Les crues qui ont dévasté vendredi des régions du sud-est de la France et du nord de l'Italie ont fait au moins quatre morts et laissé derrière elles de véritables scènes de désolation et des centaines de personnes dans le dénuement. Dimanche soir, l'agence de presse italienne Ansa et d'autres médias ont annoncé la découverte d'au moins quatre corps sur les rives méditerranéennes de la Ligurie, non loin des côtes françaises.
Les autorités des deux pays cherchent toujours à déterminer leurs identités.
Les autorités ligures n'ayant pas fait état de disparus jusqu'ici, l'hypothèse privilégiée des enquêteurs est que certaines des victimes sont des personnes portées disparues en France, selon Ansa. Mais il était impossible dimanche soir de lier formellement et directement aux intempéries ces cadavres non identifiés qui pourraient avoir été charriés par les courants et les vents. Un peu plus tôt, les pompiers français avaient indiqué avoir retrouvé un homme mort dans sa voiture immergée à Saint-Martin-Vésubie, dans l'arrière-pays niçois. Le bilan restait dimanche soir de deux mor ts côté français et deux côté italien. De part et d'autre de la frontière, les secours ont intensifié leurs efforts pour aider les sinistrés et retrouver les disparus, deux jours après des crues "hors normes".
Des images impressionnantes d'une maison au milieu d'une rivière transformée en fleuve écumant, ou d'un pont s'écroulant sous la puissance de l'eau, ont été diffusées.
A Saint-Martin-Vésubie, village de 1.400 habitants dans la montagne au nord de Nice, inaccessible en voiture, des groupes de touristes et d'habitants, hagards, sont massés sur la place centrale en attendant d'être appelés pour être évacués par hélicoptère.
En Italie, cela faisait des décennies que les habitants n'avaient pas vu un tel désastre: de la Riviera aux vallons du Piémont, le déluge a dévasté des villages entiers, emporté ponts et routes, aggravant la détresse des habitants après des mois d'un confinement ruineux pour l'activité locale. "La situation est très grave.
C'est comme en 1994", lorsque la crue du Po et du Tarano avait fait 70 morts, a déclaré le président du Piémont, Alberto Cirio, au quotidien italien La Stampa.
"Avec une différence, c'est que 630 mm d'eau sont tombés en 24 heures, du jamais vu en si peu de temps depuis 1954".
Les régions italiennes du Piémont et de la Ligurie ont demandé à Rome de décréter l'état d'urgence.
En France, l'Etat a lancé la procédure de "catastrophe naturelle".
Le Premier ministre français Jean Castex n'a pas caché "sa vive inquiétude" sur le bilan définitif de ces intempéries exceptionnelles. Outre les huit disparus certains, des personnes sont aussi recherchées dans les Alpes-Maritimes car elles n'ont pas donné de nouvelles depuis vendredi soir, même si aucun témoin ne les a vues tomber à l'eau.
Samedi soir, 21 personnes qui étaient déclarées disparues par les autorités italiennes ont pu être retrouvées saines et sauves côté français, près du col de Tende.
Elles étaient toujours en cours d'évacuation vers l'Italie dimanche, selon les pompiers.