De l’avis de l’ensemble des observateurs, la rencontre à Alger des pays non-alignés est un succès important qui aura beaucoup d’implications sur la scène internationale dans la mesure où s’est dégagé un consensus portant sur les questions cruciales qui se posent actuellement à la communauté internationale.
Un consensus s’est dégagé d’abord sur le plan de l’action diplomatique par rapport aux agendas de travail qui auront à s’accorder pour tout ce qui concerne les grands problèmes de l’heure. Désormais, il s’agira de densifier les relations bilatérales et multi latérales au sein du MNA pour construire un espace de coopération qui qui devrait les amener à de grandes convergences sur l’ensemble des intérêts du mouvement.
Les pays non alignés auront à se rencontrer assez souvent pour construire ensemble un plan de concertation qui tient compte pratiquement en temps réel des grands évènements qui surviennent dans le domaine. Or, on sait bien qu’actuellement, dans le monde, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas une grande tendance à investir dans les moyens de force pour assurer une hégémonie tandis que d’autres pays cherchent leur protection dans leur intégration régionale. Cette tendance à la protection au sein d’un ensemble de pays intégrés, l’Algérie appelle à la réunion des conditions de la mise en place de la sécurité collective car compte-tenu de la mondialisation, la sécurité est indivisible et n’existe que dans les cas où tous les pays en bénéficient.
Le succès évident du sommet des Non-alignés remporté lors de sa tenue à Alger, place ce mouvement dans la situation où il aura à en engranger des bénéfices, c’est-à-dire à donner un sens à leurs convergences sur la base d’un partage des mêmes positions.
Par rapport à l’économie, les pays non-alignés auront à investir dans des réflexions communes qui les amèneront à faire face aux déséquilibres induits par la mondialisation dans les rangs des pays du Tiers monde et donc des Non-alignés.
Les observateurs ont tracé le chemin de la « confrontation» entre les pays riches en disant que dans les conditions actuelles les vainqueurs et les vaincus sont connus d’avance.
La vision de l’Algérie œuvre à une multi polarisation du monde, à la construction de pôles régionaux de coopération et bien sur de puissance. Pas faire d’un pays la puissance régionale, mais plutôt œuvrer à faire de la région une puissance capable de régler les conflits possibles entre Etats membres.
Nous savons qu’existe encore dans le monde la tendance à ce que des pays qui possèdent des attributs de puissance appuient leur diplomatie sur leur capacité militaire à instrumenter pour réaliser des objectifs politiques. Certains définissent ce lien en disant par exemple que les Américains donnent une finalité politique à l’expression de puissance.
Les Etats-Unis affirment publiquement la «prééminence de leurs intérêts stratégiques» et prennent en conséquence des décisions avant de consulter leurs alliés au sein de l’Otan. L’Algérie a la conviction que la sécurité collective est une construction qui repose sur la paix par le dialogue. Sa thèse de la paix par le dialogue politique vient d’être consacrée mondialement, et d’abord par les grandes puissances pour ce qui concerne le Mali.
Sa thèse portant sur la disparition des menaces sur la paix et le droit des peuples à l’autodétermination est consacrée par la communauté internationale. Rappelons seulement que Yasser Arafat a été admis à s’exprimer devant l’assemblée générale des Nations unies à une session spéciale présidée par le ministre Algérien des affaires étrangères en 1973 et rappelons encore la déclaration d’Alger qui avait vu la création de l’Etat Palestinien.