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Le président de l'Union nationale des paysans algériens, M. Mohammed Alioui, invité du forum de DK News : Echec à la spéculation, un marché apaisé

Publié par Saïd Abjaoui le 23-06-2015, 17h42 | 364
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 Le SG de l'UNPA dit que pour cette année, la mercuriale est apaisée. Partout ailleurs qu'à Alger, les prix se sont mis à portée des petites et moyennes bourses, si on compare à l'année passée, au même stade du Ramadhan. Les prix affichés des produits alimentaires ne sont pas tellement révoltants.

Les prix sont vraiment abordables et les fruits et légumes sont disponibles et une part de cette disponibilité est dûe à la création de plus de 500 marchés de proximité.
Les prix des tomates par exemple évoluent dans une fourchette de 30 à 50 dinars. La pomme de terre s'achète à 50 ou 60 dinars.    

Il estime également qu'il est scandaleux que le kg de foie se vende à 3000 DA alors qu'il y a 6 millions d'ovins en Algérie..On se rappelle qu'il y a trois années de cela, le marché était révoltant, tellement révoltant qu'interpelé sur les envolées des prix, le président de l'Union nationale des agriculteurs algériens, Mohamed Aloui en l'occurrence, n'est pas allé de mainmorte, lors d'une intervention télévisée : les ministres du Commerce et de l'Agriculture doivent assumer la totale responsabilité de ce déséquilibre qui ne cesse de miner le marché national».

Autant dire qu'il assume ses convictions quand il faut le faire. Ce sont ces deux départements qui possèdent les prérogatives de contrôle, de sensibilisation et de mise à la disposition des agriculteurs des moyens nécessaires pour produire davantage et, du coup, mettre en échec la spéculation en cours.

Il estime que pour ce qui concerne le lait, c'est pratiquement un scandale qu'on continue à importer la poudre de lait alors que l'Etat fournit une aide de 60.000 DA par vache. Le prix du quintal de semence de la patate ne doit pas dépasser la capacité des agriculteurs à investir dans la filière».

Pourquoi ne pas créer des espaces où les agriculteurs pourront exposer leurs récoltes et vendre directement celles-ci aux consommateurs  pour freiner la manipulation des prix des produits agricoles. Mohamed Aloui a souligné que la facture alimentaire de l'Algérie est très lourde.

Trop lourde même.Selon lui, plus de quatre milliards de dollars sont débloqués, chaque année, pour l'importation des céréales, ajoutant que la promotion et le soutien à l'agriculture dans les Hauts-Plateaux et le Sud contribueront à garantir la sécurité alimentaire et aideront à mettre un terme à notre dépendance de l'étranger.

«L'agriculture est l'avenir de l'Algérie». Il faut produire ce que l'on mange, et ne pas attendre, comme durant la décennie tragique, que les bateaux accostent au port.Concernant les prix, il souhaite que l'Etat en fixe le plafonnement. Sur le plan de la saisie des données de l'agriculture, des études à mener, des décisions à prendre, des politiques d'orientation, de la mise en œuvre , M.Aloui souhaite la création d'un haut conseil de l'agriculture.

Au regard de l'exemple du marché de gros d'el karma qui cause le gaspillage de 10 tonnes de fruits et légumes par jour et qui vont à la poubelle, Mr Aloui est d'accord avec l'idée émise par le directeur de l'Epic à savoir qu'il faudrait durant le Ramadhan accorder l'accès gratuit aux particuliers pour faire leur marché.

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Production céréalière 35 millions de quintaux attendus

Une production de 30 à 35 millions de quintaux de céréales, toute variété confondue (blé, orge, maïs, etc.), est attendu pour  à la faveur de la campagne agricole 2015-2016, a indiqué M. Alioui. La production est abondante même si une période de sécheresse a été observée durant les mois de mars et avril. A l’heure actuelle, 5 millions de quintaux de céréales ont été récoltés.

Les produits sont disponibles et à des prix basDes marchés spécifiques du producteurau consommateur

A l’occasion du mois sacré du Ramadhan, le ministère de l’Agriculture en collaboration avec le ministère du Commerce, a procédé à l’organisation de marchés dit «spécifiques» à travers l’ensemble du territoire national pour assurer l’approvisionnement des citoyens en produits maraichers «frais» directement des producteurs. «La participation en masse des agriculteurs a permis de stabiliser le marché.

  L’offre est abondante et les produits proposés sont de qualité. A titre d’exemple, la pomme de terre et les tomates sont vendues entre 25 et 30 DA, pratiquement sur  l’ensemble des marchés de détails.
Les agriculteurs ont répondu présent à l’appel de la tutelle, a présent c’est au tour du gouvernement de participer en accordant des subventions supplémentaires aux fellahs pour leur permettre d’augmenter leur production et assurer ainsi l’approvisionnement des marchés à longueur d’année», a souligné M. Alioui.   

Certaines ont plus de 20 ans36 000 affairesde fonciers agricoles devant la justice

Près de 36 000 affaires concernant le changement de vocation de terres agricoles, dont certaines ont plus de 20 ans, sont en attente de traitement au niveau des tribunaux, a indiqué le président de l’Union nationale des paysans algériens Mohamed Alioui.

