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Journée mondiale de la lutte contre le cancer : 18 milliards de DA pour le PNAC en Algérie

Publié par Said Abjaoui, Rachid Rachedi le 03-02-2016, 20h30 | 83
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Il y a une année de cela, c'était la panique. Dans chaque coin du pays, on disait que les malades du cancer étaient inéluctablement condamnés à mort.

Condamnés à mort ? Oui, condamnés à mort. Pourquoi une telle vision pessimiste ? Pourquoi la presse s'était-elle mobilisée pour relayer cette panique et en rajouter une dose supplémentaire ? Tout simplement parce que les malades opérés du cancer n'arrivaient pas à accéder à la chimiothérapie.

Tout simplement parce que les malades opérés du cancer n'arrivaient pas à accéder à la radiothérapie. Ni la chimiothérapie, ni la radiothérapie. Parfois, souvent même, les délais pour les rendez-vous étaient de plusieurs mois, d'une année même. Les malades mourraient avant l'arrivée de l'échéance des rendez- vous. C'était la vérité selon les membres des familles des malades. Les associations des familles de malades  multipliaient les appels pour exercer une pression sur les autorités. Elles exigeaient même de faire des miracles. C'est que les enjeux étaient trop importants puisque ils concernaient la vie et la mort des malades. Pas moins.

C'était il y a une année nous le faisait remarquer  hier le professeur Smaïl Mesbah, directeur général de la prévention au ministère de la Santé. Le professeur était l'invité du forum de DK News  à l'occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le cancer. Il est vrai que c'était hier et que ça ne l'est plus. Il n'y a plus de plaintes aujourd'hui. La confiance est revenue.  Elle est revenue grâce aux divers acteurs entrant dans le partenariat autour de la création des conditions devant rendre possible l'inversion de la courbe d'évolution du nombre de décès. Cette inversion est le résultat d'une convergence entre plusieurs acteurs.

D'abord et en premier lieu, la presse a admirablement lancé les alertes. Elle a joué son rôle en servant de réservoir d'informations décrivant une réalité nationale en relevant l'ensemble des cas locaux existants. Elle a également joué son rôle dans la communication apportée aux populations par la présentation du Plan national de lutte contre le cancer. Son rôle a été important dans les espoirs  donnés aux malades en les informant de la mise en œuvre des principales mesures contenues dans le programme d'action du plan élaboré et rédigé sous la présidence active du professeur Zitouni chargé par le président de la République de l'élaboration et du suivi de la mise en œuvre de ce plan.

Le professeur Smaïl Mesbah a beaucoup insisté sur cette notion de partenariat qui met au centre de l'action collective le partage de l'information. Les autorités se sont mises en position d'écoute. Le PNAC (Plan national anti- cancer) est à l'abri des aléas financiers. L'enveloppe engagée est de 18 milliards de dinars pour couvrir tous les investissements requis par ce plan. L'écoute des patients est importante car il s'agit de témoignages vivants. L'écoute sert à comprendre pour  agir, pour mieux agir. Action et interaction. Enfin, il faut savoir que partout dans le monde le nombre de cancéreux augmente. Chaque année, on enregistre 14 millions de nouveaux cas de cancer dans le monde. On enregistre également 8 millions  de décès par an, ce qui en fait la première cause de mortalité. Il s'agit donc d'un problème de santé dans le monde, même de société.

Nos modes de vie ont changé. C'est un défi à relever pour gagner les enjeux de santé. En 2005, il y avait en Algérie 94cas pour 100 000 habitants. En 2014, il y avait 120 cas pour 100 000 habitants. Aujourd'hui, nous avons un plan et des moyens. Un plan 2014-2019. Il y a surtout une grande volonté politique. Nous avons des acteurs engagés. Nous avons des ressources humaines et nous avons surtout des moyens financiers engagés.

 Nous disposons aujourd’hui pour la chimiothérapie de 2000 lits. Nous développons une offre de soins avec une disponibilité des médicaments et des délais en chimiothérapie et radiothérapie de moins d'un mois. Le traitement ne se résume pas à la seule chimio. Il est accompagné par des anti-douleurs.

