Economie

Extraction de l’huile d’olive à Jijel : Quand les huileries se «disputent» la qualité

Publié par DK NEWS le 08-02-2020, 17h55 | 24
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Aux piémonts des monts Beni Khettab de la commune  de Texenna et les sommets de Beni Ahmed à Kaous (Jijel), les familles  poursuivent la cueillette des olives dont la récolte de cette saison  enregistre des niveaux record par rapport aux saisons précédentes. 
Dans ces régions à vocation traditionnellement oléicole, les «intrus»  doivent faire montre de beaucoup d’application pour comprendre le processus  de production de la précieuse huile d’olive depuis la cueillette jusqu’à  l’extraction. Ils doivent pour cela saisir la pleine signification de nombre de termes  lexicaux quasi spécifiques aux oléiculteurs, comme le mot «Mezbacha»  désignant ainsi le rameau utilisé pour rapprocher les branches chargées  d’olives et «Ketmir»qui sert à ôter les branches asséchées de l’arbre. 
Cela avant d’obtenir «Boumsesli», l’huile extraite des olives bouillies  tandis que le terme Boumkerkeb désigne l’huile obtenue par écrasement des  olives par une grosse pierre lisse appelé Kerkaba, expliquent les initiés  qui soutiennent que la cueillette des olives exige des propriétaires des  vergers de faire appel à la solidarité intrafamiliale. Au moment de l’extraction de l’huile, chacun a ses préférences, puisque  certains optent pour les huileries modernes «plus rapides et à rendement  plus élevé», alors que d’autres se montrent plus conservateurs et préfèrent  les vieux pressoirs qui utilisent El Kerkaba pour broyer les olives et  extraire, selon eux, une huile «au goût plus raffiné et de meilleure  qualité». 
A cet effet, Mohamed, exploitant une huilerie moderne, souligne que  beaucoup de familles et propriétaires de vergers oléicoles penchent pour  les huileries modernes qui, outre le fait d’être trois à quatre fois plus  rapides que les traditionnelles, offrent l’avantage de laver les olives et  de les séparer des feuilles de sorte à donner une huile plus pure avec en  plus deux à trois litres supplémentaires au quintal. 
D’un avis opposé, Riadh Lechehab, jeune exploitant d’un pressoir  traditionnel appartenant à une famille d’oléiculteurs de père en fils,  estime que «celui qui recherche la qualité et le goût authentique n’a  qu’une seule alternative, recourir le pressoir traditionnel à pierre». 
Un petit détail d’apparence anodine est à l’origine de cette différence de  goût et de qualité, selon Riadh, et qui réside dans l’eau tiède utilisée  pour le pressoir traditionnel, ne dépassant guère les 30 degrés, assurant  que de nombreux oléiculteurs préfèrent toujours l’huilerie traditionnelle  car ils considèrent que la perte d’un ou deux litres au quintal est minime  comparativement au gain de qualité et de goût. 
Pour sa part, Boudjemaa Manhour, exploitant également une huilerie  traditionnelle, relève que d’autres facteurs participent à faire la  différence s’agissant de la qualité de l’huile d’olive, à leur tête la  maitrise des processus de pression et de stockage. «Nos grands-pères entreposaient l’huile et les olives dans des récipients  en poterie, tandis qu’aujourd’hui les agriculteurs utilisent des sacs en  plastique pour conserver leurs olives pendant plus d’un mois, détériorant  ainsi la qualité du fruit et de son huile», a-t-il relevé, soulignant  qu’»une pression mal faite peut faire perdre 20 % de la production et  réduit la qualité de l’huile. 
 
Une huilerie «amie de l’environnement», un modèle à copier
Face au dilemme généré par le choix entre une huilerie traditionnelle ou  moderne, Mohamed Benseghir semble s’être frayé une troisième voie en  lançant son projet d’huilerie «amie de l’environnement» dans la zone  d’activités de Ouled Salah, commune Emir Abdelkader. 
«Cette huilerie permet de produire une huile conforme aux normes internationales et se démarque par son recours à des techniques qui  préservent toute la valeur nutritive de l’huile naturelle en utilisant de  petites quantités d’eau de l’ordre de 1% à peine par rapport à la moyenne  des autres huileries», assure son propriétaire. 
L’huile ainsi extraite à des températures variant entre 25 et 27 degrés  est ensuite filtrée puis placée dans des bouteilles en verre, affirme  Benseghir qui précise que «toute la production d’huile de la saison passée  a été exportée vers l’Europe après que les analyses aient montré sa haute  qualité et sa conformité aux normes internationales». Même si les appréciations des huileries divergent, il demeure toujours  unanimement reconnu que l’olivier représente un arbre béni dont le fruit  fournit une huile qui sert à la fois à l’alimentation et à la médication à  condition d’être extraite conformément aux critères requis. Les services agricoles de la wilaya de Jijel prévoient la production de 11  millions de litres d’huile d’olive cette saison, selon le secrétaire  général de la Chambre de l’agriculture, Yacine Zedam, qui a fait savoir que  l’oléiculture occupe 45 % de la surface agricole totale et 65 % de la  superficie consacrée à l’arboriculture fruitière à travers la wilaya. Classée en tête, la variété d’olivier «Chemlal» est plantée sur 52% des  vergers oléicoles tandis que les variétés «Azeradj» et «Rougette» arrivent. 

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