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Circulation d’informations erronées sur internet : Peut-on y mettre fin ?

Publié par Samy Yacine le 18-09-2016, 10h34 | 44
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La  récente initiative de certains médias traditionnels, avec les réseaux sociaux, regroupés dans  une coalition baptisée ‘’ First Draft Partner Network’’, visant à lutter contre les rumeurs et autres canulars  sur le net, suscite beaucoup plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, tant les phénomènes de la rumeur et de son colportage sont aussi vieux que  l’information elle-même, considérée par certains analystes, comme  ‘’le plus vieux métier du monde’’.

Ce sont donc plus d’une trentaine d’entreprises qui ont annoncé leur participation à cette initiative  à laquelle ont pris part des opérateurs de tous horizons, notamment « des organes de presse tels que le New York Times, le Washington Post, l’AFP, Les Décodeurs (Le Monde), France Info, proPublica, The Telegraph ou encore l’American Press Institute, des chaines de télévision comme CNN et Channel 4 ou encore des réseaux médiatiques tels qu’Aljazeera Media Network ou l’Eurovision News Exchange », indique le site www.nextinpact.com, qui considère, à l’instar de beaucoup d’autres sources de presse que les plus visibles de tout ce lot, sont indiscutablement Facebook et Twitter., des acteurs clés dans le processus de collecte, de traitement et de  diffusion de l’information sur les réseaux sociaux, aux côtés de Youtube, également devenu vecteur important de circulation de nouvelles, généralement filmées en vidéo.

L’annonce de cette nouvelle initiative a été sanctionnée par un communiqué dans lequel les initiateurs posent comme postulat de départ que  « Google, Facebook, Twitter, YouTube, Instagram et Periscope sont désormais centraux dans la manière dont les nouvelles sont découvertes, rapportées et diffusées ».

Ils ambitionnent de mettre en place un système de veille et de suivi des actualités et nouvelles sur internet, de sorte que «  le processus de vérification pourrait être rendu plus fluide, améliorer l’expérience de surveillance  et surtout augmenter le niveau de qualité pour les utilisateurs de réseaux sociaux », relève ce même site qui rapporte les propos de Jenni Sargent, l’une des responsables du réseau, qui voit que cette coalition est  « une position unique pour coordonner les efforts et faciliter de réels progrès dans la confrontation avec certains défis clés que rencontrent les journalistes et leur audience ».

Pour rappel, cette initiative vient en continuation de la First Draft Coalition, lancée en juin 2015, avec l’appui de Google. Depuis, le grupe de société qui se sont associés à l’initiative «  publiait déjà régulièrement des billets de blog, des études de cas ou encore différents contenus visant à s’entrainer à la détection des faux contenus », note nextinpact.com.

Pour sa part, Facebook a toujours eu le souci de s’assurer de la fiabilité des informations mises en ligne sur sa plateforme et partagées par ses usagers. « Il y a environ deux ans, Facebook ouvrait déjà un premier front dans les contenus dits ‘’clickbait’’ afin de lutter contre les titres racoleurs », indique ce même site qui souligne également l’importance de la participation du réseau social à cette initiative, avec notamment son algorithme « Graph, c’est-à-dire l’algorithme présidant à la composition du flux ».

Cet outil avait été déjà «  retouché à de multiples reprises, prenant en compte les contenus partagés par les proches, le nombre de partages, le temps de lecture nécessité, sans parler des vidéos », afin de pouvoir séparer la bonne info de la mauvaise.

Facebook est en effet conscient de  sa place, et plus généralement de   celle des réseaux sociaux, dans la distribution de l’information. Pour son patron Lark Zuckerberg, «les réseaux sociaux est la forme de média la plus diversifiée », écrivait-il sur son compte Facebook à l’occasion des dix années du réseau social il y a quelques semaines, ajoutant, qu’avant la généralisation du web, « la plupart des gens s’informait seulement avec une poignée de de journaux, chaînes de télévisions et stations radio ».

Mais, avec l’avènement de l’internet, et particulièrement depuis le développement des technologies et applications du web 2.0, les flux de production et de diffusion de l’information ont été complétement bouleversés, faisant de l’usager, en même temps un récepteur ais également un émetteur d’informations ; « N’importe qui peut diffuser des informations fausses qui, grâce à la mécanique virale, peuvent se répandre comme une traînée de poudre, assez rapidement », avertit le site presse-citron.com  qui signale à ce sujet que même Facebook  peut se faire avoir, et relate que durant le  « mois d’août, les algorithmes qui aident le numéro un des réseaux sociaux à définir la liste de ses sujets d’actualité tendances ont fait la promotion d’un canular selon lequel un journaliste de la chaîne américaine Fox News a été licenciée pour avoir soutenu Hilary Clinton ».

La rumeur et le canular  ont pris un essor tel sur le net qu’il devient difficile de prévoir ce que pourrait bien apporter cette nouvelle initiative de ‘’moralisation’’ de l’information. Une mission qui s’assimile également à une substitution au travail  du journaliste, dont justement la mission première est de vérifier  la ‘’véracité de l’info’’.

 

Les chasseurs de canulars

Parmi les vocations suscitées par le développement du phénomène des fausses nouvelles,  des sites spécialisés dans la chasse aux canulars, font leur apparition. Le site suisse www.nouvo.ch, pub lie un papier daté de février 2014, dans lequel il relate le travail  de l’une de ces agences, Installée à Paris. Pour planter le décor, el site rappelle cette terrible information rapportée sur le net : « Suite aux escapades amoureuses de François Hollande, l’information était pour le moins piquante. Lors d’une scène de ménage dantesque, Valérie Trierweiler aurait détruit pour 3 millions d’euros de mobilier à l’Elysée… Publié par un blog d’opposition, le scoop est repris par de nombreux médias mais s’avère complètement faux! ». Pour le rédacteur de cet article, cette situation « n’a malheureusement rien d’exceptionnelle, le cocktail médias sociaux et rumeurs font parfois perdre le sens des réalités aux professionnels de l’information ».

Cette agence qui a pour clients de prestigieux organes de presse, s’est donnée comme mission : « identifier les sources premières des nombreuses rumeurs qui courent sur le Web, authentifier des vidéos ou d'autres informations, bref trouver ce qui est vrai et ce qui est faux afin que les médias traditionnels puissent suivre un buzz sans tomber dans le panneau… », lit-on sur ce site.

 

Qu’est qu’un ‘’hoax’’ ?

Dans sa tentative de lutter contre le phénomène de la fausse information, ou du canular sur internet, Facebook a commencé par donner la définition suivant du ‘’hoax’’ : « « Les canulars sont une forme de spam sur le fil d’actualité qui inclut les arnaques (‘Cliquez ici pour gagner un approvisionnement à vie en café’), ou les informations délibérément fausses et trompeuses (‘Un homme voit un dinosaure en randonnée dans l’Utah’) » », explique le réseau social. Mais pour d’autres, à l’instar du journaliste du site www.la-croix.com, la notion, « comme souvent sur la Toile, recouvre une réalité polymorphe. Un hoax est un message, colporté par courrier électronique, comportant une information erronée. Voilà pour la définition générale. Mais il en existe, en fait, une multitude », écrit-il.

S. Y.

 

 

 

 

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