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Boissons gazeuses : L'APAB à la conquête de marchés extérieurs

Publié par Said Abjaoui, Rachid Rachedi le 10-02-2016, 22h07 | 502
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A suivre les différents discours prononcés par M. Ali Hamani, président de l'APAB, (Association des producteurs algériens de boissons), on a la nette impression qu'il s'agit d'une association de protection des consommateurs.

D'entrée, il met en garde les consommateurs contre les produits alimentaires qui n'obéissent pas aux règles d'hygiène, exemple des « charbates »vendues sur les trottoirs.» Et pourtant, créée en août 2003, cette association composée des membres de l'APAB, soutient et défend les intérêts de la filière «boissons», au service de la pérennité de celle-ci. Hier, le forum de DK News portait sur le thème «Conférence sur la qualité des boissons et la santé des consommateurs ». Etaient invités le président de l'APAB, M. Ali Hamani, le SG de cette association, M. Adiche Kamel, et le professeur de médecine, M. Mustapha Yakoubi, qui exerce au CHU de Bab El Oued.

Intérêts contradictoires entre les producteurs et les professionnels de la santé ? Le professeur parle de santé et dénonce les méfaits de la surconsommation. Les représentants de l'APAB parlent de normes à respecter, de strict contrôle de qualité selon les critères universels et également des règles à adopter dans le cadre de l’hygiène de santé.

Quelques chiffres permettent d'évaluer les performances de la filière boissons qui emploie 20 000 personnes en emploi direct et 80 000 personnes en emplois indirects. La filière produit 4 milliards 400 millions de litres toutes boissons confondues. Elle produit 98% de la consommation nationale, le reste, soit 2% étant importé.

 

Publicité mensongères et contrefaçon

Toujours sur le plan du respect des normes universelles, lesquelles ont tenu compte des implications sur la santé, l'association procède à des campagnes de moralisation de la filière centrées sur la moralisation de la filière, en particulier la publicité mensongère et la contrefaçon. Comment se fait la contrefaçon ? C'est vraiment trop simple. On considère un produit étranger qui marche, on contre- fait le contenant, l'étiquette et le nom de la boisson en changeant seulement une lettre, un «k» par exemple.

 

Une question de moralisation aussi

Pourquoi moralisation ? Certaines entreprises arrivent à échapper au processus de contrôle, ne respectent pas les règles d'hygiène et de sécurité, et brouillent la traçabilité de leurs produits. Tout leur est bon pour gagner de l'argent. Quoiqu'elles possèdent le registre commercial, elles n'exercent pas toute l'année et elles reviennent sur le marché à l'occasion du mois de Ramadhan et plus particulièrement en été. On les a vues alors vendre des liquides de toute couleur en des endroits populeux et fonctionnent selon les règles de l'informel. Pas seulement les boissons, il y a aussi du pain posé à même le trottoir. On se demande pourquoi les consommateurs achètent et plus cher encore ces baguettes de pain alors que la boulangerie est juste en face, ceci pour dire que les consommateurs sont parfois victimes de leur imprudence. Ils savent bien pourtant les dangers qu'ils font encourir à leurs propres familles. Comment alors protéger le consommateur si lui-même ne veut pas être protégé ? Durant l'année 2014, des dizaines d'entreprises de la boisson ont été fermées pour cause d'absence de respect des normes d'hygiène.

Les consommateurs savent-il ce qu'ils achètent ? Conçoivent-ils les différences entre nectar, jus de fruits, jus fruités ? La santé du consommateur est en danger. Les grandes décisions de l'Etat en la matière ne sont pas mises en exécution, citons pour exemple les sachets noirs en plastique qui existent toujours.

 

Diabète et maladies cardiovasculaires

Il est vrai que les pouvoirs publics ont le souci de la qualité. Mais...le professeur Yakoubi veut faire prévaloir que la boisson gazeuse reste fondamentalement un mélange de sucre et d'eau et que ça ne contient pas de vitamines. Si les producteurs baissent le taux en sucre dans 1 litre de limonade, il ne s'agit plus du même produit. Le professeur s'appuie sur une recherche universitaire qui fait ressortir que lorsqu'une personne consomme une boisson qui contient 2,2 gr par litre, elle devient obèse et qu'au-dessus elle est sujette à subir des maladies cardiovasculaires.

