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Le Pr Rayan Tahar invités, hier du forum de dk news - Greffe du rein : «Le succès du don d’organes ? Un fait quotidien»

Publié par Dknews le 10-03-2015, 19h16 | 99
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A l’occasion de la Journée mondiale de la greffe du rein, le Pr Rayan Tahar, chef de service néphrologie au CHU de Hussein Dey et chef de projet de l’Institut national du rein, le Pr Benabadji Mohamed, chef de service néphrologie au CHU de Beni Messous, étaient les invités du Forum de DK News, pour une conférence-débat sur «La transplantation rénale en Algérie, bilan et perspectives».

La table ronde a permis aux journalistes d’en apprendre plus sur la société, sur l’approche éthique des professeurs, leur sens de responsabilité et du dévouement, leur inlassable exigence du meilleur service aux malades et partant à la collectivité nationale puisqu’il a été aussi question du coût économique des greffes rénales.

Formés durant les années de l’utopie sociale qui a suivi l’indépendance, ils ont gardé le sens de la générosité, du don, de l’excellence professionnelle au service de la population. Ils ont la fibre « santé publique» n’imaginant pas travailler pour gagner de l’argent, «le malade est un être qui souffre, ce n’est pas un client» dira le professeur Rayan.

A ce propos, c’est le service de l’hôpital d’Hussein Dey qui prend en charge certains frais dont les malades ne peuvent pas s’acquitter pour leur pré bilan opératoire.

1000 greffes en 2015

Le professeur Rayan rapporte qu’au début de l’année, une rencontre avec «  le ministre de la Santé avait établi les prévisions de greffes rénales pour l’année 2015. Chaque centre de greffe du territoire national a indiqué ses objectifs : Hussein Dey, 35 et Beni Messous, 150 ».

Malheureusement, «le liquide qui doit conserver les organes avant l’opération n’était pas disponible ! Conditionné sous verre alors que la présentation habituelle, la plus pratique, est d’être contenue dans des poches en plastique. Cela nous fait 3 mois de retard ! »

Le professeur Benabadji intervient pour souligner que « la réalisation de greffes rénales dans notre pays est une activité de routine. La preuve ? Ce sont les greffés qui retrouvent une vie normale, qui se marient et ont des enfants. La réinsertion sociale est une richesse plus grande que le handicap permanent ou la mort. »

Le professeur Benabadji est toujours tonitruant quand il s’agit de convaincre les donneurs pour sauver un parent qui nécessite une greffe rénale : «Tout doit être fait pour rétablir la confiance dans le système de santé ! » De plus, une enquête aurait prouvé que les donneurs de rein vivent plus longtemps. Le professeur Rayan modère en ajoutant que «sont donneurs les personnes en bonne santé. »

Précision nécessaire : le greffé n’est pas guéri, « il doit prendre des médicaments tout au long de la vie».

Equiper, améliorer

Le professeur Rayan abonde dans le même sens, tout en ajoutant : «  En réunion de l’équipe de greffe du service du CHU d’Hussein Dey, les demandes ont fusé. Le labo demande des moyens pour s’équiper ; la radio demande des films pour ses examens, etc. » « Il faut budgétiser les programmes annuels de greffes » insiste-t-il. 

Des chiffres édifiants

Son alter ego, le professeur Benabadji assène : « les dialyses reviennent, coûtent 30 milliards de dinars chaque année, les greffes de 1000 insuffisants rénaux seulement 2 milliards cinq cents millions. »

L’amélioration qui s’impose est le fonctionnement des services hospitaliers : « L’hôpital ‘ferme’ aux horaires administratifs ! Pour une greffe du rein à partir d’un donneur en mort encéphalique, il faudrait téléphoner, demander un service- qu’on rendra au double – pour prélever les organes du mort, en conserver certains et utiliser les autres pour des greffes d’organes (rein, foie, pancréas, cœur, poumons).

