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Le P-DG d’Alliance Assurances, M. Hassan Khelifati, invité du Forum de DK News - Assurances: L’Alliance met le cap sur les réformes

Publié par DK News le 11-02-2015, 19h49 | 134
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L’Algérie se trouve à un carrefour qu’on peut qualifier de stratégique. Pourquoi stratégique ? Stratégique car la baisse drastique des ressources extérieures prive l’Etat des moyens de financement du développement.

L’économie de marché n’a pas pour le moment pu constituer une source de financement du développement, les IDE non plus comme cela devrait l’être. Des projets auront à être reportés. Dans les orientations données par le Président, il va falloir que le gouvernement fasse des choix stratégiques.

Comment continuer à fonctionner s’il n’est pas trouvé de nouvelles sources de financement des projets ? Oui comment et pourquoi ? La baisse des cours des hydrocarbures devrait, selon le P-DG d’Alliance Assurances, inciter à trouver de nouvelles sources du financement du développement en dehors des dépenses publiques et de l’endettement étatique.

C’est là justement un des rôles du secteur d’assurances, comme le dit justement au Forum de DK News dont il était l’invité, M. Hassan Khelifati, P-DG d’Alliance Assurances. Celui-ci est membre du FCE (Forum des chefs d’entreprises) et également vice-président de l’UAR (Union des assureurs et des réassureurs).

La baisse des ressources provenant de la vente des hydrocarbures devrait plutôt en faire un atout pour mobiliser tous les efforts afin de relancer très fortement l’investissement et la relance de l’économie.

Le P-DG d’Alliance Assurances se dit confiant pour que les réformes s’accélèrent car il estime que la volonté politique existe au plus haut sommet de l’Etat du fait que le Président de la République, lors d’un conseil des ministres, a instruit le gouvernement à l’effet de produire des résultats dans une échéance de trois mois. Il estime également que le gouvernement conduit par le Premier ministre dispose à cet effet d’une grande marge de manœuvre.

Nous sommes sortis des constats pour maintenant jouer un rôle comme source de financement de l’économie. L’assureur est un collecteur d’épargne. Le Président a donné les moyens au gouvernement pour sortir des slogans et promouvoir l’assureur dans son rôle de contributeur de l’économie à la fois par la création d’emplois et de valeur ajoutée. 

Il faut signaler la nécessité de combler aux insuffisance du déploiement (ou de la répartition) sur le territoire national en comparaison des pays voisins comme la Tunisie où le chiffre d’affaires est de 2 milliards de dollars, le Maroc de 5 milliards de dollars par comparaison au secteur des assurances en Algérie où le chiffre d’affaires n’est que de 1,5 milliard de dollars.

Le problème se trouve au niveau de la loi qui oblige l’assureur à disposer de centaines  de milliards, ce qui place aujourd’hui le taux de rentabilité dans la zone négative.

Pourquoi ces écarts en notre défaveur ? La première est à cause historique. Après l’ouverture du secteur privé, 96% sont constitués du secteur public. La deuxième cause est l’absence de la culture «assurance».

Rappelons qu’il y a maintenant un large courant favorable aux réformes dont il faudrait faire accélérer leur  cours et leur mise en œuvre. Cela est possible car les ministres concernés  ouvrent leurs portes pour écouter le Forum, d’autant que l’assureur fonctionne comme une banque, à charge pour la BA (Banque d’Algérie) de mettre en place des garde-fou.

Il faut ouvrir tous les secteurs au privé hors de celui de la Défense qui est le seul à bénéficier du caractère « stratégique ». L’Etat joue son rôle régalien par son caractère de régulation mais pas de gérant. Le gouvernement fait œuvre d’écoute depuis l’offensive de la démarche du FCE.

Maintenant qu’il est possible de dépasser la substitution aux importations par l’investissement à l’étranger, lorsque l’investissement est très important, il sera possible de développer le concept de co-assurance en s’associant en tant qu’assureurs arabes par exemple pour assurer les investissements arabes.

Par Said Abjaoui


Des chiffres qui parlent... !

 

Hassan Khelifati, P-DG d’Alliance assurance, était, hier, l’invité du Forum de DK News et son intervention sur «L’évolution du secteur des assurances et son impact sur le développement économique».

De cela, il a été question en ces termes : «Le secteur des assurances pense que la nouvelle conjoncture économique nécessite le développement de nouveaux secteurs, l’exploration de nouvelles pistes ; d’où le rôle plus important des institutions financières que sont les compagnies d’assurances. D’abord, les assureurs connaissent très bien les épargnants, ensuite, ils ont vocation d’investisseurs, de créateurs de richesses et d’emploi. »

Libérer l’embauche

M. Khelifati assure que l’assouplissement des règles s’agissant de l’agrément de courtiers en assurances « créerait 50 000 emplois directs et 300 000 indirects. » Il précise qu’il « suffit de rappeler qu’il y a une agence  pour 30 000 habitants, alors que la norme est d’une agence pour 5 000 dans le monde. Cela aurait un avantage pour le citoyen : rapprocher les assureurs, développer la culture assurancielle et protéger les personnes et les biens. »

«Pour ouvrir une agence d’assurance, il faut un personnel formé, certes, mais surtout la nécessité de permettre aux licenciés qui le désirent de devenir des courtiers en assurances au bout d’une formation de 6 mois. On exige actuellement, le diplôme et une expérience de 5 ans dans une agence d’assurance. Au Maroc, il suffit de 48 heures pour avoir l’agrément ! »

Les résultats des compagnies

« Les assureurs algériens ont un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de dollars. C’est insuffisant, parce que des domaines d’assurances  échappent encore aux sociétés algériennes, par exemple, l’assurance obligatoire des importations auprès de compagnies algériennes.

