Le verdict dans le procès du Groupe Khalifa, ouvert le 2 juin au tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine), sera connu le 7 octobre prochain, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
A l’issue des plaidoiries de la Défense, la présidente du Tribunal, Me Fabienne Siredey-Garnier, a indiqué que la mise en délibéré de ce procès jusqu’à cette date est motivée surtout par sa coïncidence avec une période de vacances (juillet et août) et la rentrée sociale en septembre.
Trois ans de prison avaient été requis lundi contre le principal accusé, Rafik Khelifa, emprisonné en Algérie et jugé par défaut par le tribunal correctionnel de Nanterre. L’ancien homme d’affaires est poursuivi pour banqueroute et détournements de fonds.
«C’est le noyau dur de cette affaire», a souligné le procureur qui a requis cette sentence, décrivant un homme «talentueux», «vraisemblablement capricieux» et «formidablement ambitieux».
Dix autres personnes sont poursuivies, dont son ex-femme Nadia Amirouchen, un notaire, des anciens représentants de l’entreprise en France ainsi qu’un constructeur et équipementier aéronautique. Le parquet a requis à leur encontre des peines de six mois de prison avec sursis à deux ans de réclusion, dont 20 mois avec sursis, et des amendes de 10.000 à 80.000 euros.
L’effondrement de cet empire a causé un préjudice estimé entre 1,5 et 5 milliards de dollars (1,15 à 3.75 milliards d’euros) à l’Etat algérien et aux épargnants. Lors de leur passage à la barre, des prévenus ont déclaré avoir agi sur «seule instruction» de Rafik Khelifa, et que les biens (notamment de luxueux appartements) dont ils avaient bénéficié à Paris étaient pour «récompenser leur loyaux services» au sein du Groupe.
Abdelmoumène Rafik Khelifa est détenu depuis cinq mois en Algérie aprèsque Londres, où il s’était réfugié, ait permis son extradition. Il avait étécondamné en 2007 par contumace à la prison à vie par le Tribunal de Blida pour «association de malfaiteurs, escroquerie, faux», après la faillite de son groupe.