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Me Farouk Ksentini, président de la CNCPPDH, et Me Azzi Merouane, expert dans la lutte contre le terrorisme et ex-président de la cellule d'application des dispositions de la charte, invités du forum de DK News : Grande avancé des droits de l’Homme

Publié par Said Abjaoui, O. Larbi, Rachedi R. le 07-11-2015, 15h48 | 89
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Accorder la plus haute attention à la vérité qui sort de l'urne est à la fois le signe d'approfondissement de la démocratie et celui de la promotion de l'Etat de droit. Ces deux concepts ne sauraient exister  l'un sans l'autre. La volonté d'y parvenir est celle du Président qui a décidé de constitutionnaliser l'instance indépendante de surveillance des élections.

C'est une grande décision portée par une grande volonté politique du Président. Farouk Ksentini, président de la CNCPPDIH, exprime ainsi sa profonde conviction que la démocratie avec tout ce qui en découle, deviendra une réalité en Algérie. M. Ksentini était hier l'invité du forum de DK NEWS accompagné par Me Azzi Merouane, expert dans la lutte contre le terrorisme et ex-président de la cellule d'application des dispositions de la charte.

Dorénavant, plus personne ne pourra parler de déficit démocratique ou remettre en cause la légitimité des élus. Un autre atout  majeur est le retour et la consolidation de la confiance en les institutions. Il est vrai qu'il s'agit d'une ancienne revendication de l'opposition à laquelle le Président donne satisfaction. Plus encore qu'une satisfaction, le Président a décidé d'aller plus loin encore, en en faisant une disposition constitutionnelle. Une instance constitutionnelle est une garantie de l'indépendance de cette instance qui bénéficiera ainsi d'une légitimité qui mettra toutes les élections à l'abri des doutes.  Le Président léguera aux futures générations une Constitution « apaisante ».   Pourquoi réviser la Constitution ? Tout simplement pour qu'elle intègre les mutations socioéconomiques de la classe politique et de la société pour qu'elle fournisse des solutions qui soient fondées sur la réalité.  Ksentini et Azzi se félicitent de la constitutionnalisation de la réconciliation nationale pour des raisons identiques. Ainsi, la démocratisation et la réconciliation deviennent deux obligations à respecter pour des décennies, démocratie et réconciliation devenant deux atouts. N'est-ce pas que le chemin vers une Algérie apaisée est déjà tracé et qu'il inspirera les générations futures ? M. Ksentini complète ses interventions en expliquant la grande avancée que connaissent les droits de l'homme par la révision de certaines dispositions du code pénal, dont l'introduction de la caméra de surveillance dans les locaux où s'effectue la garde en vue.

Said Abjaoui


Révision de la constitution : La démocratie consolidée

Me Farouk Ksentini a animé une conférence-débat au siège de DK news portant sur : « la mise en place d’une instance indépendante de surveillance des élections ainsi que sur les dernières propositions annoncées par le président de la République dans son message à l’occasion de la fête du 1er novembre »

 

La démocratie, les libertés, les élections et la place de l’opposition ont été passées au crible:

Farouk Ksentini en costume de président de la commission nationale consultative de protection et de promotion des droits de l’homme a pu réaffirmer des principes comme : la démocratie, c’est que chacun puisse défendre ses positions …Les associations étrangères qui critiquent l’Algérie sur la question des droits de l’homme ne sont pas mieux placées que le algériens pour dire que ces droits sont pleinement respectés ; ils le sont largement et la situation est en progrès. »

 

Demande d’audience

Des personnalités éminentes de la société civile et politique ont demandé à être reçues par le président de la République : «Leur demande est recevable, comme l’est toute démarche semblable de la part de tout citoyen algérien. Vous me dites que leur démarche est justifiée par le fait que l’Algérie soit en danger. Ils ont le droit de donner leur avis. »

 

Constitution consensuelle par référendum ?

Farouk Ksentini : «Ce n’est pas facile. C’est processus long, il faut prendre les avis les plus divers ; tout analyser. Vouloir une constitution consensuelle, c’est très important, c’est du travail. Pour ma part, j’opterai pour un référendum : l’adoption populaire est garante de l’adhésion aux dispositions dont je sais que tous les articles ont été revus. » Maitre Ksentini n’exclut pas d’autres approches, comme l’adoption pat le parlement.

