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Le président de la CNASPS M. Saïd Ayachi, le Pr Boudjema Souilah, le Pr Sahel Makhlouf et Mustapha Amine Kettab, cadre dirigeant du Polisario, invités hier du forum de dk news/ Un mot clé : la solidarité

Publié par Said Abjaoui le 01-05-2016, 18h04 | 86
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L'évolution de la question du conflit entre le Polisario et le Royaume du Maroc est arrivée à un niveau où emprunter chacune des voies est possible.

Du côté de la jeunesse sahraouie, l'impatience à contourner une voie diplomatique qui n'a pas encore réussi à restituer à la population sahraouie sa souveraineté est bien évidente. Le risque de reprise de la guerre qui avait prévalu  jusqu'à la signature d'un cessez-le-feu en 1991 relève d'une grande probabilité.

Ce risque est latent depuis qu'à l'approche de la date de la reconduction de la MINURSO, le roi Mohammed VI a pris certaines décisions condamnées par le SG des Nations unies à savoir l'expulsion des cadres politiques et civils de la MINURSO pour vider celle-ci de tout son sens. Une décision plus grave encore, celle de ne pas autoriser le SG des Nations unies à visiter les Territoires sahraouis occupés.

Le terme «occupé» est celui qui a servi d'alibi en signifiant que le SG des Nations unies est persona non grata au Maroc. Ce dernier confirme ainsi que le Maroc est une puissance occupante , ce qui explique le traitement de cette question par la commission Décolonisation des Nations unies. 

Le Forum de DK News tenu hier au siège du quotidien a eu pour invités les membres de la Commission algérienne de solidarité avec le peuple sahraoui. Il a réalisé un vaste consensus entre la presse et les différents experts invités. Ainsi, une conférence-débat a porté sur la décision du Conseil de sécurité de restaurer la Minurso au Sahara occidental.

La conférence a été menée par le président de la CNASPS M. Said Ayachi, le Pr Boudjemâa Souileh, le Pr Sahel Makhlouf et Mustapha Amine Kettab, cadre dirigeant du Polisario.
Rappelons que la crise entre le Maroc et le SG des Nations unies a éclaté lorsque le SG qui a  décidé d'une tournée dans la région consacrée à la question du conflit entre le Polisario et le Maroc a parlé de visiter les territoires sahraouis  occupés.

Le SG par ces propos qualifie ainsi la nature du dossier à traiter, et confirme par ailleurs la nature coloniale de l'occupation. Or, nous étions à la veille de l'examen de reconduction de la Minurso, et le roi du Maroc venait de prendre la décision d'expulsion des cadres non militaires de cette organisation mise en place par le Conseil de sécurité de l'ONU. 

Le roi faisait planer une incertitude sur le renouvellement de la Minurso, ce qui pouvait laisser entendre que le situation était plus proche de la reprise de la guerre que de l'établissement d'une paix définitive, ou à tout le moins du maintien du statu quo. Or même le statu quoi est danger car il ne peut pas être éternel. Le roi ne veut pas d'un référendum, même si toutes les options pouvaient en être concernées, alors que pour le SG des Nations unies, tous les efforts de la Minurso doivent être déployés dans cette seule perspective, le référendum. Il n'y a pas d'autre alternative à la guerre que la tenue d'un référendum. Sans référendum, il n'y a ni paix ni stabilité.

Saisi par le SG des Nations unies, le Conseil de sécurité reconduit la Minurso, dans les mêmes conditions d'attributions, reconfirme la validité de toutes les résolutions votées par les Nations unies, appelle au dialogue les deux parties belligérantes, en les nommant, et appelle les pays voisins ainsi que tous ceux qui avaient contribué aux médiations à  œuvrer à l'aboutissement d'une solution mutuellement acceptable.

 



Pr Makhlouf Sahel : «La position de l’Algérie est cohérente avec la légitimité internationale»

Lors de son intervention, le Pr Sahel Makhlouf a rappelé que l’Algérie qui soutient le droit du peuple sahraouie à l’autodétermination, n’est pas partie prenante dans le conflit qui oppose le Maroc à la République arabe sahraouie démocratique. «La diplomatie algérienne ne fait que soutenir une cause juste. La position algérienne est cohérente avec toutes les décisions du Conseil de sécurité et de l’ONU. L’Algérie soutient la légitimité internationale et la paix sur les plans régional et continental», a indiqué le Pr Makhlouf.

M. Mustapha Amine Kettab : «90 jours pour le retour de la Minurso»  

Le cadre dirigeant au sein du Front Polisario, Mustapha Amine Kettab, a salué la décision du Conseil de sécurité qui, a travers la résolution 22-85, a décidé de restaurer la mission de l'ONU au Sahara occidental. L’intervenant a rappelé que la mission principale de la Minurso est de surveiller le cessez-le-feu et d’organiser un referendum. Cette décision met fin aux tentatives «malsaines» du Maroc qui, suite à la visite du SG de l’ONU dans les territoires occupés, a tenté de créer une crise régionale pour servir ses propres intérêts et détourner les regards de la communauté internationale du conflit au Sahara occidental.
M. Kettab a rappelé que le peuple sahraoui reste attaché à la légitimité internationale et à son droit à l'autodétermination à travers l'organisation d'un référendum.


M. Saïd Ayachi «Un échec supplémentaire pour la diplomatie marocaine»

Le président de la Commission nationale algérienne de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), M. Saïd Ayachi, a appelé hier la communauté internationale à intensifier la pression sur le régime marocain pour le forcer à reconnaître le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. M. Ayachi a indiqué que la Makhzen a suivi avec une grande inquiétude la visite du SG de l’ONU dans les territoires occupés. Ce dernier avait réaffirmé lors de sa visite que la question du Sahara occidental relève de la décolonisation. Les déclarations de Ban Ki-moon et le retour prochain de la Minurso, représentent un échec supplémentaire pour la diplomatie marocaine, a-t-il souligné.

R.R

 

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