Santé

Antibiotiques C'est vrai tout ce qu'on dit ?

Publié par DK NEWS le 07-01-2020, 17h52 | 3
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De nouvelles bactéries résistantes aux antibiotiques inquiètent les médecins 
Vrai: Après le H1N1, la ­prochaine menace sanitaire s’appellerait-elle NDM-1 ? C’est en tout cas le nom d’une nouvelle bactérie dont une enzyme inactive des antibiotiques utilisés couramment, comme la pénicilline ou les céphalosporines. 
 Apparues en Inde en 2008, les bactéries produisant ces enzymes sont arrivées en Europe et ont fait beaucoup parler d’elles l’été dernier. Plusieurs dizaines de cas ont, en effet, été découverts dans des hôpitaux britanniques. Même si l’on est encore loin du scénario catastrophe d’une invasion bactérienne incontrôlable, le risque d’une propagation rapide et massive inquiète la communauté scientifique et médicale. D’autant que, face à cette menace, la recherche semble bien timide.

Nous aurions intérêt à réduire notre consommation 
Vrai: Car le problème de la résistance aux antibiotiques trouve aussi son origine, paradoxalement, dans notre consommation excessive. En éliminant les bactéries les plus sensibles, ces médicaments favorisent eux-mêmes la multiplication et la dissémination des bactéries les plus résistantes. C’est le principe de la sélection naturelle. Et ce n’est pas tout. Les bactéries résistantes peuvent cumuler un, deux ou trois gènes leur conférant une résistance à autant de familles d’antibiotiques (on parle alors de bactéries multirésistantes). Pire, elles sont ensuite capables de transférer ces gènes à des bactéries jusqu’alors non résistantes. 
Pour limiter ce phénomène, il faut donc utiliser les antibiotiques à bon escient. Moins les milliards de bactéries que compte notre corps y seront confrontées, moins elles seront susceptibles de développer des résistances. "Quand on prend un antibiotique, on guérit une infection si – et uniquement si – elle est liée à une bactérie. Mais, on va aussi agir sur les bactéries de notre flore et ­favoriser l’apparition de résistances qui peuvent ensuite se propager à des bactéries pathogènes", explique le Pr Anne-Claude Crémieux. D’où la nouvelle campagne de sensibilisation lancée par l’assurance-maladie.

En cas d’angine, la prise d’antibiotiques est indispensable
Faux: La plupart des infections saisonnières (rhino-pharyngite, bronchite aiguë, grippe, angine…) sont d’origine virale. Elles ne nécessitent donc pas d’antibiotiques, qui n’ont aucune efficacité sur les virus. Mais le diagnostic n’est pas toujours évident, notamment en cas d’angine. C’est pourquoi les médecins font souvent appel à des tests de diagnostic rapides : un simple prélèvement au niveau de la gorge permet ainsi de faire la ­différence entre une angine bactérienne à streptocoque, qui nécessite un antibiotique, et une banale angine virale (avec nez qui coule, petite toux sèche, enrouement…).
On a déjà des problèmes pour soigner certaines infections 
Vrai: Pour l’instant, les antibiotiques viennent à bout sans difficulté des angines bactériennes banales. Parmi les infections courantes, le risque de résistance le plus élevé concerne celles de l’appareil urinaire et celles que l’on attrape lors d’un séjour à l’hôpital (dites nosocomiales).

Quand je me sens mieux,je peux arrêter le traitement
Faux: Surtout pas ! "Grâce aux antibiotiques, la fièvre disparaît en 24 à 48 heures. C’est un signe d’efficacité, pas de guérison. Si l’on arrête trop tôt, on s’expose à des ­rechutes", explique le Pr Anne-Claude Crémieux. Il faut donc respecter la durée de prescription, mais aussi la dose prescrite. "Une posologie trop faible favorise les bactéries un peu moins sensibles et augmente le risque de résistance", souligne la spécialiste. Et il ne faut jamais décider de prendre un antibiotique sans avis médical.

Des vaccins peuvent diminuer l’apparition de bactéries résistantes
Vrai: La vaccination antibactérienne connaît un regain d’intérêt. Ainsi, le vaccin contre les pneumocoques (Pneumo 23® chez les adultes, Prevenar 13® chez les enfants) est inscrit au calendrier vaccinal des tout-petits. Dans la mesure où il s’adresse principalement aux types de pneumocoque les plus résistants, il a entraîné une diminution de la résistance chez ces bactéries très pathogènes pour l’homme. D’autres vaccins antibactériens pourraient voir le jour d’ici quelques années.
Des antibiotiques plus efficaces devraient bientôt arriver sur le marché
Faux: "En moyenne, il faut compter entre dix et douze ans pour développer un nouvel antibiotique. Malheureusement, l’industrie pharmaceutique s’est désengagée de cette recherche au profit de médicaments soignant des maladies chroniques, et donc plus rentables", avance le Pr Patrice Courvalin. 
"Pour l’heure, on est dans le creux de la vague, confirme le Pr Crémieux. Peu de nouveaux antibiotiques arrivent sur le marché et les autres pistes thérapeutiques ne feront pas leur apparition à court ou à moyen terme." Même si certaines voies de recherche semblent prometteuses. C’est par exemple le cas des bactériophages, des virus capables de tuer des bactéries. Utilisés avant l’ère des antibiotiques, ils refont leur apparition dans les laboratoires. Les scientifiques ont donc l’espoir de développer, grâce à eux, de nouveaux médicaments. Mais, pour l’heure, ils ne sont pas encore sur le marché.

Les antibiotiques, encore trop souvent automatiques…
26 % des prescriptions d’antibios concer-nent encore des infections d’origine virale. Inutile, cela augmente le risque de résistance.
40 % des médecins déclarent que leurs patients insistent pour se faire prescrire des antibiotiques même quand ils ne sont pas nécessaires. 13 % des Français seulement savent que les antibios sont inefficaces en cas de bronchite aiguë virale. Le plus souvent, elle guérit toute seule en une dizaine de jours.
 39 % des Français savent que les antibios sont inefficaces en cas d’angine virale. Dans ce cas, un traitement contre la douleur et la fièvre suffit.  

Une nouvelle campagne de sensibilisation
"Si on les utilise à tort, ils deviendront moins forts", tel est le message de la nouvelle campagne de l’assurance-maladie. Elle met en scène des antibiotiques personnifiés à travers deux équipiers miniatures, l’un novice, l’autre expert, qui évoluent dans un environnement grandeur réelle au volant d’un véhicule d’intervention ultra-équipé. Alors que l’antibiotique novice est pressé d’intervenir, son collègue freine ses ardeurs : "Détends-toi, c’est une angine virale. Même si on intervient, il ne guérira pas plus vite". Le message est décliné autour des angines et des bronchites à travers des spots TV et radio, sans oublier des annonces dans la presse plus une présence sur le Web.

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