forces de sécurité et les civils depuis 2009 dans le nord du Nigeria. Le groupe armé a revendiqué l'enlèvement de plus de 200 lycéennes au Nigeria il y a un mois.