Les exportateurs préférant s’assurer dans leur pays d’origine, ce qui fait autant de manque à gagner pour les Algériens. Sur 700 milliards de dollars d’importations, les assureurs algériens se contentent de miettes ! »

Le potentiel de l’assurance en Algérie «  peut être multiplié par 5. » Le Maroc assure pour 4 ou 5 milliards et la Tunisie de 10 millions d’habitants engrange 2 milliard de dollars

Réformes

L’une des réformes souhaitée «et le climat  actuel, inauguré par le Président de la République lors du conseil des ministres restreint du mois de décembre qui recommande l’ouverture et la souplesse dans tous les domaines, s’y prête : la loi oblige les assurances à avoir des centaines de milliards de DA en Bons de Trésor, or la rentabilité de ces ‘Bons’ est faible.»

L’orateur a tenu à préciser que les décisions du Président ont un temps limite de réalisation, soit 3 mois : durant ce laps de temps, nous essayons, de faire avancer les idées et d’ouvrir des pistes. »
«Nous devons aller plus loin dans les réformes de structure, y compris dans le secteur des assurances» plaide M. Khelifati.

 Nouveaux marchés

« Les réformes de structures, les aménagements de la réglementation, la concertation et la constitution de pôles de coassurances permettraient aux assureurs algériens de s’intéresser aux marchés extérieurs arabes et africains » selon Hassan Khelifati. Mais le marché intérieur est la priorité : «Les Algériens sont peu assurés pour plusieurs raisons, notamment d’éthique.  Le remboursement des indemnités journalières pour une victime de la route est indexé sur le Snmg, or, le salaire garanti est passé de 6 000  à 20 000 DA ! »

Le P-DG d’Alliance assure que 40 milliards de DA ont été dégagés par la couverture des dommages «qu’il y a un million d’accidents par an, 5 000 morts, 50 000 blessés ». Les nouvelles pistes relèvent de l’innovation et sont gardées secrètes par le P-DG qui annonce tout de même que des informations seront données en temps voulu, peut-être au cours de campagnes de promotion de l’assurance.

Climat favorable

Hassan Khelifati est membre du FCE et il soutient la démarche du président de cette organisation de conseil qui a été reçu par plusieurs ministres et «cela va dans le sens de la concertation et de l’ouverture voulues par le président de la République.

«  Il affirme : «J’ai confiance en le Premier ministre et son ministre des finances. Nous pouvons agir ensemble». A propos de l’ouverture au privé de secteurs entiers de l’industrie publique, il aura ce mot : «A part la Défense nationale, rien ne devrait être fermé au privé.»

Par O. Larbi


A retenir -  Pour un parc automobile de 5 millions de véhicules : 1  million d’accidents sont enregistrés par an en Algérie

 


Chaque année, près d’un million d’accidents de la circulation sont enregistré en Algérie. Comparé à la France qui dispose d’un parc automobile estimé à 40 millions de véhicules pour 60 millions d’habitants, l’Algérie qui compte près de 5 millions de voitures pour une population estimée à 38 millions d’habitants, enregistre chaque année 2 fois plus de morts et d’accidents.

«Les accidents de la route ont fait cette année près de 5 000 victimes et 50 000 blésées» a indiqué M. Khelifati.
Pour donner une idée de l’ampleur du phénomène, Alliance assurance qui détient pourtant que 4% du marché des assurances en Algérie, s’est chargé d’indemniser plus de 38 000 assureurs. 


Pour réduire les délais de traitement : Un système informatique pour la gestion des demandes d’indemnisation

Dans le cadre de l’amélioration des services et des prestations offertes à ses clients, Alliance Assurance, procédera prochainement au lancement d’un système informatique pour la gestion en ligne des demandes d’indemnisation des assureurs. «Ce nouveau procédé nous permettra de ramener les délais de traitement des dossiers à moins d’une semaine durant la première année de sa mise en service. Ce délai sera réduit à moins de trois jours après 24 mois» a indiqué M. Khelifati.   


 Il concernera les commerçants et les automobilistes: Un nouveau produit sera bientôt lancé

D’après le P-DG de la compagnie, Alliance Assurances, procédera durant le premier semestre 2015 au lancement d’un nouveau produit, unique en Algérie, dédié aux commerçants et aux automobilistes.

«L’équipe d’Alliance Assurances est en train de développer un nouveau produit qui répond aux attentes des commerçants et automobilistes. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la politique de la compagnie qui tend à se rapprocher davantage de ces assurés» a confié M. Khelifati.  
Par Rachid. R.

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