En prévention, il faut agir, promouvoir une alimentation saine, et promouvoir également l'éducation physique. Important, il faut livrer la guerre au tabagisme, marcher au moins une demi-heure par jour, il ne faut absolument pas faiblir mais aussi abandonner la chema et la chicha.

Concernant le virus Zika, Le professeur Smaïl Mesbah répond aux inquiétudes de la presse qu'il n'y a pas de cas en Algérie. Mais, a-t-il dit, l'Algérie est prête lutter contre un tel virus. Un plan de lutte contre le virus est disponible.   Nous disposons d'une cellule de veille et on n'attend pas les alertes. Le virus Zika est un virus transmis par les moustiques dits tigres non présents en Algérie.

Cependant, si un voyageur vient d'un pays où existe cette catégorie d'insecte, et qu'il présente des signes de fièvre, il est immédiatement pris en charge.

Saïd Abjaoui


À retenir à retenir à retenir à retenir à retenir à retenir à retenir

Le cancer tue 8 millions de personnes dans le monde : 120 nouveaux cas pour 120 000 habitants enregistrés chaque année en Algérie

Avec 14 millions de nouveaux cas et plus de 8 millions de décès liés à la maladie chaque année dans le monde, le cancer est devenu un problème de santé publique qui affecte tous les pays sans exception. Aujourd’hui, personne n’est à l’abri de cette maladie qui ne fait aucune distinction d’âge ou de sexe. En Algérie, les estimations font état de 120 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants. Par rapport aux années quatre-vingt (80 nouveaux cas par an), l’incidence de la maladie a presque doublé. Pour faire face à la progression de cette maladie, un Plan national cancer 2015-2019 a été élaboré par le ministère de la Santé sur instruction du président de la République. «Ce plan exprime la volonté du gouvernement et des professionnels de la Santé à lutter contre cette dangereuse maladie», a indiqué le Pr Mesbah. Pour garantir sa réussite, un fonds d’appui d’un montant de 18 milliards de DA a été dégagé, pour le mettre à l’abri des aléas financiers. Aujourd’hui, l’Algérie dispose d’un potentiel appréciable en termes d’infrastructures, de plateaux techniques et de ressources humaines qualifiés qui lui permettent de faire face à ce nouveau défi.   

 

32 services et 48 unités d’oncologie médicale aménagés à travers le territoire national : Les rendez-vous pour la radiothérapie rapprochés 

En 2013, la pression sur les centres de radiothérapie était telle que les malades étaient obligés d’attendre jusqu’à 15 mois pour une séance de chimiothérapie. On a même déploré pendant une certaine période une rupture de stock de médicaments. Toutefois, le travail remarquable accompli par le ministère de la Santé depuis 2013 a permis de tripler le nombre d’accélérateurs qui est passé de 7 en 2013 à 21 en 2015. En matière d’oncologie médicale, 32 services et 48 unités, d’une capacité globale de 2000 lits, ont été aménagés à travers le territoire national. «Aujourd’hui, les délais de rendez-vous sont inférieurs à un mois sauf pour le cancer du sein où ils restent un peu éloignés», a souligné le Pr Mesbah.

 

Un plan multisectoriel pour la prévention des maladies non transmissibles

Articulé autour de la lutte contre le tabac, la promotion d’une alimentation saine et d’une activité physique régulière, un plan multisectoriel pour la prévention des maladies non transmissibles a été élaboré par le ministère de la Santé. A cet effet, 5 recommandations ont été formulés, la première est d’arrêter de fumer. En plus des campagnes de sensibilisation, 133 unités d’aide au sevrage tabagique ont été implantés à travers le territoire national. Le tabac reste la principale cause évitable de cancer du poumon. L’alimentation vient en seconde position. Il est recommandé ainsi de limiter la consommation d’aliments gras, salés et sucrés. En dernier, l’activité physique : les spécialistes préconisent de marcher au moins 30 minutes par jour.

Rachid Rachedi

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