C’est ainsi que des morts encéphaliques survenues à l’hôpital sont perdues pour les greffes d’organes. Il faut revoir complétement le fonctionnement de l’hôpital ! »

L’exigence

Les deux professeurs s’insurgent contre le fait que des formations soient offertes en Argentine pour des techniques en cours sur le territoire national : «  Oui à la formation aux techniques nouvelles, pas pour ce que l’on sait faire déjà. »

M. Benabadji s’étonne que des Algériens soient obligés de se rendre en Jordanie pour des opérations, que l’on propose un tourisme médical en Turquie… C’est un fait que de nombreux médias se focalisent plus sur les failles du système, non pour les dépasser, mais pour démoraliser la population et l’éloigner des structures de soins qui comptent néanmoins sur des médecins de valeur qui méritent la confiance et le respect.

L’exigence est d’élever le niveau d’organisation des structures publiques de santé, de doter les services en moyens techniques et de laboratoires, de diagnostic suffisants, de faire en sorte que la chaîne de soins soit la plus performante possible, aux  standards internationaux, sur tout le territoire.
C’est à ce prix, inestimable, que la confiance reviendra et que les greffes se pratiqueront dans la routine la plus normale.

O. Larbi


Donnez un rein vous vivrez plus longtemps

Attention,  au début cela ne semble pas sérieux, ça ne peut être admissible. Ce n’est pas une blague. C’est un scoop : « Donnez un rein et vous vivrez plus longtemps». Voilà que les gens qui jusque-là sont réticents à donner un rein sont incités à vouloir vivre plus longtemps.

Qui ne veut pas vivre plus longtemps? L’information provient de celui qui est habilité à parler du rein et de tout ce qui tourne autour de celui-ci. Il s’agit du Pr Mohamed Benabadji, chef de service de néphrologie au CHU de  Béni Messous, invité hier du forum de DK News.

Etait également invité au Forum le Pr Rayan Tahar, chef de service de néphrologie au CHU Hussein Dey, et  chef de projet de l’Institut national du rein. Les deux professeurs étaient invités à animer une conférence débat sur le thème de «La transplantation rénale en Algérie.

Bilan et perspectives» et ce, à l’occasion de la Journée mondiale du rein. Ces derniers temps, on a beaucoup parlé du rein.

Et ce n’est jamais assez car  les techniques des greffes de rein sont parfaitement maîtrisées alors que les dons d’organes accusent un retard immense du fait que n’est pour le moment pas instaurée une culture de dons d’organes.

Il y a de plus en plus de demandes de transplantation de reins et de moins en moins de donneurs. Or, sans donneur pas de transplantation. Et pourtant, l’Algérie était partie pour être la première et la plus grande en matière de transplantation d’organes.

C’était le premier pays musulman qui a bénéficié d’une fetwa pour la transplantation d’organes. Cette fetwa a été signée par cheikh Hamani, président du Conseil des oulémas  en 1985 et la première transplantation rénale a été pratiquée au CHU Mustapha Pacha.

Le plus important d’abord est de savoir s’il est possible de faire dans la prévention pour diminuer les coûts engagés dans la prise en charge du malade. C’est une maladie silencieuse. Elle ne présente pas des symptômes clairs, visibles et spécifiques.

Leur dépistage se fait malheuseument à un stade tardif où son traitement doit être prodigué en urgence selon deux options, à savoir la dyalise ou la greffe qui sont toutes deux lourdes.

Peut-on s’en passer? Certainement que non. Ils éliminent de notre sang les déchets provenant de la destruction des cellules et de la digestion des aliments. Nombre de maladies peuvent altérer leur fonctionnement. 

 L'hypertension et le diabète sont ainsi les principaux ennemis de cet organe.

Mais même en bonne santé, certains conseils simples vous permettront de préserver la bonne santé de vos reins. Ce sont le plus souvent des conseils d'hygiène de vie qui contribueront également à prévenir les maladies cardiovasculaires et métaboliques :

•    Boire la quantité d'eau adaptée à vos besoins (au moins un litre par jour), répartie sur la journée afin de faciliter le travail des reins.
•    Alimentation équilibrée afin d'éviter l’obésité.
•    Le tabac favorise l'apparition des maladies cardiovasculaires.
•    Pratiquer une activité physique régulière. 

Saïd Abjaoui

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