A Boumerdès, il aura fallu l’intervention du président de la République pour récupérer 1200 hectares de terre irrigués, détournée pour accueillir des projets immobiliers et industriels. En tout, près de 2000 hectares de terres agricoles ont été récupérés cette année à travers les wilayas d’Alger, Boumerdès, Annaba et Oran.
R.R.

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l « Installer d’urgence le Conseil national de l’agriculture après publication des décrets d’applications »

O. Larbi
 Le secrétaire général de l’UNPA en a fait une organisation qui a son mot à dire dans tous les organismes internationaux (UMA, UA, FAO, Ligue arabe, etc.) Il y défend avec opiniâtreté les intérêts des fellahs algériens, force économique agissante de réalisation du programme présidentiel de sécurité alimentaire qui correspond en tous points à ses attentes.

Mohamed Alioui a des formules sans détour « la sécurité est avant tout alimentaire» « la paysannerie algérienne supporte stoïquement les épreuves de l’Histoire, des changements et des bouleversements externes et internes. Pendant la décennie noire, elle a subi les pires exactions, supporté de produire dans les pires conditions d’insécurité, mais elle a tenu».

C’est un homme d’une modestie qui confine à l’effacement, mais dès qu’il s’agit de la condition des fellahs et des éleveurs, de la terre nourricière, du patriotisme algérien fondamentalement paysan, la voix se fait dure et tranchante face aux ignorances.
     
L’agriculture en 2015    
« Près de la moitié de la production nationale de céréales sera perdue cette année en raison de la sécheresse, avait affirmé Mohamed Alioui  en mai. Hier, au Forum de DK News, il a confirmé que les moissons se chiffreront à 3,5 millions de quintaux de céréales.

Mohamed Alioui : «L’année agricole dépend des mois de mars et d’avril et celle en cours a connu une sécheresse qui n’a pas permis de récolter la totalité du blé dur, du blé tendre, de l’orge et même du foin »Mohamed Alioui, connu pour son franc-parler a déjà stigmatisé les errements qui caractérisent certains faits :

Sur le territoire de la « wilaya de Boumerdès, 1200 hectares de terres irriguées ont été détournés par les promotions immobilières »Et, entre autres dysfonctionnements « les fellahs, attributaires de terres de "gré à gré" dans le cadre des contrats de performance, se considèrent aujourd'hui comme des fellahs à titre privé et agissent comme tels... » Ou encore «certains fellahs préfèrent cultiver des pastèques et des melons, car plus lucratifs, que de s'adonner aux cultures agricoles de première nécessité..

 «95% des éleveurs de vaches laitières ne possèdent pas de terres et ceux qui en ont, ne s'en occupent pas. »Il a signalé «  des importations de vaches laitières qui sont livrées à l'abattage deux à trois mois à peine après leur arrivée en Algérie ».

Ces dysfonctionnements sont  des coups portés aux producteurs : «  il faut savoir que depuis 1987, 36000 affaires de justice  sont en suspens à cause de détournements de terres agricoles sans que les plaignants voient le début d’une solution ! », s’indigne –t-il.

 S’agissant de la filière ovine il constate que « 1,5 million de quintaux de laine n'a pas trouvé preneurs dans les wilayas d'El-Bayad, Naâma, Djelfa, Laghouat, M'sila et Tébessa.
Il informe que le cheptel ovin est de  22 millions  de tête «malgré cela le kilo de viande de mouton atteint des pics incroyables ».

Prix plafond
M. Alioui a estimé que le fellah est sanctionné doublement car soumis également à des taxes devenues obligatoires depuis 2010. « Où était l’administration dans les années 1990 quand l’agriculteur se débattait dans les difficultés imposées par la conjoncture de l’époque ? », s’est-il interrogé.

Pourquoi «  établir une rétroaction pour une loi de 2010 ? Savez-vous que des fellahs ont des dettes de plus de 500 millions ? Pourquoi les dettes sont effacées pour certains et pas pour d’autres ? Pour quelles raisons la décision du président de la République est interprétée de cette façon ?».

Le SG de l’UNPA  mettait l’accent sur « la mainmise » d’affairistes sur le secteur agricole et leur accaparement des terres par la formule du gré à gré, du stockage frigorifique ainsi que la désorganisation du marché. « Ces affairistes gagnent trois fois plus qu’un véritable fellah », selon lui.

 Sur la question des prix,  libérer ceux des produits agricoles a une incidence directe « au détriment de l’agriculteur et du consommateur. » Il demande aux autorités de décider d’un prix plafond pour  assurer les revenus des agriculteurs et le pouvoir d’achat des consommateurs.

Cultures maraîchères
Il y a actuellement un phénomène de surproduction (pomme de terre : excédent de 500 000 tonnes,  et tomate, excédent de 100 000 t) alors que les autres légumes tels que le poivron, l’aubergine et le concombre, le haricot vert sont abondants.