On sait que le diabète lui-même peut être causé par un excès de sucre qui fatigue le pancréas. Des études axées sur le Spartan insinuent le doute sur sa capacité à remplacer le sucre.

Les conditions de transport des boissons gazeuses par camion sans bâches et en pleine chaleur nuisent à la qualité de ces dernières. Cela n'empêche pas les Algériens de consommer une moyenne de 55litres /habitants/an.

En 2006, il est normalement projeté de faire une loi qui intègre toutes les préoccupations exprimées.

Quant à l'environnement à respecter, la solution des sachets plastiques et des bouteilles brisées, des canettes, des bouteilles plastiques jetés des voitures sur la chaussée n'est pas encore bien encadrée car il s'agit de dépassements voulus et individuels.

Said Abjaoui


2 mots clé de M. Ali Hamani : Assainir ... sensibiliser

Créé en 2003, l'Association des producteurs algériens de boissons (APAB), qui regroupe 53 membres représentant 85% de la production nationale, milite pour la moralisation de la filiale des boissons en Algérie.

D’après son président, il existe beaucoup de producteurs malveillants dont l’unique souci est de faire des bénéfices au détriment de la santé et de la sécurité des consommateurs.

Pour mettre un terme à ces mauvaises pratiques et assainir le secteur, l’APAB mène des actions de sensibilisation en direction des producteurs et ce en les invitant à améliorer la qualité de leurs produits pour répondre aux normes nationales et internationales. Plusieurs manuels et guides ont été élaborés et distribués aux producteurs de boissons pour les informer sur les normes des produits mis sur le marché à l’image du manuel de traçabilité, le guide de bonnes pratiques pour la fabrication de jus, et le guide des additifs alimentaires.

 

M. Adiche Kamel SG de l’APAB : «Il faut revenir à une alimentation saine et équilibrée»

Lors de son intervention, le SG de l’APAB a souligné que le principal souci de l’association est de préserver la santé du consommateur. Ainsi, des recommandations sont faites pour offrir des produits sains qui répondent aux normes de l’OMS et qui ne portent pas atteinte à la santé du citoyen.

Toutefois, devant l’abondance de la nourriture et l’émergence de nouveaux aliments, le mode de consommation des algériens a changé.

«On consomme beaucoup de sucre, de sel et de gras ce qui est très mauvais pour la santé, l’idéal est de revenir à une alimentation saine et équilibrée», a indiqué M. Adiche.

 

Selon le Pr Yakoubi : Nous consommons 81 kg de sucre par personne et par an !

D’après le Pr Yakoubi, les boissons sucrées n’apportent ni vitamine ni nutriments essentiels à l’organisme.

En un siècle (de 1900 à nos jours), la consommation de sucre est passée de 2,7 kg par personne et par an à 81 kg par personne.

Cette hyperconsommation a poussé les médecins à s’intéresser aux effets que peut avoir le sucre sur l’organisme.

Les études ont démontré qu’il y a un lien avec l’apparition de certaines maladies chroniques à l’image du diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires. Devant l’excès de sucre, le pancréas qui joue un rôle important dans la régulation de la glycémie se fatigue ce qui provoque un diabète du type 2. L’excédent de sucre qui n’est pas absorbé par l’organisme se transforme par la suite en graisse.

Cette dernière qui s’accumule dans les vaisseaux sanguins peut être à l’origine d’infarctus et de maladies cardiovasculaires.

Notons que les spécialistes recommandent de ne pas abuser des sodas, des boissons gazeuses et des jus.

 

L’Algérien consomme 55 litres de boissons par an !

En matière de production, l’Algérie produit chaque année 4 milliards 400 millions de litres de boissons, tous types confondus.

Les producteurs locaux arrivent à satisfaire 98% des besoins de la population nationale qui se présente comme suit : 600 millions de litres de jus, 2 milliards 15 millions de litres de boissons gazeuses, 1,45 milliard d’eau embouteillée, et 2 millions 200 mille hectolitres de boissons alcoolisées. 

En matière de consommation, l’Algérien consomme annuellement 55 litres de boissons, dont 5,6 litres de jus, 21,5 litres de sodas et boissons gazeuses, 22,5 litres d’eau minérale, et 5 litres de boissons alcoolisées.  

Rachid Rachedi

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