 

Démocratie pérenne

«Cela ne s’improvise pas. La demande est d’une évolution approfondie, apaisée. Nous avons vécu un début de démocratie. Elle est en train de s’étendre, de s’approfondir. La gestation pour aboutir à une démocratie pérenne est une longue histoire dans tous les pays. Les Algériens sont pour une application correcte des dispositions de la loi, pas dévoyée comme on peut le craindre. Mais je ne condamne pas par avance, ce sera à l’épreuve du terrain. »

 

Peine de mort

Interpellé sur l’application de la peine de mort pour les criminels coupables de rapts d’enfants, Maître Ksentini a rappelé que l’Algérie est signataire d’une convention internationale qui interdit la peine de mort, «des pays ont suspendu leur adhésion pour une période déterminée. On peut faire de même, sous le coup de l’émotion, au vu de la quantité de rapts depuis 6 mois… Pour ma part, je suis pour une détention à perpétuité sans libération anticipée. »

 

L’opposition

En réponse à un intervenant qui avait estimé que la situation actuelle ressemblait à celle de 1988, Farouk Ksentini a eu, d’abord, cette réaction : «Les mêmes causes produisent les mêmes effets ! » Il a convenu que la démocratie implique la liberté mais aussi la responsabilité : «Nous sommes tous responsables. »

La constitution doit renforcer, selon lui, les outils de la souveraineté nationale, notamment, en consacrant l’indépendance de la justice. »

 

Front national

Merouane Azzi a développé des arguments pour étayer sa conviction que l’Algérie est la « cible de plusieurs parties : la baisse des prix des hydrocarbures est une agression économique, le détournement de l’ANP de son effort de modernisation en la confiant dans des opérations de surveillance des frontières, les atteintes à la santé de la jeunesse par la consommation de drogues livrées par des trafiquants, les actions pour accroître le fossé entre citoyens et institutions de l’Etat sont autant d’actes d’hostilités que seul un front national interne peut mettre en échec. »

 

Officialisation de tamazight

Maître Ksentini a dit qu’il était pour que tamazight soit langue nationale et officielle. Il a, d’autre part, insisté sur le fait que la question des disparus est définitivement réglée « de l’avis même des familles, à l’exception de 3. Elles ont décidé de pardonner tenant compte de la situation qui a prévalu lors des événements qui ont endeuillé l’Algérie. »

Le fil d’Ariane de cette conférence est que la constitution sera publiée très bientôt, qu’elle tient compte de toutes les contributions des personnalités partisanes et de la société civile. : Elle enracinera la démocratie pour des décennies » conclut Farouk Ksentini.

O. Larbi


Référendum sur la nouvelle constitution : «Il faut laisser le peuple choisir»

Le président de la CNCPPDH a indiqué hier que la nouvelle constitution devrait être soumise à un référendum populaire. «Le principe même de la démocratie veut que toute constitution ait l’approbation populaire. On peut choisir une autre formule mais il est préférable de soumettre cette nouvelle constitution à un référendum populaire» a déclaré Me Ksentini. «Il est vrais que le parlement représente le peuple, mais il est souhaitable de donner la parole directement au peuple comme cela a été fait lors de l’adoption de la charte pour la paix et la réconciliation nationale» a-t-il ajouté.

 

56 enfants enlevés en 6 mois : Faut-il rétablir la peine de mort

Le président de la CNCPPDH a révélé que pas moins de 56 enfants ont fait l’objet de kidnappings durant les 6 premiers mois de l’année en cours. Pour apaiser la population et dissuader les kidnappeurs, Me Ksentini, a suggéré de suspendre pour un temps, la convention ratifiée par l’Algérie relatif à l’abolition de la peine de mort, ou bien de condamner les auteurs de ces actes ignobles à la réclusion a perpétué sans possibilité de remise de peine ce qui est en soi une sentence extrêmement sévère.

 

Plusieurs personnalités ont demandé audience au président : «C’est la consécration d'une démocratie effective»

Les personnalités nationales qui ont sollicité une audience auprès du président de la République ont tout à fait le droit d’exprimer ce vœu mais à une condition, la demande doit se faire respectueusement à l’égard de la personne du président de la République et à l’égard des institutions de l’Etat, a indiqué Me Ksentini. «Ces personnalités respectables dont certaines sont des figures emblématiques de la scène politique doivent par ailleurs comprendre que le président n’est pas tenu de répondre favorablement à leur requête dans les 24 heures. Cela peut prendre un peu de temps» a-til souligné.

 

R.R

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