La cause de cette surabondance est la précocité des chaleurs des mois d’avril et mai.
La surproduction pose la question des prix de vente aux propriétaires de chaînes du froid et aux transformateurs industriels.

Circulaire et instructions
Qui a été sensible au phénomène de distraction de terres à vocation agricole ? Le ministère de l’agriculture et du développement rural ou l’UNPA ?
En tout cas, il existe une circulaire du MADR datée du 3 septembre 2014 adressée aux walis, à la Chambre nationale de l’agriculture, aux directeurs de l’ONTA (office national des terres agricoles) et aux conservateurs des forêts des wilayas, dont l’objet est :
Préservation des terres agricoles.

Extraits : «Les bilans établis des opérations de déclassement des terres agricoles, révèlent, d’une manière claire, une consommation effrénée et sans précédent des terres agricoles à des fins d’urbanisation et d’industrialisation et ce, au mépris des dispositions législatives et réglementaires en la matière… »

«Il n’est pas exclu que si cette tendance venait à être maintenue, la situation risquerait inévitablement de porter préjudice aux efforts déployés par notre pays dans le domaine de la sécurité alimentaire durable notamment au regard de la faiblesse de la SAU (surface agricole utile) qui ne représente, faut-il le rappeler, que 3,8% de la superficie totale du pays et dont seulement 1,8 est irriguée. »

La circulaire rappelle ensuite les «  récentes directives » du président de la République et demande aux destinataires «  de prendre toutes les dispositions nécessaires, y compris le recours aux juridictions compétentes pour mettre un frein à cette situation qui nuit fortement à la politique économique du pays. »

«  A ce titre vous n’êtes pas sans ignorer (sic) que les pouvoirs publics accordent une importance particulière au secteur de l’agriculture, considérée comme étant un secteur stratégique qui doit assurer la sécurité alimentaire du pays. »

La circulaire alerte sur les dangers que vivent déjà les agriculteurs, dont les alarmes semblent n’avoir pas été entendues même lorsque c’est le secrétaire général d’une organisation nationale dont les adhérents ont payé le prix fort pour l’indépendance et le droit de vivre libres en république : les paysans.

Depuis quelque temps près de 2000 hectares ont été récupérés et rendus à leur vocation première n, à savoir assurer la demande intérieure algérienne. Mohamed Alioui est scandalisé que le lait en poudre ait encore une position de monopole alors que les vaches laitières sont achetées au prix fort, que les producteurs de lait ont une prime de 60 000 DA par vache.

L’emploi
Le secteur manque de bras, subit les aléas climatiques, mobilise d’énormes moyens financiers sans assurer une véritable indépendance alimentaire comme le montrent les achats annuels de plus ou moins 4 millions de tonnes de blé dur (l’Algérie a importé 4,85 millions de tonnes  de janvier à avril 2015, selon les statistiques du CNIS, contre 3, 84 millions pour la même période en 2014).
Les achats d’autres céréales (orge, maïs, blé tendre) ont atteint 3, 54 milliards de dollars en 2014 en hausse de 12% par rapport à 2013.

Si l’on   aux orientations du programme du président de la république, l’agriculture est un secteur stratégique qui réunit pour sa réalisation, l’UNPA et le MADR, ceci en préservant les moyens de production du secteur, soit la terre et la force de travail représentée par près d’un million de producteurs directs et indirects.«  Mais la solution des problèmes passent par un bond technologique qui fera venir les jeunes dans le travail de la terre et des activités annexes », pense Mohamed Alioui.

Tripartite de l’agriculture ou Conseil national de l’Agriculture ?
Les tripartites du secteur industriel ont mis entre les mains des partenaires sociaux des instruments pour dynamiser les actions et attirer l’attention sur les retards et les dysfonctionnements.
La paysannerie a besoin d’être mobilisée en tant que force de transformation du monde rural bénéficiant des expertises administratives et des institutions techniques algériennes, des travaux de recherche, de l’innovation des chercheurs et de la coopération internationale.

Mohamed Alioui est catégorique : «  Pas de bipartite, ni de tripartite ; nous avons à mettre en place le Conseil national de l’agriculture : il rassemble tous les ministères, administrions, offices, associations de producteurs, chambre de l’agriculture et experts. L’UNPA en est partie prenante et jouera son rôle dans le cadre de la politique de sécurité alimentaire qui est un engagement patriotique. »

Import-export
Quand l’Algérie était en difficulté, seule la Syrie a offert des semences pour assurer la saison agricole, le monde entier attendant son effondrement.Les semences sont un problème récurrent et M. Alioui se révolte contre l’achat de semences qui sont infertiles comme la Thomson d’Espagne ou le raison de table  des vignes plantées à Temouchent qui donnent deux baies par grappe !

Des pesticides qui détruisent le capital agraire, il y en a eu : Mohamed Alioui souhaite donc que d’urgence le Conseil national de l’agriculture soit installé dans les règles «  afin de défendre la terre et les fellahs, assurer la sécurité alimentaire du peuple. » La souveraineté de l’Algérie en sera renforcée.

 

 

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