Ouanid Houria, 43 ans, versée dans la confection des tapis traditionnels, s’attelle depuis des années à promouvoir et à préserver cet héritage ancestral dans la région de Laayoune, à Tissemsilt.
Au niveau de son atelier, ouvert au village de Selmana, cette dame prend en charge quatre femmes qui s’initient à la fabrication du tapis traditionnel, se distinguant par sa qualité du tissage et des produits utilisés, répondant aux goûts et aux attentes des acquéreurs.
Le tapis de la région de Selmana est réputé par sa couleur blanche, comme celui fabriqué par les artisans de la localité de Ksar Chellal, dont le produit jouit d’une réputation internationale.
Les tapis de Mme Ounid Houria sont tissés à la main "à l’ancienne".
Elle utilise des outils ancestraux et des broches comme "Kholala", "Kardach", "L’mensedj", et autres peignes.
Ses travaux sont composés de dessins et formes diverses transmis par la mémoire collective, nécessitant tout un savoir-faire et une précision dans le détail.
"J’ai appris le tissage des tapis avec ma grand-mère, Hadj Khadra, qui m’a initiée aux secrets de cet art traditionnel", explique l’artisane, précisant que son atelier a été mis en place avec les microcrédits octroyés par l’ANGEM.
Mme Ouanid a pu faire connaitre ses produits et assuré leur promotion, durant ces cinq dernières années, en prenant part à 35 salons et expositions à dimension nationale et régionale et autres semaines culturelles.
"Ces événements m’ont permis de vendre mes tapis et nouer des professionnels et une clientèle des wilayas avoisinantes comme Djelfa, Tiaret et Aïn Defla", a-t-elle assuré.
En 2017, un de ses tapis a été estampillé par le centre régional d’estampillage de Tipasa.
L’opération a permis de promouvoir davantage les travaux de cette dame, rappelle-t-on.
Malgré ces succès, Mme Ouanid ne s’est pas empêchée d’évoquer les problèmes que rencontre ce créneau comme les difficultés en matière d’approvisionnement en matières premières (la laine), l’inexistence des outils traditionnels utilisés dans le tissage ou encore, l’absence d’espaces de commercialisation des tapis dans les principales villes de la wilaya comme Tissemsilt, Theniet El Had et Bordj Bounaama ou au niveau des espaces touristiques comme le parc naturel de Theniet El Had ou la station thermale de Sidi Slimane.
Cibler les zones d’ombre
Par ailleurs, avec la collaboration de l’associat ion locale "El Abrar", de la Chambre de l’artisanat et des métiers (CAM) et la direction de l’ANGEM, l’artisane de Selmana a contribué à la réalisation de plusieurs projets visant à développer cette pratique ancestrale au niveau des zones d’ombre de la wilaya.
"Avant la fin du premier semestre de l’année en cours, je contribuerai i à l’ouverture de deux ateliers dans les deux zones d’ombre de Khenq Ennehar et El Kettar, relevant de la commune de Lâayoun.
Ce qui permettra de prendre en charge quatre femmes de chaque agglomérations", a-t-elle annoncé.
"Avec l’association El Abrar dont je suis membre, nous ambitionnons d’intégrer un grand nombre de femmes des zones d’ombre dans le créneau de la tapisserie traditionnelle.
Notre objectif est d’encourager ces femmes à pratiquer ce métier, de créer des opportunités d’emploi et promouvoir le produit local".
Outre ces initiatives, l’artisane de Selmana compte ouvrir au chef-lieu de wilaya un espace pour commercialiser ses produits, "pour conquérir de nouveaux clients et renforcer davantage la réputation du tapis de Selmana et le distinguer des produits des autres régions du pays", précise-t-elle.