Les ouvrages de fiction destinés au jeune public étaient quasi absents des stands du 7e Festival international de littérature et du livre de jeunesse (Feliv) qui prend fin vendredi en ayant consacré la majeure partie de son programme à la littérature générale.
Le 7e Feliv a accueilli une vingtaine d'éditeurs algériens dont très peu ont consacré leurs titres à la jeunesse, une indigence qui va de paire avec le nombre restreint de rencontres sur cette littérature dans un festival placé sous le thème "libérer l'imaginaire". A l'exception de rares maisons d'éditions qui exposent des fictions algériennes contemporaines pour enfants ou des bandes dessinées, le reste des éditeurs proposaient uniquement des ouvrages éducatifs, des contes du terroir ou des traductions adaptées de classiques de la littérature universelle.
Seule consolation pour les visiteurs, le stand international, relativement étoffé, riche en romans étrangers pour adolescents proposés cependant à des prix trop élevés pour les bourses moyennes, de l'avis des parents et de jeunes lecteurs, rares visiteurs croisés à ce festival.La pauvreté des étals des éditeurs algériens s'explique par le fait que "peu" d'auteurs s'intéressent à ce genre littéraire en Algérie, affirme le commissaire du Feliv, Azeddine Guerfi.
Selon lui, cette même réalité justifie la tenue de seulement deux rencontres (sur la littérature pour enfants en Tamazight et sur la littérature jeunesse au Maghreb), sur les dix-huit programmées durant le Festival.
Absence de stratégie pour la littérature jeunesse
La quasi absence de la littérature jeunesse au Feliv reflète une "situation générale" dans les pays maghrébins, se sont accordés à dire les participants à la rencontre "La littérature jeunesse au Maghreb". Initialement prévue à Blida, cette conférence a été organisée à la dernière minute mercredi à Alger avec le concours du Centre national du livre (Cnl), un organisme crée en 2009 dont une des missions est justement la "promotion et le développement" du livre en Algérie.
Une commission à part entière est chargée du livre de jeunesse au sein du Cnl. L'universitaire algérien et spécialiste de la question, Laïd Jellouli, renvoie cette indigence à l' "absence de stratégie" des pouvoirs publics au Maghreb concernant la promotion de la littérature jeunesse. Son confrère Abdelhamid Bourayou préconise, pour sa part, une "plus grande implication" des spécialistes dans l'élaboration d'évènements comme le Feliv.
Inauguré jeudi dernier, le 7e Feliv a attiré un nombre moins important de visiteurs que l'édition précédente, une baisse sensible de fréquentation que les organisateurs expliquent par la proximité des examens de fin d'année et la tenue de la Coupe du monde de football. Sur la soixantaine d'éditeurs annoncés avant le début de la manifestation, seulement une vingtaine ont répondu présents au 7e Feliv.