Le gouvernement grec a annoncé samedi la réquisition du personnel en grève de la société d'électricité DEI (PPC), qui proteste contre sa privatisation, après que sa mobilisation eut été déclarée «illégale» par un tribunal d'Athènes.
«A la suite de la décision judiciaire vendredi qui a déclaré la grève illégale et abusive et ordonné son arrêt, le gouvernement procède à la réquisition de leurs services», a indiqué dans un communiqué la porte-parole du gouvernement Sophia Voultepsi.
Evoquant la nécessité de «sauvegarder l'intérêt public», la porte-parole rappelle que «dans une démocratie, les lois et les décisions judiciaires doiventêtre respectées».
Jeudi, les syndicats de la DEI, contrôlée à 51% par l'Etat, ont entamé une grève reconductible de 48 heures accompagnée de brèves coupures d'électricité à travers le pays pour protester «contre la vente d'un bien public» et «le pillage des richesses nationales».
L'entreprise a procédé à des coupures d'une heure dans des villes en province mais pas dans des îles touristiques.
Le projet de loi sur la création d'une société privée, qui va contrôler 30% des usines ou des mines de la Dei, est actuellement discuté en procédure d'urgence au Parlement et sera soumis au vote la semaine prochaine.
La décision du gouvernement de privatiser la DEI s'inscrit dans le cadre du programme des cessions au privé des sociétés publiques, imposé par la troïka des créanciers, UE, BCE et FMI, et de la dérégulation du marché énergétique, dominé depuis des décennies par la Dei.