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Le président de l’Académie nationale de lutte contre la corruption, M. Zermane Khoutir, invité hier du forum de DK News - Démocratie, Etat de droit et bonne gouvernance : 3 piliers pour contrer la corruption

Publié par DK News le 21-02-2015, 18h43 | 1569
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Dans le contexte national actuel, toute rencontre d’une quelconque association autour du thème de la corruption attire fatalement les attentions de toutes les composantes de la nation.

Quant au thème en question on lui accole le concept de lutte contre la corruption, il est évident que les attentions montent en intensité et frôlent les passions. Et lorsqu’en plus on écoute l’organisme qui dit qu’il se charge de la lutte contre la corruption, ici il s’agit d’une académie, on croit passer du discours à son application.

Hier, on a parlé de la lutte contre la corruption au forum de DK News. Ce forum était ouvert à M. Zermane Khoutir, président de l’Académie nationale de la lutte contre la corruption. Il était accompagné du Dr Fourar Dalila, secrétaire générale de l’Académie et par les professeurs d’Université Ammar Talbi, et Rezagui Abdelali,

M. Zermane a tenu à annoncer qu’il s’agit de la première réunion de l’académie, donc de sa première rencontre avec la presse. De ce fait, il ne peut s’agir nullement de la présentation d’un bilan mais plutôt de la 1re rencontre avec la presse pour présenter l’académie et faire connaitre de ses attributions, ses missions qui n’ont pas encore commencé.

L’Algérie sur le plan du cadre juridique est bien fournie par la ratification par le président des conventions internationales et par les décrets présidentiels portant sur la création des instruments de mise en œuvre.

On sait maintenant que la corruption, tout comme le terrorisme, est un phénomène trans national, qui peut menacer la stabilité du pays, et constituer une menace sur la sécurité de la société. Les conventions internationales ouvrent la voie à une coopération judiciaire.

La lutte contre la corruption renforce les capacités de l’Etat et de la société civile à la lutte contre ce phénomène. Sur le plan du cadre juridique l’Algérie a adhéré à la convention des Nations unies contre la corruption ratifiée par le président par décret présidentiel n° 04-128 du 19/04/04 Convention sur la prévention et la lutte contre la corruption ratifiée par décret présidentiel 06-167du 10 /04/06
Dispositif législatif t réglementaire anticorruption loi 06-01 du 20/02/06 modifié et complété par loi 07-01du 01/03/ 07…

III Dispositif législatif et réglementaire  IV organes chargés de la prévention et de la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme
Organe national de prévention et de lutte contre la corruption.
Office central de répression de la corruption
Cellule du traitement du renseignement financier.

L’académie de la lutte contre la corruption est indépendante, et liée seulement à l’intérêt du peuple et de l’Algérie, n’est ni un organe judiciaire, et ne traite pas des cas en justice, n’est ni un organe des services de sécurité, ni dépendant de toute institution étatique.

Elle préparera progressivement les moyens pour lui permettre de mettre en place un centre d’études et de recherche stratégique en matière de lutte contre la corruption et ambitionne de former des spécialistes compte tenu que des professeurs d’universités ont exprimé leur volonté à apporter leur aide.

Il s’agira de contribuer à la création d’un environnement moral et intellectuel en faveur de la lutte contre la corruption.Il s’agira alors dans cette perspective d’identifier tous les facteurs  concourant à créer des tentations aux vocations de corrompus et de corrupteurs.Bien entendu, la presse joue en ce domaine  particulier un rôle essentiel du fait qu’elle constitue l’interface entre toutes les institutions et les populations.

Par Said Abjaoui


Des relais dans 48 wilayas, et 1 000 communes

Le président de l’ANCC est un retraité de l’ANP, fondateur de l’Institut de recherches et d’études stratégiques.

L’élan

Ses activités depuis un an, depuis ce 22 février 2014, quand fut créée l’ANCC, ont abouti à l’organisation de relais dans 48 wilayas, plus de 1000 communes, à faire connaître l’académie aux universitaires de tout le pays, à la plupart des enseignants :

« Notre action est inscrite dans le long terme, aussi la contribution des sommités algériennes dans tous les domaines est incontournable pour que nos analyses, nos enquêtes, nos propositions soient recevables par la communauté internationale, par les experts les plus « pointus » dans la connaissance du phénomène de la corruption sous toutes ses formes ( économiques, politiques, morales ) et des stratégies pour la réduire et l’éradiquer. »

La conscience

M. Zermane avait commencé » sa conférence en rappelant que le 18 février a été célébrée la «  Journée nationale du Chahid », que le 24 on se souviendra de la nationalisation des hydrocarbures par Houari Boumediene pour signifier que les premiers ont fait le sacrifice de leur vie pour la liberté de tout le peuple algérien, que le président Boumediene avait nationalisé cette richesse dans l’intérêt de tous les Algériens alors que «  le corrompu en fait peu de cas du sacrifice et du bien public, animé par l’égoïsme et l’appât du gain. »

Il trouve que la date du 22 février, anniversaire de l’ANCC est bien placée entre ces deux étapes historiques. La conscience est heurtée par l’exposition des résultats de la corruption dans le monde qui s’élèvent à 3200 millions de milliards de dollars chaque année ! Soustraits aux finances publiques de tous les pays au profit de quelques-uns.

