Le gouvernement suisse entend privatiser PostFinance, le bras financier de la Poste Suisse, a-t-il annoncé mercredi, proposant de séparer les deux entités et supprimer l'obligation pour la Poste suisse de détenir la majorité des actions de PostFinance dans son projet de révision de loi concernant l'organisation de la Poste.
Avec près de trois millions de clients, cette filiale à 100% de la Poste Suisse est un des principaux établissements financiers du pays, a rappelé le Conseil fédéral (gouvernement) dans un rapport présentant les résultats d'une procédure de consultation sur une révision de la loi régissant la Poste.
"Depuis 2008, la capacité de rendement de PostFinance a fortement diminué et diminuera encore si aucune mesure n'est prise", a fait valoir le Conseil fédéral.
Pour lui permettre d'octroyer des crédits et emprunts hypothécaires, le gouvernement suisse avait proposé en 2018 d'ouvrir son actionnariat, s'orientant vers une privatisation partielle.
Mais le projet s'est heurté à de vives critiques, lors de consultations menées l'an passé entre juin et septembre qui rassemblaient aussi bien les ca ntons que des partis politiques et acteurs économiques, dont les syndicats, organisations patronales et associations de consommateurs.
Parmi les reproches, les banques cantonales et régionales s'étaient inquiétées des risques de distorsion de la concurrence si PostFinance, en tant qu'établissement contrôlé par l'Etat, se lançait sur le marché des emprunts immobiliers.