En dépit des investissements colossaux consentis ces dernières années par l’Etat pour le développement du secteur de la pêche et des ressources halieutiques, la situation socioprofessionnelle des marins-pêcheurs n’évolue guère, voire même se dégrade de plus en plus.
«Nous travaillons dans des conditions déplorables. Faute d’unités de pêche suffisante, les marins sont obligés de se tasser tous les jours à 12 dans une petite embarcation de dix mètres de long pour sortir en mer et gagner leur vie. Dépourvue des moindres conditions sécuritaires, ces embarcations risquent de chavirer à tout moment et d’emporter par la même occasion les vies de ces milliers de marins qui exercent ce métier au périple de leur vie» a déclaré hier M. Boualem Mehdad, marin-pêcheur et ancien président de la commission de la pêche de la wilaya d’Alger.
Intervenant lors d’une conférence organisée au siège de l’Ugcaa à Belouizdad (Alger), M. Mehdad a indiqué qu’il faudrait en toute urgence augmenter le nombre d’unités de pêche, dont le nombre ne dépasse pas actuellement les 4600 à travers l’ensemble des ports de pêche du pays, afin que les marins puissent enfin travailler dans de bonnes conditions de sécurité.
Contrairement à la Tunisie qui a 14 000 unités et le Maroc 11 000, l’Algérie dispose de la flotte de pêche la plus faible du Maghreb avec seulement 46 00 unités tout types confondus. Ce qui est encore plus grave, c’est que 2000 de ces embarcations ne répondent pas aux normes minimales de sécurité ce qui représente un réel danger pour les marins. «On a saisi le ministère sur cette question et on attend toujours que des décisions pertinentes soient prises en ce sens» a ajouté M. Mehdad.
Par ailleurs, s’exprimant sur les prix des poissons, notamment la sardine, le porte-parole de l’Ugcaa M. Hadj Tahar Boulenouar a affirmé qu’une baisse des prix est attendue pour les jours à venir. «Vendue actuellement entre 250 et 300 Da le kg, la sardine devrait enregistrer une chute sensible de son prix d’ici la première semaine du ramadhan».