Faisant état de l’indice de corruption dans le monde, il signale que l’Algérie est mal classée, à la 105 éme place: La corruption dans notre pays est intolérable, elle donne un sentiment de honte. » Le dégoût crispe le visage de l’orateur à cette impression.

Connaissances

Le président Zermane assure que l’Académie est connu dans le monde entier «  que des millions de citoyens lui font connaître des faits de corruption », que les bases de son action est la loi, le respect des organes existants dans la lutte contre la corruption qui sont eux-mêmes inscrits dans les organismes internationaux et les académies internationales. »

Ces deux niveaux de reconnaissance et d’actions sont inimaginables sans des contributions de très haut niveau à la lutte contre la corruption étayées par la recherche, l’analyse, les propositions et les outils pour la réduction des actes de corruption parmi lesquelles la surveillance des professions à risque, la coopération entre les services de sécurité, les banques, douanes, administrations quant au mouvement des capitaux et de leur origine

Etat de droit.

Le président de l’ANCC considère que la lutte victorieuse contre la corruption passe par la réalité de l’Etat de droit, «  c’est-à-dire la séparation du législatif, de l’exécutif et du judiciaire ; chaque pouvoir doit être effectivement autonome. Cet Etat de droit est le seul cadre qui permette l’exercice de la citoyenneté soit l’intervention dans la gestion des affaires publiques, l’exigence du contrôle des actions entreprises par les autorités notamment. »

La bonne gouvernance,la transparence

«  Ces aspects doivent être pris en compte, mais l’Etat de droit, la bonne gouvernance ne suffisent pas : la démocratie qui n’est pas seulement la liberté d’expression (à quoi sert-il de critiquer le Président ?)
Quand la seule et bonne question est : «  Que faisons-nous pour la Nation ? Pour la débarrasser du cancer qui la ronge et l’affaiblit » s’écrie l’orateur qui donne l’impression de vouloir tout dire mais qu’il n’en a pas le temps …

Le temps presse

L’orateur décline les 30 propositions de l’Académie, qui sont toutes comparables à celles des organisations similaires se confondent avec les objectifs des organismes créés par l’Exécutif, à savoir, l’Organe de lutte contre la corruption et le Centre de traitement du renseignement financier dépendant de la Présidence de la République..

Ces derniers sont inscrits dans le temps court, tandis que l’Académie est dans le temps long. Toutes les informations à ce sujet sont disponibles sur Internet.
Entouré du recteur de l’Université Emir Abdelkader, Amar Talbi,  Abdelâali  Ghezali, professeur d’université et la docteure et parlementaire Dalila Fourar, M. Zermane a intéressé au plus haut point les médias invités.

Par O.Larbi


Une présence dans toutes les wilayas

Actuellement en phase de structuration, l’Académie nationale de lutte contre la corruption se déploiera dans les prochains mois au niveau des 48 wilayas. Une fois cette première phase terminée, l’Académie se tournera vers la mobilisation, la sensibilisation et la formation des citoyens à la lutte contre la corruption.

Dans ce cadre, un séminaire national qui portera sur le phénomène et les moyens de lutte et d’action, sera organisé par l’Académie probablement avant le début du mois de Ramadhan, a souligné M. Zermane.    


Il regroupe plus de 500 chercheurs  :Le Centre national de recherche et d’études stratégiques bientôt opérationnel


Le centre national de recherche et d’études stratégiques de l’Ancc qui regroupe près de 500 scientifiques et intellectuels de divers horizons, sera bientôt opérationnel, a indiqué le président de l’Académie M. Zermane Khoutir.

L’objectif de cette instance à caractère scientifique est d’analyser les données en rapport avec les différentes formes de corruption mais aussi proposer des solutions.


Indice de perception de la corruption : L’Algérie à la 105e place !

Dans son dernier rapport sur l’indice de corruption, l’ONG Transparancy international, a classé l’Algérie à la 105e  sur 175 pays, avec une note de 2,9/10. Les trois premières places reviennent au Danemark, à la Nouvelle-Zélande et à Singapour.    
Par Rachid R.

 

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